20100730
Angst (Coupable by Thiéfaine)
20100711
Sometimes
Toujours je me souviens dans les beaux lieux ou endroits calmes
De votre visage,
Pourtant ce n'est que l'absence de ce visage qui saute aux yeux.
Et le son de votre voix
C'est le silence en creux.
Qu'est-ce que le monde ?
Rien d'autre que votre ombre (un brin lointaine).
Est-ce que je vous aime ?
Sans toi, pas d'indice.
20100705
Time is running out
Mais aucun sans pensée.
Je tremble de peur à l'idée de t'écrire.
20100617
Jour d'orage et de pluie
20100529
Télégramme ("Encore plus loin, ailleurs")
Je t'ai dit que je te raconterai. Toutes mes excuses pour cette attente.
Peut-être que ces derniers jours ne valaient pas la peine d'être
racontés. Parfois aussi, la vie est comme un long vol en avion duquel on
voudrait bien sortir quelques instants pour se dégourdir les jambes.
Alors on fait comme si on l'oubliait.
Je pense déjà depuis quelques jours à la lettre que je t'enverrai pour
ton anniversaire. J'aurais aimé te l'envoyer sur ton adresse mail, pour
te donner le choix d'y répondre ou pas sans avoir l'air d'attendre
quelque chose. Mais je me doute que cette adresse n'est plus valable. Et
comme tu as supprimé l'option "envoyer un message" sur Facebook, ma
seule façon de te joindre est de te demander comme "ami". C'est la pire
solution, je le sais...
Je n'ai pas envie d'être ton ami sur Facebook, je voudrais simplement te
dire que je pense encore à toi, que j'aimerais que notre histoire
continue d'une manière ou d'une autre, ou pas mais qu'au moins elle
s'arrête dignement. Si elle ne continue pas, cela me ferait moins
souffrir de pouvoir te dire au revoir, ou adieu - au lieu de rester sur
le brutal silence que j'avais par mes maladresses provoqué.
Mon bébé... Voici mon plan : je n'ai pas de plan.
S'il n'y a pas d'autre issue, je veux seulement te remercier pour les
moments que nous avons passés ensemble et qui ont pour moi été si
proches de ce qu'on appelle communément : joie.
Il m'importe encore plus de te demander pardon pour mes bêtises et pour
ces affreux instants que tu as dû subir par ma faute. Je n'ai pas
d'excuse, si ce n'est que la joie rend ivre.
Tu sais tout sur mes tentatives de retrouvailles...
Et que la vie reprenne son cours !
Je t'embrasse
Tristan
20100514
Out of Marrakech
20100430
"On ne part pas"
Seul moi pour l'instant sans nouvelles - et curieusement c'est plus l'heure du départ qui m'inquiète que celle de l'arrivée.
Si je pouvais partir, laisser cette violence derrière moi : cette angoisse que j'avais insideusement transformée en mépris et qui me revient en pleine face : c'est moi le méprisé, à présent.
Je relis le journal de Guibert - j'ai envie maintenant de trouver ses romans.
Toujours incapable de sortir de cette chambre qui se transforme peu à peu au mieux en niche, au pire en tanière. J'ai vu un cafard, l'autre jour, et Kafka fait de nouveau irruption dans ma vie. Incapable d'aller jusqu'à la bibliothèque pour rendre mes livres : le symptôme se précise.
Reportage sur les lycéens qui préparent le bac : seule petite idée que je peux avoir de ta vie. J'aurais tant besoin que nous puissions encore une fois faire quelque chose ensemble. Même une toute petite, même juste prendre un café, ce qui serait comme un peu d'oxygène au cours d'une longue asphyxie.
Je te souhaite anonymement et secrètement bon courage - si le monde était bien fait, tu devrais tout de même le sentir d'une manière ou d'une autre.
20100423
20100419
Le moment de la vérité
Evidemment, mon existence à moitié nomade me protège plus efficacement, c'est peut-être l'explication.
Mon petit poulet - j'ai rêvé de toi cette nuit, dans des sortes de retrouvailles qui si tu les vivais oniriquement en simultané feraient de notre existence une sorte de roman à la Marc Levy (yuk, n'est-ce pas , Dégoûtant). Pourtant : mon ravissement cette nuit et ce matin. Me pardonneras-tu d'être incurable ?
Le nuage ! Vérité du monde réel contre l'homme marionnette.
Vérité du monde marionnette contre l'homme réel (le business man).
Je n'ai pas envie de travailler, mais de me promener dans les bois et de faire de l'aikido - peut-être la seule vérité du jour.
Est-ce que tu vas bien ? Pourrais-je le savoir un jour ?
20100416
Catastrophe naturelle
Comment s'étonner après cela des éruptions volcaniques qui clouent nos avions au sol ?
20100414
Crash test ( I-pad in a blender) - copie d'une lettre à gaël et à mes amis si lointains
20100409
"Savoir y faire avec le refus du réel" (Pélerinage, débilissime ?)
Ainsi vais-je pouvoir poser mes mains là tu as posé les tiennes lors de notre première rencontre, reprendre ces mêmes trains, passer devant ton anciene chambre, m'asseoir à la table même où nous nous étions installés, après l'exposition Chagall.
Certes tu ne seras pas là, mais les pélerins vivent-ils autre chose qu'un erzatz du passé ?
Même si c'est pour faire le deuil de notre histoire, je suis heureux de le faire dans ces conditions, au point même du jallissement.
Je te demande pardon d'être aussi idiot ; je n'arrive pas à m'empêcher de penser à toi.
20100401
Infidèle (le remède pire que le mal)
C'est vrai qu'il n'a pas grand chose dans la tête, aussi bien au travail que la nuit. Et pourtant on ne doit pas manquer d'égard pour un homo qui doit faire semblant d'être un homme, dans un pays où l'homosexualité est toujours un délit. Et pourtant, aussi, il fait très attention à ce qu'on lui dit. Et j'aime la simplicité. Je crois que je suis un paysan qui s'ignore.
Tu dois me pardonner. C'est si bienfaisant de s'endormir près d'un garçon qui te serre dans ses bras...
Pourquoi ces vacances n'ont-elles pas duré au moins une semaine ?
Peut-être, si cela avait duré une semaine, aurais-je demandé une semaine supplémentaire ?
Jusqu'où va la mauvaise fois...
Cela ne veux pas dire que tu ne me manques pas. Simplement qu'il m'arrive de manquer de courage.
Je pense à toi
20100326
Carte Postale 2/3 : Gens de Paris
Chacun s'est rigidifié dans le rôle qu'il a choisi. Par reflet je m'imagine ainsi plus dur, moins flexible, marqué par les dix dernières années - Immobile aussi sur certains points.
La mère, l'amant, l'ami, la patronne du café : comment résister, au sein d'un décor, à son personnage de carton ?
20100325
Les bosons de Higgs et la Lune Verte
Ainsi, nous fûmes déjà proches physiquement.
Chacune de nos molécules, avant même d'être constituée a vaincu son double d'antimatière.
Comme l'idée de Dieu est triste, par rapport à cet éclair.
Et, en même temps, tout est normal...
20100322
Carte Postale I : Les murs de Paris
Les murs de l'aéroport, si sales, même pas entretenus
Les murs du RER en mode mixte Réparation / Ruine (La station Luxembourg, d'ailleurs)
Les arrières murs qui disent la vérité sur les supermarchés de banlieue
Les murs d'Henri IV, que rasent ses élèves si semblables à ceux de mon temps
Les murs du Finnegans wake, mon repaire, là où repose une partie de ma bibliothèque, en sursis (scission prévue en murs , fond de commerce, Licence IV)
Les murs du cinéma, un film sur le bar - A Good Heart - et sa morale : "un homme doit pouvoir partir à la guerre et revenir dans son bar inchangé"
Les murs des appartements des amis, à l'intérieur desquels je me sens si bien que je ne parviens pas à dire la solitude des autres jours.
Les murs de Beaubourg, ma maison, ce lieu de bonheur inoxydable
Les murs inconnus que tu fréquentes, et qui sont bénis par ta présence
Carte postale de Marrakech instead
Je voudrais que tu puisses voir cette place. Je t'emmenerais voir les marchands de menthe, qui sont devenus mes amis.
Il faudrait changer la place de la Concorde en place Jemâa el fnâ...
Je t'embrasse, j'espère que tout va bien.
Tristan
20100321
Le seul moyen de vivre
"Ma petite sœur, écoute mon conseil, écoute ma demande : respecte-toi plus que tu ne respectes les autres, respecte tes exigences, respecte même ce qu'il y a de mauvais en toi - respecte surtout ce que tu imagines être mauvais en toi - pour l'amour de Dieu, ne cherche pas à faire de toi une personne parfaite - ne copie pas une personne idéale, copie-toi toi-même - c'est le seul moyen de vivre." (Berne, le 6 janvier 1948).
20100320
Préambule aux trois cartes postales : Les murs de Paris ; Les gens de Paris ; L'avenir
Je suis content d'avoir trouvé ce livre de Clarice, racoleusement intitulé "la seule façon de vivre" : comme autrefois, la lire me convainc de ne pas avoir honte de parler des choses qui me préoccupent, et m'encourage à baisser le niveau d'exigence de mon auto censure. Je vais tenter d'écrire chaque fois que j'aurais envie de boire ou de fumer : je voudrais que l'écriture devienne ma nouvelle drogue. Cela commence à faire long pour une simple carte postale - considère ce paragraphe comme un simple préambule, dans lequel que m'arroge le droit de commencer mes trois cartes à venir "Cher petit poulet".
20100319
Carte postale de Paris
Cette carte postale n'est pas vraiment de Paris, puisque je suis déjà de retour au Maroc après à peine deux jours passés au loin. Je voudrais te montrer quelques unes des images (sous forme écrite) qui ont marqué mes vacances, et l'ouverture de ma quatrième décennie...
Tu me manques,
Je t'embrasse
20100314
Dans la solitude des grosses vagues
"Homme libre, toujours tu chériras (les tempêtes)"
Tomas et Ului,
Des vagues,
Du vent,
Et surtout, un système, des modèles, un discours.
Le vent l'emportera
(et tout disparaîtra...)
20100312
Projet
Le décor idéal serait :
Une petite maison vieillotte
Des livres
Un peu de thé
Une forêt sombre dont les arbres choisiraient de se taire devant les angoisses du promeneur, par pudeur, peut-être, sinon par empathie.
La joie viendrait paradoxalement des heures sombres
20100311
Joie, joie, pleurs de joie !
Comme tu as de beaux yeux, encore ! (même si je ne suis pas le loup du petit chaperon rouge...).
Merci d'être toujours là, même loin
Le monde n'en a que plus de saveurs.
Brigitte Fontaine à la télé hier soir
- Ah que la vie est belle !
20100307
Marées - (et si tu étais là)
Ma première bonne affaire au souk, le départ d'amis, la fatigue, voilà ce qui préside au "storm surge..."
20100302
Il pleut (c'est tout ce qu'il sait faire)
Heureux de recevoir ma maman
Et il y a du vent et de la pluie, alors ça semble un peu vivant.
Je t'embrasse, petit poulet.
20100228
Z - Le temps de conclure
Tant de zigzags,
Tant de rêves ?
L'abécédaire est fini, il faut trouver un autre projet.
Un calendrier de l'avent ?
Trop tôt...
Alors, en attendant, toujours quelques lettres éparses. Témoins de mon témoignage.
Dans quelques jours, Paris, afin de distraire un peu le présent par le passé.
Je t'enverrai une carte postale de pensée, espérant qu'elle te rejoigne, au moins dans une autre dimension, sinon dans un de tes beaux rêves.
20100131
Y - Le chemin de Pythagore
Question de CLG (culture littéraire générale) :
"L'embranchement dans une œuvre de votre choix"
20100122
X - Il n'y a plus d'inconnu(s)
Je me rends compte qu'avant de te rencontrer il me manquait quelqu'un et que depuis notre séjour à Villars c'est toi qui me manques.
Le reproche que je me fais souvent c'est de n'être pas vraiment amoureux mais de rêver de l'être. Comment faire autrement ? Tu es si loin, j'ai tellement peu de lumière de toi me parvenant, qu'il faut bien pour compenser qu'embraye l'imaginaire. J'espère avoir la chance dans l'avenir de partager encore quelques moments avec toi.
Je continue de penser à toi.
20100110
W - Willy
Que raconter, et comment, en espérant être à la hauteur ?
Une rencontre bien improbable, une rupture inévitable et tellement douloureuse.
Un enchantement de quelques jours qui a eu pour cadre un vieil hôtel, un petit train, une salle de spectacle et quelques tableaux .
Une matière bien suffisante pour durer, en somme.
20100109
V - Voix (donner de la)
Quant à moi, qui vais sur mes trente ans, n'est-il pas temps de donner de la voix, d'écrire enfin quelques pages suivies, de construire des paragraphes aussi volantaristes qu'un chant ?
Le chant du rêve qui cette nuit si je l'analyse correctement m'enjoignait de renoncer, non pas au monde mais à l'art, puisque je voyais tous mes anciens amis devenir fous et que j'abandonnai la course avant une montée inattendue, craignant l'effort, mais à ma vie présente, dissipée, inutile, improductive ? Est-ce le sujet qui parle ?
20100108
U- Joker : je ne trouve rien à dire sur ce U (Proust by himself)
| Your favourite virtue. | Le principal trait de mon caractère. | Le besoin d'être aimé et, pour préciser, le besoin d'être caressé et gâté bien plus que le besoin d'être admiré. |
| Your favourite qualities in a man. | La qualité que je préfère chez un homme. | Des charmes féminins. |
| Your favourite qualities in a woman. | La qualité que je préfère chez une femme. | Des vertus d'homme et la franchise dans la camaraderie. |
| Your chief characteristic. | ||
| What you appreciate the most in your friends | Ce que j'apprécie le plus chez mes amis. | D'être tendre pour moi, si leur personne est assez exquise pour donner un grand prix à leur tendresse. |
| Your main fault | Mon principal défaut. | Ne pas savoir, ne pas pouvoir « vouloir ». |
| Your favourite occupation. | Mon occupation préférée. | Aimer. |
| Your idea of happiness. | Mon rêve de bonheur. | J'ai peur qu'il ne soit pas assez élevé, je n'ose pas le dire, j'ai peur de le détruire en le disant. |
| Your idea of misery. | Quel serait mon plus grand malheur ? | Ne pas avoir connu ma mère ni ma grand-mère. |
| If not yourself, who would you be? | Ce que je voudrais être. | Moi, comme les gens que j'admire me voudraient. |
| Where would you like to live? | Le pays où je désirerais vivre. | Celui où certaines choses que je voudrais se réaliseraient comme par un enchantement et où les tendresses seraient toujours partagées. |
| Your favourite colour and flower. | La couleur que je préfère. | La beauté n'est pas dans les couleurs, mais dans leur harmonie. |
| La fleur que j'aime. | La sienne- et après, toutes. | |
| Your favorite bird | L'oiseau que je préfère. | L'hirondelle. |
| Your favourite prose authors. | Mes auteurs favoris en prose. | Aujourd'hui Anatole France et Pierre Loti. |
| Your favourite poets. | Mes poètes préférés. | Baudelaire et Alfred de Vigny. |
| Your favourite heroes in fiction. | Mes héros dans la fiction. | Hamlet. |
| Your favourite heroines in fiction. | Mes héroïnes favorites dans la fiction. | Bérénice. |
| Your favourite painters and composers. | Mes compositeurs préférés. | Beethoven, Wagner, Schumann. |
| Mes peintres favoris. | Léonard de Vinci, Rembrandt. | |
| Your favourite heroes in real life. | Mes héros dans la vie réelle. | M. Darlu, M. Boutroux. |
| Your favourite heroines in real life. | ||
| What characters in history do you most dislike. | ||
| Your heroines in World history | Mes héroïnes dans l'histoire. | Cléopâtre. |
| Your favourite food and drink. | ||
| Your favourite names. | Mes noms favoris. | Je n'en ai qu'un à la fois. |
| What I hate the most | Ce que je déteste par-dessus tout. | Ce qu'il y a de mal en moi. |
| World history characters I hate the most | Personnages historiques que je méprise le plus. | Je ne suis pas assez instruit. |
| The military event I admire the most | Le fait militaire que j'admire le plus. | Mon volontariat ! |
| The reform I admire the most | La réforme que j'estime le plus. | |
| The natural talent I'd like to be gifted with | Le don de la nature que je voudrais avoir. | La volonté, et des séductions. |
| How I wish to die | Comment j'aimerais mourir. | Meilleur - et aimé. |
| What is your present state of mind. | État présent de mon esprit. | L'ennui d'avoir pensé à moi pour répondre à toutes ces questions. |
| For what fault have you most toleration? | Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence. | Celles que je comprends. |
| Your favourite motto. | Ma devise. | J'aurais trop peur qu'elle ne me porte malheur. |
20091217
T - Transit
Ce qui doit être frustrant, au moment de sa mort : ne pas pouvoir ressaisir toute l'expérience, reconnaître certains extraits de la connaissance comme hors d'atteinte, la totalité finale ("qu'on ne peut juger de notre heur...") qui se refuse à la recollection.
Ou bien, se placer dans l'ici et le maintenant, et considérer que, l'instant de sa mort est à proprement parler le bout du voyage, là où mon existence m'a placé, comme un destin a posteriori.
La seconde situation, loin de le première - trop morale de dentiste, comme dit Lacan - me semble davantage digne d'être vécue, lorsque le moment sera venu. Mais sans doute, la première devant être donnée d'emblée, nécessite-t-elle davantage de préparation.
20091213
S - Où il ne sera pas question de solitude
Mais, quand même, ce grand point d'interrogation sur le tableau de ta vie.
20091205
R - Reste que je suis ici
Ici, aujourd'hui,
Pas de corps, de visage qui accrochent - pas de parole, douce ou amusée - les parfums, les couleurs ne recouvrent aucune profondeur, tout est donné d'emblée. Cela devrait me reassurer, ce désabus, cette déconstruction des apparences. Et pourtant je ne trouve que source d'angoisse
Restent de beaux livres et films - de l'amour en conserve ?
R encore : regrets, roman, rire ?
Quelques phrases ramenées de la bibliothèque :
"Et je pense, avant de sombrer dans le sommeil, confusément : il y a la réalité, et il y a les rêves, et puis il y a une seconde réalité (...) un maladroit besoin d'épaissir la vie" (Gide, SI le Grain ne meurt)
"Wilde commença de rire, d'un rire éclatant, non tant joyeux que triomphant, d'un rire interminable, immaîtrisable, insolent, et plus il me voyait déconcerté par ce rire, plus il riait"
"Depuis, chaque fois que j'ai cherché le plaisir, ce fut courir après le souvenir de cette nuit." (ibid)
20091129
R (suite) - Récit du pays des âmes laineuses
Autre chose : ce mouton, que l'on a égorgé dans la cour derrière le bar, sans douceur (pas comme celui d'un des barmen simplet et donc si gentil, qui a parlé à son mouton, lui a donné à boire et demandé de renoncer à la vie - ce qu'il a fait en toute connaissance de cause et avec bonne volonté - et n'a pas regardé lorsque son père à tranché la gorge de l'animal ).Je tentai de me mettre à sa place : ne pas avoir peur de la mort, et attendre sans aucune émotion le couteau. Répandre ce sange rouge vif et laisser son corps se secouer de spasmes pendant que les exécuteurs se peignent le visage avec la vie qui s'en va. Si je méditais assez- c'est-à-dire si je savais m'asseoir, simplement m'asseoir - je n'aurais sans doute plus peur de la mort. Mais je ne suis pas encore assez zen : l'intérieur exposé de ce mouton m'a troublé.
Comme il n'y a pas de hasard, j'ai emprunté à l'institut français un film de Nicolas Philibert, Retour en Normandie - je savais, mais j'avais oublié avant de le revoir - qu'il s'agissait d'une étude sur les traces du film "Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, mon père et mon frère...".
Je dors bien, pourtant...
20091124
R - Rites, rituels enchâssés (zones squameuses du langage)
Les rituels qui se laissent saisirs comme tels, où la contrainte ne cesse d'être formalisée pour se laisser voir comme telle : l'aikido, le zen
Les rituels refoulés, le désir inconscient de : le journalisme, la politique, l'école parfois - le lieu du pouvoir en somme.
C'est de là que l'âme perd des écailles qu'on peut suivre sur le sol et parfois laisser nous étouffer alors qu'elles s'amoncellent.
20091123
Réduit à quia (Marcher tout doucement vers une fontaine)
Sur le silence : "Le secret, cette réserve qui, si elle parlait, la faisait différer de parler, lui donnant parole en cette différence.
"Vous-ai-je jamais promis de parler ?" - "Non, mais c'est vous même qui étiez, ne disant rien et refusant de rien dire et restant liée à ce qui ne se dit pas, promesse de parole."
Ils ne parlaient pas, ils étaient les répondants de toute parole encore à dire entre eux" (Blanchot, L'attente l'oubli)
Pardon pour toutes ces idées amassées comme au hasard... Je n'ai pas le temps de faire d'aussi joli paragraphes que je le voudrais.
Mais quand même l'espoir d'être des répondant de toute parole encore à dire entre nous
20091113
P - Psychanalyse ("Ne cède rien sur tes désirs"), Politique (One-dimensional man), Paris Métropole
Je note que chez moi Il n'y eu langage (langage conforme aux attentes, langage de briques) que lorsque les désirs furent ignorés, ou non assumés, ou brimés. Ensuite, le "dit du désir" transforma la parole en bribes, en fragments, en ennui. Il n'y a plus de désir de phrase - mais alors c'est un langage, poétique, dans le sens ou il s'hallucine du désir - que lorsqu'il y a de l'amour, ou , du moins, de l'érotique.
De même, la politique, la vraie, ne sort pas du langage (il faudra en reparler)
Politique personnelle : la morale. Comment devons-nous vivre ? En mouvement, toujours, ne rien accumuler mais maintenir une posture juste. Aussi douloureux, profitable à long terme au moral qu'au physique. La vie à l'étranger (traces de Paris), expatriés snobs et inquiets de l'institut français de Marrakech. Que va-t-on chercher dans la présence française à l'étranger. Le nom d'un café : comAparis (le A comme figuration de la tour Eiffel). Et moi-même, rassuré par la présence de ces livres, de cette programmation cinématographique si convenue. ET, quand même, sous la forme d'une muraille, d'une chaîne de montagne, un peu d'étrange....
La chronique, parler du temps, de la route du temps sur laquelle on chemine, de l'époque qui nous déchire de ses barbelés, c'est aussi de la politique.
20091109
O - Oubli ("à toutes les femmes que j'ai aimé un jour.")
Le centre donc, et la figuration d'une route autour du vide, la voie zen.
Le refus de l'oubli : le premier mot, qui en appellera d'autres - l'incipit, rompant la page blanche, fait du vide le lieu de naissance de l'histoire. Absence, présence, le O se retourne ainsi à la façon de l'anneau de Moëbius.
N - Numéro 6 ("... Pour trouver du Nouveau !")
Dure journée aujourd'hui, et de nouveau les belles idées qui m'apparaissent encore parfois au matin s'évanouissent quand vient le soir, et pour toi il ne reste plus qu'un souffle. Soit espérer que quelque chose finira par passer, ou bien changer de rythme...
20091102
M - Mensonge et messages (larvatus prodeo)
Notre histoire a commencé dans le mensonge, et s'est terminée douloureusement dans la vérité. Horreur, n'est-ce pas ? Et pourtant, quels beaux moment passés ensemble...
Alors, cela me porte à croire que lorsque le langage se distend, se dissimule, le social se transforme. Et derrière l'écran du mensonge, une dépression, un vide s'installe : comme celui qui soutient le vol des avions. Ainsi, certains pensent qu'un avion s'appuie sur l'air pour voler, alors qu'il est aspiré par le vide qu'il crée en avançant. Le vide dans le social permet un déplacement inédit. Avec toi je me suis senti plus vivant que jamais, exister, finalement.
Toutes les implications de cette découverte... Le zen, la résistance, la philosophie morale...
20091027
L - Littérature et supplément (Montaigne en son château) - Chanson de la plus haute tour
Qui vient s'ajouter aux dix ans d'ajournement en ce qui concerne la littérature dans ma vie.
La littérature c'est : ou bien un monument dédié aux morts, mais qui grâce aux magouilles propres à l'exercice de la parole est loin de les faire se tenir tranquilles (Proust).
Ou bien, le petit ruban volé chez Rousseau, péripétie initiale qui se déroule presque sans s'en apercevoir, mais qui donne lieu à l'apparition de l'auteur, si ce n'est de soi-même.
Ou encore, c'est aux abords du Réel qu'elle se situe, entraîné par son vide qui lui arrache les symboles. "Introibo ad altare dei". Et Joyce, bien sûr.
Alors, de la tour lisante (bibliothèque) / écrivante (Essais) de Montaigne (un "phare" baudelairien ?) au dangereux supplément, que dire de cette "soif malsaine" ?
Rien qui soit sûr... Mais où d'autre habiter ?
Je pense à toi, depuis cette place Jemâa el Fnâ, "Patrimoine immatériel de l'humanité", en me demandant, qui d'elle ou de moi, est le moins matériel...
20091008
K - Kilomètres aller-retour ("Faire le thé et partir")
d'une révolte adolescente contre les acquis petit-bourgeois - et sans
renoncer vraiment aux charmes de ceux-ci ? Par la force des choses, ou
bien par un choix pas vraiment formulé ?
Cela ressemble à s'y méprendre à une fuite. A moins de considérer un
autre aspect, celui qu'éclaire Barthes (sur un autre sujet...) en
définissant dans "L'intervalle" le Ma et l'Utsuroi japonais : d'un côté
"toute relation, toute séparation entre deux instants, deux lieux, deux
états", de l'autre "le moment où la fleur va faner, où l'âme d'une chose
est comme suspendue dans le vide, entre deux états."
A l'aide de ces déplacements géographiques,aussi, donner à ma vie la
profondeur de l'imaginaire ou le volume romanesque qui lui manquent.
20091005
J - Japon (carnets de quand tu n'es pas là)
fils et petit fils de premier ministre. La démocratie n'empêche pas les
dynasties...
La France devient de plus en plus grise et froide, heureusement que je
vis plus au sud...
Pas encore le Japon, hélas. Ni un travail honnête de planteur de riz qui
apprend l'aïkido.
Et toi ?
20090907
Inepte (infrangible absence)
20090824
H - Hasard (Analysis of Critical Control Points)
Et pourtant, chaque personnage à sa signature, chacun, unique, marque le temps, mon temps.
20090817
Godard (Nul mieux que)
|
| ||
20090811
F - Folie
20090809
E - "Sinon l'Enfance, qu'y a-t-il, alors qu'il n'y a plus" (Perse)
20090808
D - Qui désire, Délire
La maman et la putain ("Le Jack Daniels dans un film de votre choix")
Lacan
Le programme de l'agrégation 2010.
Autant de signes qu'il y de nombreux comptes à régler... Et que nulle part le raisonnable n'est en vue...
Si le E n'est pas Ellipse, alors...
20090806
C - Culpabilité (Contrôle des habitants)
Aujourd'hui, Ewa - qui n'est pas tout à fait un personnage de roman - me disait qu'il fallait que je grandisse. J'aurais pu lui répondre qu'on ne grandissait pas tout seul. Et que tous lieux ne se valent pas (c'est le C du Chat...)
20090805
B - Bien, Beau (idée de)
20090803
A - Abécédaire, Alcoolique
20090802
Happy birthday... (Eloge des retrouvailles)
20090705
Minuit est la véritable lumière, l'aube n'est pas claire
Je ne comprends rien, toujours (tout le temps est dans l'action).
Ecrire pour faire comprendre le silence. Le silence seul fait trop de bruit : il ne sait pas se taire comme l'écriture.
20090529
Walking In Cape Town (but do I really feel the way I feel ?)
Le fait que mon avion soit annulé donne a ces heures la saveur du temps volé.
Mais à vole a qui puisque je me les donnes à moi meme ?
Je pense à toi, surtout lorsque je ne t'écris pas.
Que ces prochaines annees soient celles du voyage
Car le voyage ressemble a la sensation de ta presence, dans son epaisseur, dans son depaysement,
par ses innombrables surprises
CT, Kimberley Hotel
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20090426
Pixels ("Ce dont on ne peut parler, il faut le taire")
Je dois écrire un roman sur un personnage ni vicieux ni sadique qui imagine la vie de son amoureux à travers les photos de profil facebook. Condamné à rêver le bonheur de loin, sans la moindre possibilité de caresse sur une joue, ni de mot secrètement murmuré à l'oreille.
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20081208
Voyage
Les nuages de la capitale s'effacent devant le soleil et le bleu de la côte...
Toujours je retrouve les livres laissés aux hasards d'une escale précédente. C'est dans les cartons l'histoire d'une idée, d'un souvenir, d'un phantasme.
Mon âme se recommande aux caves, mon corps au soleil.
20081121
Au Revoir grand Petit Homme
Le soir, Rachel au théâtre dans Marry Me. Dans la Salle Genvrin et d'autres de Vollard.
Gentil et émouvant hommage. J'étais content d'être là avec eux.
20081118
Dans chaque lieu, un livre
Supports involontaires, les livres. Toujours un livre qui va délivrer une essence, un message.
"Ce livre est votre ami,
Prenez-en bien soin
N'abîmez pas les pages
Ne les cornez pas.
Rendez-le, enfin, à la date fixée."
20081103
20081021
"d'ici est d'où je suis" (H. C. in La ville parjure")
De Ceux qui sont comme moi je ne sais pas dire “mes frères » puisqu’il n’y a rien à séduire.
Que dire du « rien à séduire » ?
Ce qui est comme moi ne compte pas, si je peux dire, et alors il n’y a pas la dette fondamentale qui est à l’origine de la parole.
Quand toi tu parles et tu dis « solitude ».
Est-ce ce qui me fait parler ?
Comment t’écouter tout en parlant ?
Avec les adolescents, la similitude avec la mort : seul à l’adolescence avec ses désirs, seul avec la mort aussi. Alors la même : mort, désir, identique, idiot.
La frustration qui fait la blessure qui fait le sang qui coule et la parole.
20081019
Rendre hommage
A ces requins gris, marteau,
A la surprise de ces derniers jours
Aux couchers de soleil
Je voudrais que mon remplaçant n’arrive pas encore tout de suite…
20081015
Re - Pentir
Bonsoir Bébé,
C’est vrai que ça a duré trois nuits
Et que ça m’a fait un peu de bien
Mais le couperet prévisible de la fin…
Que donner, enfin, comment… sinon à toi ?
Je te demande pardon
Je pense à toi
20081012
Voir ce cul et mourir
Il me demande : «
Pourquoi est-ce que tu ne dis rien...
Il ne sait rien de la malédiction.
Il ne sait pas que chaque mot prononcé, que chaque geste d'amour est ensuite retraduit automatiquement dans la langue du jamais plus.
Qu'il est un souvenir avant d'avoir été un événement par le simple effet de lalangue
Voir ce cul sous d'autres angles
Et cette odeur sur mes doigts aussi merveilleuse que douce
NR : Ce cul est l'expression la moins correcte, la moins bien élevée et la moins vivante. Mais par son inadéquation même elle constitue le meilleur témoignage de ce soir. De cette perfection on ne saura rien dire de plus
20081009
Longtemps, le temps
Un personnage d'une histoire d'enfant à laquelle je pense souvent : un « tueur » de temps » qui achève les heures d'ennui à coups de revolver avant de prendre la fuite, poursuivi par ses propres clients qui regrettent leurs années perdues.
Longtemps que nous nous sommes quittés, plus longtemps encore avant de nous revoir peut-être
Il semble que nous n'ayons plus d'histoire ni aucune possibilité de l'écrire mais je conserve toutefois dans le crâne l'image de toi, de notre unique journée d'amoureux comme une relique vivante et aussi peu sainte que possible, aussi impardonnable que le ruban de Rousseau.
20081008
"Cet amour automatique (et le plus souvent inconscient) "- Extraits de Jacques-Alain Miller Psy. Mag Oct 08
| “Aimer disait Lacan, c’est donner ce qu’on a pas. » |
20081002
Dire quelque chose ("fonctionnels uniformes")
| Hier débat sur les élections canadiennes en présence des responsables des grands partis. De l’animateur des débats : « Il n’y aura pas de discours d’ouverture, ou de fermeture, les grands partis en ont été avisés hier » « Vous avez chacun quarante cinq secondes pour répondre à la question du téléspectateur » « Pour ne pas que le débat se transforme en une attaque de quatre contre un je vais vous poser une question sur un sujet qui engage tout le monde » Item… Des participants : « Vous avez augmenté les taxes ! » « Nous avons baissé les taxes ! » « Vous avez refusé la taxe carbone ! » Item… N’y a-t-il plus personne pour prendre la Parole ? |
"(...)" regard, inconsciemment supplicateur, qui tâchait de la forcer à faire attention à moi, à me connaître !" (Marcel Proust)
20080930
Shrinking shrimp (haïku irrégulier)
Une crevette s'approche, attirée par la lumière, effleure un polype.
Aussitôt elle fond,
se dissout,
n'est plus qu'une tâche rose orangée, disparaît. Si vite.
Au dessus, les rayons de la Lune percent la surface de l'eau.
Quelques paires d'yeux brillent.
Ainsi va la vie sur Terre, si loin des astres solitaires, si proche de l'appétit corrosif du monde.
20080929
"Il n'y a pas de hasards, il n'y a que des rendez-vous" - Paul Eluard
Toujours la métaphore spatiale
Il me semble encore que pour ne pas désespérer de te revoir jamais et m'affliger de manquer tant de jours qui feront ton histoire il suffit de penser à ta venue d'autrefois comme celle d'une comète, événement décelable et reconnaissable par tous - le météore revenant périodiquement en portant sur lui tous les éléments de sa transformation
"La comète enfin leur échappe, mais elle n'échappe pas à l'archange..." (Chateaubriand, Le Génie du Christianisme)
Et de plus en plus, la métaphore météorologique : nous avons passé tellement d'heures à observer les cyclones, les facteurs innombrables qui dictent leurs déplacements qu'il devient pour nous évident que les baptiser ainsi que des êtres vivants n'a rien d'hérétique, et qu'en les regardant non pas comme des humains peut-être sinon comme des êtres semblables à nous par leur naissance, les péripéties de l'existence et leur mort on éclaire l'interprétation de nos propres actes avec une lumière nouvelle et rassurante.
Alors, de ces aspects de notre rencontre émerge une évidence : le réel ("Le réel c'est quand on se cogne") et il ne faut plus boire pour oublier.
20080716
Retour à la terre
“J’avais dans la gorge le goût salé des larmes qui ne coulent pas. » George Moréas in Le flic qui n’avait pas lu Proust
20080320
20080229
Uncanny
Where are you Montaigne ?
20080227
If you're going to San Fransisco
L'interzone, encore, mais cette fois à jeun, la drogue c'est l'ennui, dans son horreur et son côté incompréhensible. Comment peut-on s'ennuyer ? Et rêver de fuir un endroit où l'on a voulu se rendre?
C'est que j'ai rêvé de ce lieu comme le plateau de tournage de La nuit Américaine, sans la certitude du metteur en scène
L'interzone : comme ce livre, et ce film me plaisent, comme j'imagine le son de cette Clark-Nova.
Un monde de sons, étranger à celui du silence dans lequel je ne me suis pas encore réfugié.
L'écriture est inefficace, comme toujours, dès qu'il s'agit de dire des choses banales.
"Parler avec les mots des autres...",
20080226
Godard, Julien, les enfants (re-tour à la terre)
"Nous sommes des oiseaux géants, nous ne voyageons pas souvent"
Il y a des paroles immortelles...
20080225
Miettes...(Madeleine en)
| souvent, dans ce bout du monde, comme une spore s’entrouvre en atteignant un endroit dans lequel la survie est de nouveau possible, où les conditions sont meilleures, une ligne, une image ou bien un son, auxquels tu t’étais attaché et qui portent un fragment toi, libèrent soudain comme la réalité de ta présence passée. Thème littéraire si riche, joie si intense de te retrouver par surprise au milieu d’un autre univers. Par exemple : Joe Dassin (oui, encore), Le festin nu de Cronemberg, un fragment de Quignard, qui t’avaient, ou que tu avais désigné. Peut-être, ce phénomène se reproduit-il pour toi. Pourvu seulement qu’il ne précipite aucune ombre dans tes yeux. (« ma fille, ma fille je tremble ») |
20080221
Humour en larmes
Cette existence est une guerre, pourquoi, quelles raisons ?
Une force à chercher, un humour à trouver dans cette satire.
Si je n’écris pas assez, c’est que je cherche encore le langage, et que je rassemble ici quelques trésors qui sans cesse me retournent ton regard
columbus-isle.blogspot.com
Sur une musique d'un film de WKW avec sa lune sur fond de nuages
Ce soir éclipse lunaire : comme Proust fait revivre après coup les disparus en ne reprenant pas leur nom mais leur phrase, leur empreinte idéelle, je me blottis contre toi qui regarde, peut-être, à travers une fenêtre de ton pays froid.
20080220
Fin de parenthèse
“Faute d’aura, au moins éparpillons nos effluves” (Henri Michaux)
J’essaie de parler depuis le silence et cette étrange posture, puisque d’aventures ici, peu. A moins que Colomb ait été confronté aux mêmes ennuis que moi, et que la vie aventureuse soit justement cette succession infâmes d’épisodes sans gloire, d’avanies, de blessures qui tiennent plus de la vulgaire et insidieuse piqûre d’insecte que de la mutilation de guerre. Et toi, Arthur, souffrais-tu des brûlures du sable ?
20080129
Correspondance
Est-ce que je te cache des choses, sinon la répetition des jours, que tu peux aisément deviner ? Je me reproche de ne pas penser correctement à ti, en ne te parlant ni des choses belles, ni des caractères si laids que je rencontre parfois. C’est que je doute encore de ma capacité à te les décrire. Ma mère m’a fait parvenir la correspondance de Proust, qui ne doit pas venir souvent visiter ces contrées. Ses phrases, la différence entre son style d’adolescent et l’assurance, la lassitude portée par la maîtrise de l’âge adulte me font replonger dans des délices. Brièvement toutefois, avant que je ne retombe dans cette angoisse qui me torture ici.
Je ne suis pas complètement bien, mais je vois cela comme une posture désagréable qui conduira à la dissolution de quelques contradictions ; car là où je ne recule pas, je progresse. J’espère avoir le temps de te décrire tout cela dans les prochains jours.
Je t’embrasse
20080118
Journal I
J'ai mangé avec des gens qui ont a la maison un lapin qui aime les bananas. Leur fils de dix ans pleurait, parce qu'il était triste de partir. J'ai regardé l'avion atterrir, un bœing 737-800, qui a fait une verticale piste à 1000 pieds , puis une vent arrière main droite avant de se poser. Quand je suis en bout de piste j'ai toujours l'impression que l'avion va se poser sur ma tête. Tout cela n'a pas beaucoup d'intérêt, n'est-ce pas, mais c'est l'enregistrement d'un fait de l'univers, comme un peu de poussière retombant sur Mars après la tempête. Comme le printemps ne peut s'actualiser que sous la forme du printemps, la solitude que comme folie.
Et mes amis birmans me regardent avec douceur, sans aucun agacement devant ma lenteur à les rejoindre.
20080114
Le temps d'une présence
“Tant que je présume que le temps va à sens unique, je ne puis jamais saisir le sens de l’inachevé » (Dogen)
TRANSIT
Ce soir deux garçons qui conduisent un bateau vers Saint Martin. Ils s’arrêtent ici, pour la nuit, sur une passerelle vers l’autre monde
20080113
Peut-être un journal
| Peut-être un journal serait-il plus intéressant, Pour toi Et non le récit du vide des jours à l’intérieur, de ce qui n’est pas encore la joie, ni le satori – encore moins Toujours porté par ton absence Et huit souvenirs de toi, Comme les huit faces d’un cube Qui est le jouet de qui ? |
20080108
"Ce que la nuit tissera décidera l'avenir" (Gilgamesh à Enkidou)
Mais « And dead once dead ther's no more dying then » (Shakespeare)
Juste, devant le large ciel,
Devant les souvenirs...
A l'heure où probablement tu te lèves...
Je t'aime
20080101
20071230
fossiles (et si je rêve tant pis)
Les autres avant étaient une prophétie
Les autres après une offrande, un monument
Toi comme reflet des autres
Tous les autres une émanation de toi
Quel joli jeu, indécidable, itinérant, itératif
Et tes yeux ?
Prétexte à la méditation infinie...
20071229
Autre fois
D'autres îles, par le biais du vent
Les petits bouddhas birmans attentifs
Aux froissements de la texture des âmes
De ceux qui
Il y a longtemps,
Les placèrent.
Je pense à toi, mais ta présence est lointaine
D'un autre temps,
comme séparée par autant d'années
Qu'en réalité de jours.
Quel est ce voile,
Quelle prière prononcé par un puissant
Est-elle en train de nous recouvrir ?
20071226
Le vieux prunier est inflexible
« Le vieux prunier, tel qu’on vient de l’évoquer, est inflexible. Soudain il fleurit, puis il porte le fruit. Tantôt il rencontre le printemps et l’hiver, tantôt il affronte la bourrasque et l’averse. Tantôt il n’est autre que la vision intérieure des moines et la parfaite vision des bouddhas anciens, tantôt il devient herbes et arbres, pureté et parfum. Le mystère de ses soudaines métamorphoses est inépuisable. »
Dogen, La présence au monde
Prière du souvenir
Ce que Christophe Colomb a découvert, sur cette île :
Le babillage
Ou bien, le silence.
Dans tous les cas les microbes ont tué
Les hauteurs signifiantes du langage
20071225
Silence wrapped in tears
| The family is gone You must be celabrating Christmas, though. In which mode ? Sadness, forgiveness, Are you Happy ? I wonder – without any tambourine |
20071224
I'm all right (but I think I'm dying)
Des belles promesses, que l’écho,
De l’écho une absence,
De l’absence un souvenir ;
Du souvenir un moment,
D’arrêt,
Devant l’oiseau qui guette ou l’étoile incertaine ;
Un moment,
Un souvenir
Une absence,
L’écho d’une promesse
A chaque vague amoureuse
20071221
They put in a nickel (and I sing a little song)
Drôle de manière de t’écrire tous les jours…
Les mots se … brisent
| |
20071217
20071213
La vie sans toi
“In all these shining orbs, his place to dwell…”
Je te demande pardon de n’avoir pas écrit plus tôt. C’est l’effet, je crois, de grandes vagues d’eau salée. Mais je suis là, de nouveau, pour murmurer des rêves secrets à ton oreille, qui peut-être par miracle reste attentive…
20071101
Another Island
resurgir les souvenirs d'un moi quelque part au loin. Mais ce que l'on met dans
sa valise sortira-t-il identique, une fois le transfert achevé ? Je dis
transfert, et non pas voyage, car celui-ci ne débutera qu'une fois sur place,
aussi loin d'un moi constitué qu'il est possible de l'être.
Le transfert ! Et ses variations hypnotiques !
Mes souvenirs de toi, comment traverseront-ils la mer ?
