20100730

Angst (Coupable by Thiéfaine)

 
Mon petit Poulet,
 
Que vais-je faire dans trois jours, lorsque les mille levers de soleil qui nous séparent auront fini d'apparaître ?
 
Fêter ton entrée dans la vie des grands, bien sûr.
 
Mais j'ai peur de m'écrouler, sans toi, car il ne reste aujourd'hui de ce que je croyais être moi que des ruines.
 
Ta tête sur mon épaule, et tes yeux, voilà ce que toute  la littérature et  mon expérience du monde désignent comme le bonheur, et pourtant... que la montagne est belle.
 
 
Je t'embrasse,
 
Tristan
 
 
 
 
 

20100711

Sometimes

Bonsoir Monsieur,

Toujours je me souviens dans les beaux lieux ou endroits calmes
De votre visage,
Pourtant ce n'est que l'absence de ce visage qui saute aux yeux.
Et le son de votre voix
C'est le silence en creux.

Qu'est-ce que le monde ?
Rien d'autre que votre ombre (un brin lointaine).

Est-ce que je vous aime ?
Sans toi, pas d'indice.

20100705

Time is running out

Beaucoup de jours sans message,
Mais aucun sans pensée.

Je tremble de peur à l'idée de t'écrire.

20100617

Jour d'orage et de pluie

 
J'aimerais bien lire ta dissertation de philo d'aujourd'hui...
 
Bon courage !

20100529

Télégramme ("Encore plus loin, ailleurs")

Cher W.,

Je t'ai dit que je te raconterai. Toutes mes excuses pour cette attente.
Peut-être que ces derniers jours ne valaient pas la peine d'être
racontés. Parfois aussi, la vie est comme un long vol en avion duquel on
voudrait bien sortir quelques instants pour se dégourdir les jambes.
Alors on fait comme si on l'oubliait.

Je pense déjà depuis quelques jours à la lettre que je t'enverrai pour
ton anniversaire. J'aurais aimé te l'envoyer sur ton adresse mail, pour
te donner le choix d'y répondre ou pas sans avoir l'air d'attendre
quelque chose. Mais je me doute que cette adresse n'est plus valable. Et
comme tu as supprimé l'option "envoyer un message" sur Facebook, ma
seule façon de te joindre est de te demander comme "ami". C'est la pire
solution, je le sais...

Je n'ai pas envie d'être ton ami sur Facebook, je voudrais simplement te
dire que je pense encore à toi, que j'aimerais que notre histoire
continue d'une manière ou d'une autre, ou pas mais qu'au moins elle
s'arrête dignement. Si elle ne continue pas, cela me ferait moins
souffrir de pouvoir te dire au revoir, ou adieu - au lieu de rester sur
le brutal silence que j'avais par mes maladresses provoqué.

Mon bébé... Voici mon plan : je n'ai pas de plan.

S'il n'y a pas d'autre issue, je veux seulement te remercier pour les
moments que nous avons passés ensemble et qui ont pour moi été si
proches de ce qu'on appelle communément : joie.

Il m'importe encore plus de te demander pardon pour mes bêtises et pour
ces affreux instants que tu as dû subir par ma faute. Je n'ai pas
d'excuse, si ce n'est que la joie rend ivre.

Tu sais tout sur mes tentatives de retrouvailles...

Et que la vie reprenne son cours !

Je t'embrasse

Tristan

20100514

Out of Marrakech

Cher W,
Je pars demain. En me relisant, je ne trouve rien de décisif. Suis-je idiot ?
Sans doute.
Je passe la moitié de mon temps à te demander pardon.
Il faudrait que ça cesse !
Si tu avais vu les montagnes couvertes de neige au loin, je suis certain que tu aurais frémi avec moi.

20100430

"On ne part pas"

La valse des départs et des arrivées commence.
Seul moi pour l'instant sans nouvelles - et curieusement c'est plus l'heure du départ qui m'inquiète que celle de l'arrivée.
Si je pouvais partir, laisser cette violence derrière moi : cette angoisse que j'avais insideusement transformée en mépris et qui me revient en pleine face : c'est moi le méprisé, à présent.
Je relis le journal de Guibert - j'ai envie maintenant de trouver ses romans.
Toujours incapable de sortir de cette chambre qui se transforme peu à peu au mieux en niche, au pire en tanière. J'ai vu un cafard, l'autre jour, et Kafka fait de nouveau irruption dans ma vie. Incapable d'aller jusqu'à la bibliothèque pour rendre mes livres : le symptôme se précise.

Reportage sur les lycéens qui préparent le bac : seule petite idée que je peux avoir de ta vie. J'aurais tant besoin que nous puissions encore une fois faire quelque chose ensemble. Même une toute petite, même juste prendre un café, ce qui serait comme un peu d'oxygène au cours d'une longue asphyxie.

Je te souhaite anonymement et secrètement bon courage - si le monde était bien fait, tu devrais tout de même le sentir d'une manière ou d'une autre.

20100423

20100419

Le moment de la vérité

Je suis toujours surpris de l'importance que les gens ici donnent à l'apparence, à la façade et de ce message que livre un tel voile solide (presque un mur, donc): tu connaîtras tout, sauf moi. C'est pourtant quelque chose que je pratique allégrement, mais, n'ayant de familiarités avec quasiment personne, je ne trouve pas les clefs qui me permettraient de me sentir à l'aise avec les gens. D'autant que ce qui fait la différence, c'est une sorte de foi intense dans ces murailles alors que chez moi ce n'est qu'une sorte de brouillard, l'intérieur de la poule étant plus important que les plumes.
Evidemment, mon existence à moitié nomade me protège plus efficacement, c'est peut-être l'explication.

Mon petit poulet - j'ai rêvé de toi cette nuit, dans des sortes de retrouvailles qui si tu les vivais oniriquement en simultané feraient de notre existence une sorte de roman à la Marc Levy (yuk, n'est-ce pas , Dégoûtant). Pourtant : mon ravissement cette nuit et ce matin. Me pardonneras-tu d'être incurable ?

Le nuage ! Vérité du monde réel contre l'homme marionnette.
Vérité du monde marionnette contre l'homme réel (le business man).

Je n'ai pas envie de travailler, mais de me promener dans les bois et de faire de l'aikido - peut-être la seule vérité du jour.

Est-ce que tu vas bien ? Pourrais-je le savoir un jour ?

20100416

Catastrophe naturelle

Guillaume Durand et Michel Onfray la semaine dernière : Freud est un charlatan, un imposteur, et toute rhétorique fasciste de revenir en force à la télévision.

Comment s'étonner après cela des éruptions volcaniques qui clouent nos avions au sol ?

20100414

Crash test ( I-pad in a blender) - copie d'une lettre à gaël et à mes amis si lointains

 
 
 
Cher Gaël,
 
 
J'avais le sentiment en t'envoyant le dernier e_mail - message dans la bouteille, si tu veux, mais pourquoi avoir rajouté cet "empty" qui excède les paroles, alors qu'il est déjà sous-entendu, sinon pour souligner que "jamais un message ne comblera le vide de la bouteille" ? - et sans négliger ton aversion pour l'analyse relationnelle que c'est un malentendu qui nous lie  et nous sépare finalement : ton détachement apparent et trop souvent souvent affirmé pour la machine de guerre institutionnelle, je l'avais pris pour une résistance alors qu'elle ne traduit qu'un amour immodéré pour elle.  Quant à moi je squatte des hôtels en prétendant qu'une entreprise supplérait à une rencontre.
Deux ironies qui paraissaient si semblables il y a dix ans et qui n'ont presque plus rien à voir aujourd'hui, comme tu le reconnais toi-même.
 
Je suppose pourtant qu'au bout du compte ces deux positions se rejoignent - nous nous tromp(i)ons tous les deux -, mais je n'en suis pas sûr.
 
Tu as lu les mandarins ? C'est un roman totalement mal écrit et inutile - il aurait pu être remplacé par un essai de 30 pages - et ma récréation du moment : il chante l'hymne à la morale - Qui donc vit comme il faut ? - et ses apories, c'est pour cela que j'en viens à aimer Lacan ("l'homme est celui qui rêve évéillé")
 
Je sais que c'est idiot, mais je ne me relève pas de nos derniers échanges - d'où mon appel au secours :  je t'en veux toujours pour ton train manqué vers moi, comme je m'interroge sur ta manière de m'avoir laissé dans ton appartement vide comme une bouteille contenant le message adressé au junky que je suis devenu : "ashes to ashes", et surtout sois sage.
 
 Mais sage j'espère bien ne l'être jamais - en toute ironie bien sûr. Ne m'en veux pas pour ces paroles en télégramme qui sont un si pauvre substitut d'une bonne discussion entre amis : tu me manques et la rhétorique n'y peut rien.
 
Je t'embrasse depuis mon bar menacé par 46 polonais qui boivent pour oublier, et je n'écris rien sur ton mur.
 
Je serai à Villars cet été.
 
Tristan

20100409

"Savoir y faire avec le refus du réel" (Pélerinage, débilissime ?)

Lorsque j'ai demandé à partir pour la montagne, sans doute ai-je espéré vaguement revenir près de mes souvenirs.
Ainsi vais-je pouvoir poser mes mains là tu as posé les tiennes lors de notre première rencontre, reprendre ces mêmes trains, passer devant ton anciene chambre, m'asseoir à la table même où nous nous étions installés, après l'exposition Chagall.
Certes tu ne seras pas là, mais les pélerins vivent-ils autre chose qu'un erzatz du passé ?
Même si c'est pour faire le deuil de notre histoire, je suis heureux de le faire dans ces conditions, au point même du jallissement.

Je te demande pardon d'être aussi idiot ; je n'arrive pas à m'empêcher de penser à toi.

20100401

Infidèle (le remède pire que le mal)

Mon petit copain a été licencié au bout de deux jours et a dû retourner à Casablanca.
C'est vrai qu'il n'a pas grand chose dans la tête, aussi bien au travail que la nuit. Et pourtant on ne doit pas manquer d'égard pour un homo qui doit faire semblant d'être un homme, dans un pays où l'homosexualité est toujours un délit. Et pourtant, aussi, il fait très attention à ce qu'on lui dit. Et j'aime la simplicité. Je crois que je suis un paysan qui s'ignore.

Tu dois me pardonner. C'est si bienfaisant de s'endormir près d'un garçon qui te serre dans ses bras...
Pourquoi ces vacances n'ont-elles pas duré au moins une semaine ?
Peut-être, si cela avait duré une semaine, aurais-je demandé une semaine supplémentaire ?
Jusqu'où va la mauvaise fois...

Cela ne veux pas dire que tu ne me manques pas. Simplement qu'il m'arrive de manquer de courage.

Je pense à toi

20100326

Carte Postale 2/3 : Gens de Paris

Revoir des visages, qui, au contraire des murs, ont changé, entraînés dans l'existence par quoi ? Le temps, le destin ou le hasard ?
Chacun s'est rigidifié dans le rôle qu'il a choisi. Par reflet je m'imagine ainsi plus dur, moins flexible, marqué par les dix dernières années - Immobile aussi sur certains points.
La mère, l'amant, l'ami, la patronne du café : comment résister, au sein d'un décor, à son personnage de carton ?

20100325

Les bosons de Higgs et la Lune Verte

Quelques milliards d'années plus tôt, la matière rassemblée dans l'espace d'un terrain de foot.
Ainsi, nous fûmes déjà proches physiquement.
Chacune de nos molécules, avant même d'être constituée a vaincu son double d'antimatière.
Comme l'idée de Dieu est triste, par rapport à cet éclair.

Et, en même temps, tout est normal...

20100322

Carte Postale I : Les murs de Paris

Mon petit poulet,

Les murs de l'aéroport, si sales, même pas entretenus
Les murs du RER en mode mixte Réparation / Ruine (La station Luxembourg, d'ailleurs)
Les arrières murs qui disent la vérité sur les supermarchés de banlieue
Les murs d'Henri IV, que rasent ses élèves si semblables à ceux de mon temps
Les murs du Finnegans wake, mon repaire, là où repose une partie de ma bibliothèque, en sursis (scission prévue en murs , fond de commerce, Licence IV)
Les murs du cinéma, un film sur le bar - A Good Heart - et sa morale : "un homme doit pouvoir partir à la guerre et revenir dans son bar inchangé"
Les murs des appartements des amis, à l'intérieur desquels je me sens si bien que je ne parviens pas à dire la solitude des autres jours.
Les murs de Beaubourg, ma maison, ce lieu de bonheur inoxydable

Les murs inconnus que tu fréquentes, et qui sont bénis par ta présence

Carte postale de Marrakech instead

Mon poulet,

Je voudrais que tu puisses voir cette place. Je t'emmenerais voir les marchands de menthe, qui sont devenus mes amis.
Il faudrait changer la place de la Concorde en place Jemâa el fnâ...

Je t'embrasse, j'espère que tout va bien.

Tristan

20100321

Le seul moyen de vivre

Mes excuses à Clarice pour la mauvaise citation de son titre (qui n'est pas le sien mais l'extrait d'une lettre que voici )

"Ma petite sœur, écoute mon conseil, écoute ma demande : respecte-toi plus que tu ne respectes les autres, respecte tes exigences, respecte même ce qu'il y a de mauvais en toi - respecte surtout ce que tu imagines être mauvais en toi - pour l'amour de Dieu, ne cherche pas à faire de toi une personne parfaite - ne copie pas une personne idéale, copie-toi toi-même - c'est le seul moyen de vivre." (Berne, le 6 janvier 1948).

20100320

Préambule aux trois cartes postales : Les murs de Paris ; Les gens de Paris ; L'avenir

Je suis en train de lire un recueil de lettres de Clarice Lispector, une écrivain brésilienne célèbre qui est souvent rapprochée de Marguerite Duras (mais je n'adhère pas vraiment à cette comparaison) et dont Hélène Cixous parlait souvent dans son séminaire. Dans les lettres qu'elle envoie à son jeune fils en séjour aux Etats-Unis, elle ne cesse de l'appeler par des noms affectueux : "Ma petite sauterelle", "Mon moustique", "ma fleur d'avocat" etc... C'est idiot mais j'aime beaucoup cela, tu le sais bien, puisque de temps en temps - moins que j'en aurais envie, car j'ai peur que tu trouves cela ridicule - je t'appelle "mon petit poulet." Est-ce que tu trouve cela ridicule ? Ce n'est qu'une façon littéraire de se rapprocher d'une personne éloignée et de lui témoigner un peu d'affection sous la forme d'un vocable unique, qui en qualifiant la relation lui donnerait le même caractère unique qu'un prénom. Rassure-toi, je ne te nommerai pas ainsi en public, si l'occasion s'en présentait...
Je suis content d'avoir trouvé ce livre de Clarice, racoleusement intitulé "la seule façon de vivre" : comme autrefois, la lire me convainc de ne pas avoir honte de parler des choses qui me préoccupent, et m'encourage à baisser le niveau d'exigence de mon auto censure. Je vais tenter d'écrire chaque fois que j'aurais envie de boire ou de fumer : je voudrais que l'écriture devienne ma nouvelle drogue. Cela commence à faire long pour une simple carte postale - considère ce paragraphe comme un simple préambule, dans lequel que m'arroge le droit de commencer mes trois cartes à venir "Cher petit poulet".

20100319

Carte postale de Paris

Cher Willy,

Cette carte postale n'est pas vraiment de Paris, puisque je suis déjà de retour au Maroc après à peine deux jours passés au loin. Je voudrais te montrer quelques unes des images (sous forme écrite) qui ont marqué mes vacances, et l'ouverture de ma quatrième décennie...

Tu me manques,

Je t'embrasse

20100314

Dans la solitude des grosses vagues

Comme j'aime la météo
"Homme libre, toujours tu chériras (les tempêtes)"
Tomas et Ului,
Des vagues,
Du vent,
Et surtout, un système, des modèles, un discours.

Le vent l'emportera
(et tout disparaîtra...)

20100312

Projet

Je me demande ce que je fais ici, dans cette existence sans-dessus-dessous et spasmophile.
Le décor idéal serait :
Une petite maison vieillotte
Des livres
Un peu de thé
Une forêt sombre dont les arbres choisiraient de se taire devant les angoisses du promeneur, par pudeur, peut-être, sinon par empathie.
La joie viendrait paradoxalement des heures sombres

20100311

Joie, joie, pleurs de joie !

Quelle surprise de découvrir une nouvelle image de toi !
Comme tu as de beaux yeux, encore ! (même si je ne suis pas le loup du petit chaperon rouge...).
Merci d'être toujours là, même loin
Le monde n'en a que plus de saveurs.

Brigitte Fontaine à la télé hier soir
- Ah que la vie est belle !

20100307

Marées - (et si tu étais là)

Il y a des jours où je me sens excessivement loin de toi, et où tu n'arrives dans mes pensées que dans l'après midi. Aussitôt je m'en veux et presque comme une prière, je demande à conserver la force de penser à toi. D'autres fois, comme aujourd'hui, il semble que tu débordes de partout : du ciel, des gens, des murs, des interstices, et même des situations. Comme une marée qui monte. Alors, tout mon être tremble, et je frissone du plaisir de ton absence devenue si réelle, presque palpable.
Ma première bonne affaire au souk, le départ d'amis, la fatigue, voilà ce qui préside au "storm surge..."

20100302

Il pleut (c'est tout ce qu'il sait faire)

Ce soir je suis un peu triste de voir partir un gentil garçon
Heureux de recevoir ma maman

Et il y a du vent et de la pluie, alors ça semble un peu vivant.

Je t'embrasse, petit poulet.

20100228

Z - Le temps de conclure

Pourquoi avoir mis tant de temps ?
Tant de zigzags,
Tant de rêves ?

L'abécédaire est fini, il faut trouver un autre projet.
Un calendrier de l'avent ?
Trop tôt...

Alors, en attendant, toujours quelques lettres éparses. Témoins de mon témoignage.

Dans quelques jours, Paris, afin de distraire un peu le présent par le passé.
Je t'enverrai une carte postale de pensée, espérant qu'elle te rejoigne, au moins dans une autre dimension, sinon dans un de tes beaux rêves.

20100131

Y - Le chemin de Pythagore

L'embranchement.

Question de CLG (culture littéraire générale) :

"L'embranchement dans une œuvre de votre choix"

20100122

X - Il n'y a plus d'inconnu(s)

Nous arrivons vers la fin de cet abécédaire. J'ai tenté de parler le plus possible de choses belles et extérieures à mon irrémissible vide, avec la sensation d'échouer la plupart du temps. Tout de même, c'était un bel essai...

Je me rends compte qu'avant de te rencontrer il me manquait quelqu'un et que depuis notre séjour à Villars c'est toi qui me manques.

Le reproche que je me fais souvent c'est de n'être pas vraiment amoureux mais de rêver de l'être. Comment faire autrement ? Tu es si loin, j'ai tellement peu de lumière de toi me parvenant, qu'il faut bien pour compenser qu'embraye l'imaginaire. J'espère avoir la chance dans l'avenir de partager encore quelques moments avec toi.

Je continue de penser à toi.

20100110

W - Willy

Voici l'article le plus exigeant - La 23ème lettre.
Que raconter, et comment, en espérant être à la hauteur ?
Une rencontre bien improbable, une rupture inévitable et tellement douloureuse.
Un enchantement de quelques jours qui a eu pour cadre un vieil hôtel, un petit train, une salle de spectacle et quelques tableaux .
Une matière bien suffisante pour durer, en somme.

20100109

V - Voix (donner de la)

Chance inacoutumée, un orchestre de cuivre accompagné d'une soprano vient répéter devant le bar tous les matins cette semaine. Bien que l'acoustique ne soit pas fameuse, c'est une brêche qui s'ouvre dans le triste réel, et la voix fascine, ordonne, assagit la brutalité de ceux qui l'entourent - même si un grand nombre tente de résister...

Quant à moi, qui vais sur mes trente ans, n'est-il pas temps de donner de la voix, d'écrire enfin quelques pages suivies, de construire des paragraphes aussi volantaristes qu'un chant ?

Le chant du rêve qui cette nuit si je l'analyse correctement m'enjoignait de renoncer, non pas au monde mais à l'art, puisque je voyais tous mes anciens amis devenir fous et que j'abandonnai la course avant une montée inattendue, craignant l'effort, mais à ma vie présente, dissipée, inutile, improductive ? Est-ce le sujet qui parle ?

20100108

U- Joker : je ne trouve rien à dire sur ce U (Proust by himself)

Your favourite virtue. Le principal trait de mon caractère. Le besoin d'être aimé et, pour préciser, le besoin d'être caressé et gâté bien plus que le besoin d'être admiré.
Your favourite qualities in a man. La qualité que je préfère chez un homme. Des charmes féminins.
Your favourite qualities in a woman. La qualité que je préfère chez une femme. Des vertus d'homme et la franchise dans la camaraderie.
Your chief characteristic.
What you appreciate the most in your friends Ce que j'apprécie le plus chez mes amis. D'être tendre pour moi, si leur personne est assez exquise pour donner un grand prix à leur tendresse.
Your main fault Mon principal défaut. Ne pas savoir, ne pas pouvoir « vouloir ».
Your favourite occupation. Mon occupation préférée. Aimer.
Your idea of happiness. Mon rêve de bonheur. J'ai peur qu'il ne soit pas assez élevé, je n'ose pas le dire, j'ai peur de le détruire en le disant.
Your idea of misery. Quel serait mon plus grand malheur ? Ne pas avoir connu ma mère ni ma grand-mère.
If not yourself, who would you be? Ce que je voudrais être. Moi, comme les gens que j'admire me voudraient.
Where would you like to live? Le pays où je désirerais vivre. Celui où certaines choses que je voudrais se réaliseraient comme par un enchantement et où les tendresses seraient toujours partagées.
Your favourite colour and flower. La couleur que je préfère. La beauté n'est pas dans les couleurs, mais dans leur harmonie.
La fleur que j'aime. La sienne- et après, toutes.
Your favorite bird L'oiseau que je préfère. L'hirondelle.
Your favourite prose authors. Mes auteurs favoris en prose. Aujourd'hui Anatole France et Pierre Loti.
Your favourite poets. Mes poètes préférés. Baudelaire et Alfred de Vigny.
Your favourite heroes in fiction. Mes héros dans la fiction. Hamlet.
Your favourite heroines in fiction. Mes héroïnes favorites dans la fiction. Bérénice.
Your favourite painters and composers. Mes compositeurs préférés. Beethoven, Wagner, Schumann.
Mes peintres favoris. Léonard de Vinci, Rembrandt.
Your favourite heroes in real life. Mes héros dans la vie réelle. M. Darlu, M. Boutroux.
Your favourite heroines in real life.
What characters in history do you most dislike.
Your heroines in World history Mes héroïnes dans l'histoire. Cléopâtre.
Your favourite food and drink.
Your favourite names. Mes noms favoris. Je n'en ai qu'un à la fois.
What I hate the most Ce que je déteste par-dessus tout. Ce qu'il y a de mal en moi.
World history characters I hate the most Personnages historiques que je méprise le plus. Je ne suis pas assez instruit.
The military event I admire the most Le fait militaire que j'admire le plus. Mon volontariat !
The reform I admire the most La réforme que j'estime le plus.
The natural talent I'd like to be gifted with Le don de la nature que je voudrais avoir. La volonté, et des séductions.
How I wish to die Comment j'aimerais mourir. Meilleur - et aimé.
What is your present state of mind. État présent de mon esprit. L'ennui d'avoir pensé à moi pour répondre à toutes ces questions.
For what fault have you most toleration? Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence. Celles que je comprends.
Your favourite motto. Ma devise. J'aurais trop peur qu'elle ne me porte malheur.

20091217

T - Transit

Le bitumineux de l'ici comme du là-bas vs l'arrachage périodique qui me plait tant dans mon métier.

Ce qui doit être frustrant, au moment de sa mort : ne pas pouvoir ressaisir toute l'expérience, reconnaître certains extraits de la connaissance comme hors d'atteinte, la totalité finale ("qu'on ne peut juger de notre heur...") qui se refuse à la recollection.

Ou bien, se placer dans l'ici et le maintenant, et considérer que, l'instant de sa mort est à proprement parler le bout du voyage, là où mon existence m'a placé, comme un destin a posteriori.

La seconde situation, loin de le première - trop morale de dentiste, comme dit Lacan - me semble davantage digne d'être vécue, lorsque le moment sera venu. Mais sans doute, la première devant être donnée d'emblée, nécessite-t-elle davantage de préparation.

20091213

S - Où il ne sera pas question de solitude

Non, je ne suis pas seul, puisque tu es toujours avec moi.
Mais, quand même, ce grand point d'interrogation sur le tableau de ta vie.

20091205

R - Reste que je suis ici

Je ne sais plus à propos de quoi Derrida et cette phrase, mais elle me rappelle la dédicace d'Hélène, "Reste du côté des lettres, où l'on ne rencontre que corps..." qui est du temps où la parole était magique, les mots gros de sens et de possibilités de combinaisons.
Ici, aujourd'hui,
Pas de corps, de visage qui accrochent - pas de parole, douce ou amusée - les parfums, les couleurs ne recouvrent aucune profondeur, tout est donné d'emblée. Cela devrait me reassurer, ce désabus, cette déconstruction des apparences. Et pourtant je ne trouve que source d'angoisse
Restent de beaux livres et films - de l'amour en conserve ?

R encore : regrets, roman, rire ?
Quelques phrases ramenées de la bibliothèque :

"Et je pense, avant de sombrer dans le sommeil, confusément : il y a la réalité, et il y a les rêves, et puis il y a une seconde réalité (...) un maladroit besoin d'épaissir la vie" (Gide, SI le Grain ne meurt)

"Wilde commença de rire, d'un rire éclatant, non tant joyeux que triomphant, d'un rire interminable, immaîtrisable, insolent, et plus il me voyait déconcerté par ce rire, plus il riait"

"Depuis, chaque fois que j'ai cherché le plaisir, ce fut courir après le souvenir de cette nuit." (ibid)

20091129

R (suite) - Récit du pays des âmes laineuses

Il est six heures du matin. Hier journée de fête au Maroc : on égorge le mouton ramené de la campagne et l'on mange les brochettes en famille. Quelques barmen ont pris des arrêts maladie, comme c'est la coutume ici dès que l'on est malade du travail et qu'on veut passer davantage de temps à vivre dehors. Cela à beau m'énerver, puisque c'est à moi de travailler plus, je ne peux m'empêcher de penser qu'ils ont raison : mépriser le travail, l'entreprise, le patron, c'est quelque chose de merveilleux, le début de la liberté. Ce qui me gène, c'est qu'il s'agit là d'un acte naturel, et non pas politique. Quand même, j'aurais dû fermer le bar, et aller me promener.

Autre chose : ce mouton, que l'on a égorgé dans la cour derrière le bar, sans douceur (pas comme celui d'un des barmen simplet et donc si gentil, qui a parlé à son mouton, lui a donné à boire et demandé de renoncer à la vie - ce qu'il a fait en toute connaissance de cause et avec bonne volonté - et n'a pas regardé lorsque son père à tranché la gorge de l'animal ).Je tentai de me mettre à sa place : ne pas avoir peur de la mort, et attendre sans aucune émotion le couteau. Répandre ce sange rouge vif et laisser son corps se secouer de spasmes pendant que les exécuteurs se peignent le visage avec la vie qui s'en va. Si je méditais assez- c'est-à-dire si je savais m'asseoir, simplement m'asseoir - je n'aurais sans doute plus peur de la mort. Mais je ne suis pas encore assez zen : l'intérieur exposé de ce mouton m'a troublé.

Comme il n'y a pas de hasard, j'ai emprunté à l'institut français un film de Nicolas Philibert, Retour en Normandie - je savais, mais j'avais oublié avant de le revoir - qu'il s'agissait d'une étude sur les traces du film "Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, mon père et mon frère...".

Je dors bien, pourtant...

20091124

R - Rites, rituels enchâssés (zones squameuses du langage)

On parle beaucoup des rituels de beauté, dans les magasines féminin. Le rituel est à la mode, c'est une notion qui fait élégant, qui souligne l'habitude, tout en effaçant la contrainte. La puissance du rituel vient pourtant de la contrainte formelle.

Les rituels qui se laissent saisirs comme tels, où la contrainte ne cesse d'être formalisée pour se laisser voir comme telle : l'aikido, le zen

Les rituels refoulés, le désir inconscient de : le journalisme, la politique, l'école parfois - le lieu du pouvoir en somme.


C'est de là que l'âme perd des écailles qu'on peut suivre sur le sol et parfois laisser nous étouffer alors qu'elles s'amoncellent.

20091123

Réduit à quia (Marcher tout doucement vers une fontaine)

Est-ce cela la sublimation ? La répétition de la névrose qui fait que l'acte semble s'enkyster pour devenir talent : la répétition de la faille créé progressivement la voix - le chant, la danse, l'artisanat, la parole. C'est la pratique, encore, quand la répétition effece le doute.

Sur le silence : "Le secret, cette réserve qui, si elle parlait, la faisait différer de parler, lui donnant parole en cette différence.

"Vous-ai-je jamais promis de parler ?" - "Non, mais c'est vous même qui étiez, ne disant rien et refusant de rien dire et restant liée à ce qui ne se dit pas, promesse de parole."

Ils ne parlaient pas, ils étaient les répondants de toute parole encore à dire entre eux" (Blanchot, L'attente l'oubli)

Pardon pour toutes ces idées amassées comme au hasard... Je n'ai pas le temps de faire d'aussi joli paragraphes que je le voudrais.
Mais quand même l'espoir d'être des répondant de toute parole encore à dire entre nous

20091113

P - Psychanalyse ("Ne cède rien sur tes désirs"), Politique (One-dimensional man), Paris Métropole

A quatorze ans je commençai à lire "Introduction à la psychanalyse." Sans probablement en avoir tiré grand chose - et sans même l'avoir fini j'eu l'impression q'une porte s'ouvrait dans le réel, que les mots prenaient soudain de l'épaisseur. Qu'on puisse transformer le rêve en un message, que des trappes cédant sous la langue mènent à une vérité intime, cela me fascina. Ensuite - était-ce une période de latence ... ? - la présence : Cixous, Derrida, Lacan, Kristeva un peu moins : le "savoir plus" de la psychanalyse, sa longueur d'avance dont tout le monde se méfie : ce que vous dites est un peu plus que le vous-même apparent, et dans cet "un peu plus" se déroule une histoire, le vous en histoire.

Je note que chez moi Il n'y eu langage (langage conforme aux attentes, langage de briques) que lorsque les désirs furent ignorés, ou non assumés, ou brimés. Ensuite, le "dit du désir" transforma la parole en bribes, en fragments, en ennui. Il n'y a plus de désir de phrase - mais alors c'est un langage, poétique, dans le sens ou il s'hallucine du désir - que lorsqu'il y a de l'amour, ou , du moins, de l'érotique.

De même, la politique, la vraie, ne sort pas du langage (il faudra en reparler)

Politique personnelle : la morale. Comment devons-nous vivre ? En mouvement, toujours, ne rien accumuler mais maintenir une posture juste. Aussi douloureux, profitable à long terme au moral qu'au physique. La vie à l'étranger (traces de Paris), expatriés snobs et inquiets de l'institut français de Marrakech. Que va-t-on chercher dans la présence française à l'étranger. Le nom d'un café : comAparis (le A comme figuration de la tour Eiffel). Et moi-même, rassuré par la présence de ces livres, de cette programmation cinématographique si convenue. ET, quand même, sous la forme d'une muraille, d'une chaîne de montagne, un peu d'étrange....

La chronique, parler du temps, de la route du temps sur laquelle on chemine, de l'époque qui nous déchire de ses barbelés, c'est aussi de la politique.

20091109

O - Oubli ("à toutes les femmes que j'ai aimé un jour.")

Alors, le O, ce pourrait être le centre, puisque l'on sait que ce qui est oublié ne l'est jamais innocemment. Ce que j'oubliais sur la littérature, l'autre jour , "Quid illuminans et illuminatum prefulgens", dit Dante en défendant sa langue italienne, "ce qui donne lumière et qui, illuminé, resplendit".
Le centre donc, et la figuration d'une route autour du vide, la voie zen.
Le refus de l'oubli : le premier mot, qui en appellera d'autres - l'incipit, rompant la page blanche, fait du vide le lieu de naissance de l'histoire. Absence, présence, le O se retourne ainsi à la façon de l'anneau de Moëbius.

N - Numéro 6 ("... Pour trouver du Nouveau !")

N'ai-je pas déjà parlé du prisonnier comme image délirante du Club Med ? Encore aujourd'hui, l'ancien numéro deux, vient menacer le numéro quatre, qui s'en prend aux hommes libres...
Dure journée aujourd'hui, et de nouveau les belles idées qui m'apparaissent encore parfois au matin s'évanouissent quand vient le soir, et pour toi il ne reste plus qu'un souffle. Soit espérer que quelque chose finira par passer, ou bien changer de rythme...

20091102

M - Mensonge et messages (larvatus prodeo)

Quand commence le mensonge ? Peut-on se mentir à soi-même ?
Notre histoire a commencé dans le mensonge, et s'est terminée douloureusement dans la vérité. Horreur, n'est-ce pas ? Et pourtant, quels beaux moment passés ensemble...
Alors, cela me porte à croire que lorsque le langage se distend, se dissimule, le social se transforme. Et derrière l'écran du mensonge, une dépression, un vide s'installe : comme celui qui soutient le vol des avions. Ainsi, certains pensent qu'un avion s'appuie sur l'air pour voler, alors qu'il est aspiré par le vide qu'il crée en avançant. Le vide dans le social permet un déplacement inédit. Avec toi je me suis senti plus vivant que jamais, exister, finalement.

Toutes les implications de cette découverte... Le zen, la résistance, la philosophie morale...

20091027

L - Littérature et supplément (Montaigne en son château) - Chanson de la plus haute tour

Un peu de retard pour cette première carte postale de Marrakech.
Qui vient s'ajouter aux dix ans d'ajournement en ce qui concerne la littérature dans ma vie.
La littérature c'est : ou bien un monument dédié aux morts, mais qui grâce aux magouilles propres à l'exercice de la parole est loin de les faire se tenir tranquilles (Proust).
Ou bien, le petit ruban volé chez Rousseau, péripétie initiale qui se déroule presque sans s'en apercevoir, mais qui donne lieu à l'apparition de l'auteur, si ce n'est de soi-même.
Ou encore, c'est aux abords du Réel qu'elle se situe, entraîné par son vide qui lui arrache les symboles. "Introibo ad altare dei". Et Joyce, bien sûr.

Alors, de la tour lisante (bibliothèque) / écrivante (Essais) de Montaigne (un "phare" baudelairien ?) au dangereux supplément, que dire de cette "soif malsaine" ?
Rien qui soit sûr... Mais où d'autre habiter ?

Je pense à toi, depuis cette place Jemâa el Fnâ, "Patrimoine immatériel de l'humanité", en me demandant, qui d'elle ou de moi, est le moins matériel...

20091008

K - Kilomètres aller-retour ("Faire le thé et partir")

Pourquoi cette existence errante, sans apparente accumulation, à l'image
d'une révolte adolescente contre les acquis petit-bourgeois - et sans
renoncer vraiment aux charmes de ceux-ci ? Par la force des choses, ou
bien par un choix pas vraiment formulé ?
Cela ressemble à s'y méprendre à une fuite. A moins de considérer un
autre aspect, celui qu'éclaire Barthes (sur un autre sujet...) en
définissant dans "L'intervalle" le Ma et l'Utsuroi japonais : d'un côté
"toute relation, toute séparation entre deux instants, deux lieux, deux
états", de l'autre "le moment où la fleur va faner, où l'âme d'une chose
est comme suspendue dans le vide, entre deux états."
A l'aide de ces déplacements géographiques,aussi, donner à ma vie la
profondeur de l'imaginaire ou le volume romanesque qui lui manquent.

20091005

J - Japon (carnets de quand tu n'es pas là)

Les socialistes reviennent aux affaires en Grèce. Le premier ministre,
fils et petit fils de premier ministre. La démocratie n'empêche pas les
dynasties...
La France devient de plus en plus grise et froide, heureusement que je
vis plus au sud...

Pas encore le Japon, hélas. Ni un travail honnête de planteur de riz qui
apprend l'aïkido.

Et toi ?

20090907

Inepte (infrangible absence)

 
Il m'aura fallu plusieurs jours pour trouver ce i, qui aurait pu être  imaginaire, incertain, ou même interdit. Chaque action, pensées frappées de ce sceau, qui de sain resterait intact ?

20090824

H - Hasard (Analysis of Critical Control Points)

Est-ce le hasard qui détermine une existence ? Ou le destin peut-il prendre différentes formes ? Si je n'avais croisé Hélène, puis Jo, puis Gaël, puis toi, n'aurais-je pas rencontré d'autres caractères qui sous d'autres visages auraient eu les mêmes fonctions ? De la sensation à l'écriture, de l'Ecole à la Nuit, de l'ami à l'amant : qui n'a connu ce chemin ?
Et pourtant, chaque personnage à sa signature, chacun, unique, marque le temps, mon temps.

20090817

Godard (Nul mieux que)

 
Ces derniers jours, la Chinoise (les images de Nanterre en 68), le rapprochement entre le Club Med et les camps de concentration. Jamais je ne le laisse trop loin de moi (même en train vers Villars, près de Rolles)
Son langage, ses images...
 
 

 

20090811

F - Folie

Non seulement le premier hélicoptère - restera-t-il le seul ? -  que j'ai piloté sans aide était immatriculé F- OLIE, mais aussi Deleuze (quelqu'un "perd les pédales")...
 

20090808

D - Qui désire, Délire

Deleuze
La maman et la putain ("Le Jack Daniels dans un film de votre choix")
Lacan
Le programme de l'agrégation 2010.
Autant de signes qu'il y de nombreux comptes à régler... Et que nulle part le raisonnable n'est en vue...


Si le E n'est pas Ellipse, alors...

20090806

C - Culpabilité (Contrôle des habitants)

Dans mon univers aujourd'hui : calcul et rentabilité, plan d'action, passage au crible de tout. Chaque fait, chaque geste doit être justifié, mais pas dans l'ordre du vrai, dans celui du vraisemblable seulement. on calcule, presque, on passe au crible presque tout, on se défend sans cesse. Plus le contrôle grandit, plus la part de ce presque augmente - la part du diable ? - et plus la violence du contrôle est forte, écrasante.

Aujourd'hui, Ewa - qui n'est pas tout à fait un personnage de roman - me disait qu'il fallait que je grandisse. J'aurais pu lui répondre qu'on ne grandissait pas tout seul. Et que tous lieux ne se valent pas (c'est le C du Chat...)

20090805

B - Bien, Beau (idée de)

L'éloge de l'amour dont je parlais tiens sa source dans Platon. Dans le banquet on évoque la beauté qui conduit à l'idée de bien. Dans ces collines de Marathon je croiserai encore bien souvent ces concepts...

20090803

A - Abécédaire, Alcoolique

 
A, comme abécédaire, plutôt que le B de biographie. C'est pour l'attrait à la fois ludique et encyclopédique.
J'aurais aimé que ce A soit l'initiale d'ami. Hélas, c'est plutôt de cet alcool qui m'empoisonne dont il s'agit. Voir Deleuze et sa théorie du dernier verre. Amis, ou plutôt absence d'ami hors de cet alcool qui fait résonner le silence et disparaître les heures de solitude trop nombreuses. Alcool qui me tue et me rend laid, maintenant. Cette première lettre sera-t-elle l'engrenage qui conduira à la dernière ? ("Et l'alcool qui me saoule, ça m'avance à quoi ?" (Joe Dassin)).
Antithèse (encore un A) de l'Amour, de l'humour, de l'indépendance et de tout le reste, finalement. Alcool et négation, alcool et fascisme (par lui même, comme drogue, comme signe de résistance à l'autre, aussi).
 

20090802

Happy birthday... (Eloge des retrouvailles)

 
Je regarde "Eloge de l'amour" et, près de dix ans après l'avoir vu pour la première fois, certaines phrases, par leur place dans le discours et dans l'image, m'interpellent encore, et me font rêver comme si je n'avais pas cessé de les entendre entre mes deux visions du film.
 
Celle-ci :
 
Femme : "Encore un mot.
 
Connaissez-vous la phrase de Saint-Augustin, "La mesure de l'amour, c'est aimer sans mesure" ?
 
 Homme : Oui"
 
Par exemple...
 
Il faut dire que cette réplique figurait dans la bande annonce du film - comme j'allais beaucoup au cinéma elle revenait souvent.
 
Cher William..., j'espère que tu vas bien, que tu es joyeux et entouré d'amis.
Même loin de toi et sans que tu le saches ce sera la fête près d'Athènes, ce soir,  en ton "honneur secret", d'une certaine façon...

20090705

Minuit est la véritable lumière, l'aube n'est pas claire

On peut rêver longtemps sur ce poème zen, qui nous invite à une autre expérience, une logique différente, qui m'attire d'autant plus que je suis maintenant prés d'Athènes, dans les pas presque d'Aristote.

Je ne comprends rien, toujours (tout le temps est dans l'action).

Ecrire pour faire comprendre le silence. Le silence seul fait trop de bruit : il ne sait pas se taire comme l'écriture.

20090529

Walking In Cape Town (but do I really feel the way I feel ?)


Le fait que mon avion soit annulé donne a ces heures la saveur du temps volé.
Mais à vole a qui puisque je me les donnes à moi meme ?
Je pense à toi, surtout lorsque je ne t'écris pas.
Que ces prochaines annees soient celles du voyage
Car le voyage ressemble a la sensation de ta presence, dans son epaisseur, dans son depaysement,
par ses innombrables surprises

CT, Kimberley Hotel



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20090426

Pixels ("Ce dont on ne peut parler, il faut le taire")

Je dois écrire un roman sur un personnage ni vicieux ni sadique qui imagine la vie de son amoureux à travers les photos de profil facebook. Condamné à rêver le bonheur de loin, sans la moindre possibilité de caresse sur une joue, ni de mot secrètement murmuré à l'oreille.



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20081208

Voyage

Toujours en mouvement
Les nuages de la capitale s'effacent devant le soleil et le bleu de la côte...
Toujours je retrouve les livres laissés aux hasards d'une escale précédente. C'est dans les cartons l'histoire d'une idée, d'un souvenir, d'un phantasme.
Mon âme se recommande aux caves, mon corps au soleil.

20081121

Au Revoir grand Petit Homme

Aujourd'hui j'apprends la mort d'Arnaud Dormeuil.
Le soir, Rachel au théâtre dans Marry Me. Dans la Salle Genvrin et d'autres de Vollard.
Gentil et émouvant hommage. J'étais content d'être là avec eux.

20081118

Dans chaque lieu, un livre

Me voici navigant, sans avoir atteint la moitié encore de l'espace qui peut-être me sépare de toi.
Supports involontaires, les livres. Toujours un livre qui va délivrer une essence, un message.
"Ce livre est votre ami,
Prenez-en bien soin
N'abîmez pas les pages
Ne les cornez pas.
Rendez-le, enfin, à la date fixée."

20081103

20081021

"d'ici est d'où je suis" (H. C. in La ville parjure")

De Ceux qui sont comme moi je ne sais pas dire mes frères » puisquil ny a rien à séduire.

Que dire du « rien à séduire » ?

Ce qui est comme moi ne compte pas, si je peux dire, et alors il ny a pas la dette fondamentale qui est à lorigine de la parole.


Quand toi tu parles et tu dis « solitude ».

Est-ce ce qui me fait parler 

Comment técouter tout en parlant ?

Avec les adolescents, la similitude avec la mort : seul à ladolescence avec ses désirs, seul avec la mort aussi. Alors la même : mort, désir, identique, idiot.

La frustration qui fait la blessure qui fait le sang qui coule et la parole.

 

       

20081019

Rendre hommage

A ces requins gris, marteau,

A la surprise de ces derniers jours

Aux couchers de soleil

 

Je voudrais que mon remplaçant n’arrive pas encore tout de suite…

 

 

20081015

Re - Pentir

Bonsoir Bébé,

 

C’est vrai que ça a duré trois nuits

Et que ça m’a fait un peu de bien

Mais le couperet prévisible de la fin…

 

Que donner, enfin, comment… sinon à toi ?

 

 

Je te demande pardon

 

Je pense à toi

 

 

20081012

Voir ce cul et mourir

Soit, je t'ai été un peu infidèle ce soir.

Il me demande : « 
Pourquoi est-ce que tu ne dis rien...

Il ne sait rien de la malédiction.
Il ne sait pas que chaque mot prononcé, que chaque geste d'amour est ensuite retraduit automatiquement dans la langue du jamais plus.
Qu'il est un souvenir avant d'avoir été un événement par le simple effet de lalangue

Voir ce cul sous d'autres angles

Et cette odeur sur mes doigts aussi merveilleuse que douce

NR : Ce cul est l'expression la moins correcte, la moins bien élevée et la moins vivante. Mais par son inadéquation même elle constitue le meilleur témoignage de ce soir. De cette perfection on ne saura rien dire de plus

20081009

Longtemps, le temps

Qui n'a remarqué cette figure qui saisi la Recherche par sa périphérie, ainsi qu'un monument figé et pourtant circulaire, susceptible de tourner autour du lecteur, comme le « cercle de ses heures » ou comme les tables du restaurant du Grand Hôtel les soirs d'ivresses.
 Un personnage d'une histoire d'enfant à laquelle je pense souvent : un « tueur » de temps » qui achève les heures d'ennui à coups de revolver avant de prendre la fuite, poursuivi par ses propres clients qui regrettent leurs années perdues.
Longtemps que nous nous sommes quittés, plus longtemps encore avant de nous revoir peut-être
Il semble que nous n'ayons plus d'histoire ni aucune possibilité de l'écrire mais je conserve toutefois dans le crâne l'image de toi, de notre unique journée d'amoureux comme une relique vivante et aussi peu sainte que possible, aussi impardonnable que le ruban de Rousseau.

20081002

Dire quelque chose ("fonctionnels uniformes")

 

 

Hier débat sur les élections canadiennes en présence des responsables des grands partis.

De l’animateur des débats :

« Il n’y aura pas de discours d’ouverture, ou de fermeture, les grands partis en ont été avisés hier »

« Vous avez chacun quarante cinq secondes pour répondre à la question du téléspectateur »

« Pour ne pas que le débat se transforme en une attaque de quatre contre un je vais vous poser une question sur un sujet qui engage tout le monde »

Item…

Des participants :

« Vous avez augmenté les taxes ! »

« Nous avons baissé les taxes ! »

« Vous avez refusé la taxe carbone ! »

Item…

N’y a-t-il plus personne pour prendre la Parole ?

 

 

 

"(...)" regard, inconsciemment supplicateur, qui tâchait de la forcer à faire attention à moi, à me connaître !" (Marcel Proust)

Écrire autre chose que Proust, bordel ! 
 

20080930

Shrinking shrimp (haïku irrégulier)

Une nuit en plongée, j'approche ma lampe d'un corail.
Une crevette s'approche, attirée par la lumière, effleure un polype.
Aussitôt elle fond,
se dissout,
n'est plus qu'une tâche rose orangée, disparaît. Si vite.
Au dessus, les rayons de la Lune percent la surface de l'eau.
Quelques paires d'yeux brillent.
Ainsi va la vie sur Terre, si loin des astres solitaires, si proche de l'appétit corrosif du monde.

20080929

"Il n'y a pas de hasards, il n'y a que des rendez-vous" - Paul Eluard

Comme le début de cette phrase me ramène à des temps passés et permet à ma mémoire de se raccrocher au train de ma vie présente.
Toujours la métaphore spatiale
Il me semble encore que pour ne pas désespérer de te revoir jamais et m'affliger de manquer tant de jours qui feront ton histoire il suffit de penser à ta venue d'autrefois comme celle d'une comète, événement décelable et reconnaissable par tous - le météore revenant périodiquement en portant sur lui tous les éléments de sa transformation
"La comète enfin leur échappe, mais elle n'échappe pas à l'archange..." (Chateaubriand, Le Génie du Christianisme)

Et de plus en plus, la métaphore météorologique : nous avons passé tellement d'heures à observer les cyclones, les facteurs innombrables qui dictent leurs déplacements qu'il devient pour nous évident que les baptiser ainsi que des êtres vivants n'a rien d'hérétique, et qu'en les regardant non pas comme des humains peut-être sinon comme des êtres semblables à nous par leur naissance, les péripéties de l'existence et leur mort on éclaire l'interprétation de nos propres actes avec une lumière nouvelle et rassurante.

Alors, de ces aspects de notre rencontre émerge une évidence : le réel ("Le réel c'est quand on se cogne") et il ne faut plus boire pour oublier.

20080716

Retour à la terre

 

 

“J’avais dans la gorge le goût salé des larmes qui ne coulent pas. » George Moréas in Le flic qui n’avait pas lu Proust

20080229

Uncanny

I don't know why I feel so bad these days. Life appears as an unheimlich dream. Often these days I'm thinking about my own death, not that I would commit suicide, but on the contrary, as BB quoted by Quignard said about death as the final point of everything, the ultimate balance, "que philosopher, c'est apprendre à Mourir".
Where are you Montaigne ?

 
 

20080227

If you're going to San Fransisco

Le bruit de ventilation de l'avion, pour le voyageur forcé, en fuite, et qui couvre même le rugissement des moteurs, est le son le plus reposant; le plus rassurant qui soit. Souvent, la nuit, je m'endors en prétendant que mon climatiseur m'emporte dans son ronronnement, au dessus de, loin de...
L'interzone, encore, mais cette fois à jeun, la drogue c'est l'ennui, dans son horreur et son côté incompréhensible. Comment peut-on s'ennuyer ? Et rêver de fuir un endroit où l'on a voulu se rendre?
C'est que j'ai rêvé de ce lieu comme le plateau de tournage de La nuit Américaine, sans la certitude du metteur en scène
L'interzone : comme ce livre, et ce film me plaisent, comme j'imagine le son de cette Clark-Nova.
Un monde de sons, étranger à celui du silence dans lequel je ne me suis pas encore réfugié.
 L'écriture est inefficace, comme toujours, dès qu'il s'agit de dire des choses banales.
"Parler avec les mots des autres...",

 

20080226

Godard, Julien, les enfants (re-tour à la terre)

« Nous sommes des gens parfois gais, quand on est triste il fait mauvais, ce sont les choses du temps qui ont fait nos tempérements... »

"Nous sommes des oiseaux géants, nous ne voyageons pas souvent"

Il y a des paroles immortelles...

20080225

Miettes...(Madeleine en)

 

 

souvent, dans ce bout du monde, comme une spore s’entrouvre en atteignant un endroit  dans lequel la survie est de nouveau possible, où les conditions sont meilleures, une ligne, une image ou bien un son, auxquels tu t’étais attaché  et qui portent un fragment toi, libèrent soudain comme la réalité de ta présence passée. Thème littéraire si riche, joie si intense de te retrouver par surprise au milieu d’un autre univers. Par exemple : Joe Dassin (oui, encore), Le festin nu de Cronemberg, un fragment de Quignard, qui t’avaient, ou que tu avais désigné. Peut-être, ce phénomène se reproduit-il pour toi. Pourvu seulement qu’il ne précipite aucune ombre dans tes yeux. (« ma fille, ma fille je tremble »)

 

 

20080221

Humour en larmes

 

Cette existence est une guerre, pourquoi, quelles raisons ?

Une force à chercher, un humour à trouver dans cette satire.

Si je n’écris pas assez, c’est que je cherche encore le langage, et que je rassemble ici quelques trésors qui sans cesse me retournent ton regard

 

columbus-isle.blogspot.com

Sur une musique d'un film de WKW avec sa lune sur fond de nuages

Ici plusieurs idées jetées en prévision de choses à écrire et de temps libre mais avec un corps malade, chose prévisible au vu de ma vie présente.
Ce soir éclipse lunaire : comme Proust fait revivre après coup les disparus en ne reprenant pas leur nom mais leur phrase, leur empreinte idéelle, je me blottis contre toi qui regarde, peut-être, à travers une fenêtre de ton pays froid. 
 

20080220

Fin de parenthèse

“Faute d’aura, au moins éparpillons nos effluves” (Henri Michaux)

 

J’essaie de parler depuis le  silence et cette étrange posture, puisque d’aventures ici, peu. A moins que Colomb ait été confronté aux mêmes ennuis que moi, et que la vie aventureuse soit justement cette succession infâmes d’épisodes sans gloire, d’avanies, de blessures qui tiennent plus de la vulgaire et insidieuse piqûre d’insecte que de la mutilation de guerre. Et toi, Arthur, souffrais-tu des brûlures du sable ?

 

 

20080129

Correspondance

Est-ce que je te cache des choses, sinon la répetition des jours, que tu peux aisément deviner ? Je me reproche de ne pas penser correctement à ti, en ne te parlant ni des choses belles, ni des caractères si laids que je rencontre parfois. C’est que je doute encore de ma capacité à te les décrire. Ma mère m’a fait parvenir la correspondance de Proust, qui ne doit pas venir souvent visiter ces contrées. Ses phrases, la différence entre son style d’adolescent et l’assurance, la lassitude portée par la maîtrise de l’âge adulte me font replonger dans des délices. Brièvement toutefois, avant que je ne retombe dans cette angoisse qui me torture ici.

Je ne suis pas complètement bien, mais je vois cela comme une posture désagréable qui conduira à la dissolution de quelques contradictions ; car là où je ne recule pas, je progresse. J’espère avoir le temps de te décrire tout cela dans les prochains jours.

 

Je t’embrasse

 

20080118

Journal I

J'ai mangé avec des gens qui ont a la maison un lapin qui aime les bananas. Leur fils de dix ans pleurait, parce qu'il était triste de partir. J'ai regardé l'avion atterrir, un bœing  737-800, qui a fait une verticale piste à 1000 pieds , puis une vent arrière main droite avant de se poser. Quand je suis en bout de piste j'ai toujours l'impression que l'avion va se poser sur ma tête. Tout cela n'a pas beaucoup d'intérêt, n'est-ce pas, mais c'est l'enregistrement d'un fait de l'univers, comme un peu de poussière retombant sur Mars après la tempête. Comme le printemps ne peut s'actualiser que sous la forme du printemps, la solitude que comme folie.

Et mes amis birmans me regardent avec douceur, sans aucun agacement devant ma lenteur à les rejoindre.

 

 

20080114

Le temps d'une présence

“Tant que je présume que le temps va à sens unique, je ne puis jamais saisir le sens de l’inachevé » (Dogen)

 

 

TRANSIT

 

 

Ce soir deux garçons qui conduisent un bateau vers Saint Martin. Ils s’arrêtent ici, pour la nuit, sur une passerelle vers l’autre monde

20080113

Peut-être un journal

 

 

Peut-être un journal serait-il plus intéressant,

Pour toi

Et non le récit du vide des jours à l’intérieur, de ce qui n’est pas encore la joie, ni le satori – encore moins

Toujours porté par ton absence

Et huit souvenirs de toi,  

Comme les huit faces d’un cube

Qui est le jouet de qui ?

 

 

20080108

"Ce que la nuit tissera décidera l'avenir" (Gilgamesh à Enkidou)

Tout en moi et de moi n'est plus qu'imbecillité (« des caraïbes aux Philippines.... ») 
Mais « And dead once dead ther's no more dying then » (Shakespeare)

Juste, devant le large ciel,
Devant les souvenirs...
A l'heure où probablement tu te lèves...

Je t'aime

 

20071230

fossiles (et si je rêve tant pis)

Peut-on savoir si,
Les autres avant étaient une prophétie
Les autres après une offrande, un monument
Toi comme reflet des autres
Tous les autres une émanation de toi
Quel joli jeu, indécidable, itinérant, itératif
Et tes yeux ?
Prétexte à la méditation infinie...

 
 

20071229

Autre fois

Le bruit des cloches, venu de loin,
D'autres îles, par le biais du vent
Les petits bouddhas birmans attentifs
Aux froissements de la texture des âmes
De ceux qui
Il y a longtemps,
Les placèrent.
Je pense à toi, mais ta présence est lointaine
D'un autre temps,
comme séparée par autant d'années
Qu'en réalité de jours.
Quel est ce voile,
Quelle prière prononcé par un puissant
Est-elle en train de nous recouvrir ?
 

20071226

 

 

Sans toi je n’aime plus rien que le silence

Chaque souvenir fait taire leur bruit,

Ou bien c’est leur bruit qui me fait taire

Comme la murène, sans proie, au fond de l’eau

Le vieux prunier est inflexible

 

 

 « Le vieux prunier, tel qu’on vient de l’évoquer, est inflexible. Soudain il fleurit, puis il porte le fruit. Tantôt il rencontre le printemps et l’hiver, tantôt il affronte la bourrasque et l’averse. Tantôt il n’est autre que la vision intérieure des moines et la parfaite vision des bouddhas anciens, tantôt il devient herbes et arbres, pureté et parfum. Le mystère de ses soudaines métamorphoses est inépuisable. »

 

Dogen, La présence au monde

 

 

Prière du souvenir

 

 

Ce que Christophe Colomb a découvert, sur cette île :

Le babillage

Ou bien, le silence.

Dans tous les cas les microbes ont tué

Les hauteurs signifiantes du langage

20071225

Silence wrapped in tears

 

 The family is gone

You must be celabrating Christmas, though.

In which mode ?

Sadness, forgiveness,

Are you Happy ? I wonder – without any tambourine

 

 

20071224

I'm all right (but I think I'm dying)

 

 

Des belles promesses, que l’écho,

De l’écho une absence,

De l’absence un souvenir ;

Du souvenir un moment,

D’arrêt,

Devant l’oiseau qui guette ou l’étoile incertaine ;

Un moment,

Un souvenir

Une absence,

L’écho d’une promesse

A chaque vague amoureuse

20071221

They put in a nickel (and I sing a little song)

Drôle de manière de t’écrire tous les jours…

Les mots se … brisent

 

 

 

 

 

20071213

La vie sans toi

 

 

 

 

 

“In all these shining orbs, his place to dwell…”

 

Je te demande pardon de n’avoir pas écrit plus tôt. C’est l’effet, je crois, de grandes vagues d’eau salée. Mais je suis là, de nouveau, pour murmurer des rêves secrets à ton oreille, qui peut-être par miracle reste attentive…

20071101

Another Island

Empaqueter, peser, vérifier. Saisir de petits fragments de monde afin de faire
resurgir les souvenirs d'un moi quelque part au loin. Mais ce que l'on met dans
sa valise sortira-t-il identique, une fois le transfert achevé ? Je dis
transfert, et non pas voyage, car celui-ci ne débutera qu'une fois sur place,
aussi loin d'un moi constitué qu'il est possible de l'être.
Le transfert ! Et ses variations hypnotiques !

Mes souvenirs de toi, comment traverseront-ils la mer ?