20091205

R - Reste que je suis ici

Je ne sais plus à propos de quoi Derrida et cette phrase, mais elle me rappelle la dédicace d'Hélène, "Reste du côté des lettres, où l'on ne rencontre que corps..." qui est du temps où la parole était magique, les mots gros de sens et de possibilités de combinaisons.
Ici, aujourd'hui,
Pas de corps, de visage qui accrochent - pas de parole, douce ou amusée - les parfums, les couleurs ne recouvrent aucune profondeur, tout est donné d'emblée. Cela devrait me reassurer, ce désabus, cette déconstruction des apparences. Et pourtant je ne trouve que source d'angoisse
Restent de beaux livres et films - de l'amour en conserve ?

R encore : regrets, roman, rire ?
Quelques phrases ramenées de la bibliothèque :

"Et je pense, avant de sombrer dans le sommeil, confusément : il y a la réalité, et il y a les rêves, et puis il y a une seconde réalité (...) un maladroit besoin d'épaissir la vie" (Gide, SI le Grain ne meurt)

"Wilde commença de rire, d'un rire éclatant, non tant joyeux que triomphant, d'un rire interminable, immaîtrisable, insolent, et plus il me voyait déconcerté par ce rire, plus il riait"

"Depuis, chaque fois que j'ai cherché le plaisir, ce fut courir après le souvenir de cette nuit." (ibid)

Aucun commentaire: