20100320

Préambule aux trois cartes postales : Les murs de Paris ; Les gens de Paris ; L'avenir

Je suis en train de lire un recueil de lettres de Clarice Lispector, une écrivain brésilienne célèbre qui est souvent rapprochée de Marguerite Duras (mais je n'adhère pas vraiment à cette comparaison) et dont Hélène Cixous parlait souvent dans son séminaire. Dans les lettres qu'elle envoie à son jeune fils en séjour aux Etats-Unis, elle ne cesse de l'appeler par des noms affectueux : "Ma petite sauterelle", "Mon moustique", "ma fleur d'avocat" etc... C'est idiot mais j'aime beaucoup cela, tu le sais bien, puisque de temps en temps - moins que j'en aurais envie, car j'ai peur que tu trouves cela ridicule - je t'appelle "mon petit poulet." Est-ce que tu trouve cela ridicule ? Ce n'est qu'une façon littéraire de se rapprocher d'une personne éloignée et de lui témoigner un peu d'affection sous la forme d'un vocable unique, qui en qualifiant la relation lui donnerait le même caractère unique qu'un prénom. Rassure-toi, je ne te nommerai pas ainsi en public, si l'occasion s'en présentait...
Je suis content d'avoir trouvé ce livre de Clarice, racoleusement intitulé "la seule façon de vivre" : comme autrefois, la lire me convainc de ne pas avoir honte de parler des choses qui me préoccupent, et m'encourage à baisser le niveau d'exigence de mon auto censure. Je vais tenter d'écrire chaque fois que j'aurais envie de boire ou de fumer : je voudrais que l'écriture devienne ma nouvelle drogue. Cela commence à faire long pour une simple carte postale - considère ce paragraphe comme un simple préambule, dans lequel que m'arroge le droit de commencer mes trois cartes à venir "Cher petit poulet".

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