20100414

Crash test ( I-pad in a blender) - copie d'une lettre à gaël et à mes amis si lointains

 
 
 
Cher Gaël,
 
 
J'avais le sentiment en t'envoyant le dernier e_mail - message dans la bouteille, si tu veux, mais pourquoi avoir rajouté cet "empty" qui excède les paroles, alors qu'il est déjà sous-entendu, sinon pour souligner que "jamais un message ne comblera le vide de la bouteille" ? - et sans négliger ton aversion pour l'analyse relationnelle que c'est un malentendu qui nous lie  et nous sépare finalement : ton détachement apparent et trop souvent souvent affirmé pour la machine de guerre institutionnelle, je l'avais pris pour une résistance alors qu'elle ne traduit qu'un amour immodéré pour elle.  Quant à moi je squatte des hôtels en prétendant qu'une entreprise supplérait à une rencontre.
Deux ironies qui paraissaient si semblables il y a dix ans et qui n'ont presque plus rien à voir aujourd'hui, comme tu le reconnais toi-même.
 
Je suppose pourtant qu'au bout du compte ces deux positions se rejoignent - nous nous tromp(i)ons tous les deux -, mais je n'en suis pas sûr.
 
Tu as lu les mandarins ? C'est un roman totalement mal écrit et inutile - il aurait pu être remplacé par un essai de 30 pages - et ma récréation du moment : il chante l'hymne à la morale - Qui donc vit comme il faut ? - et ses apories, c'est pour cela que j'en viens à aimer Lacan ("l'homme est celui qui rêve évéillé")
 
Je sais que c'est idiot, mais je ne me relève pas de nos derniers échanges - d'où mon appel au secours :  je t'en veux toujours pour ton train manqué vers moi, comme je m'interroge sur ta manière de m'avoir laissé dans ton appartement vide comme une bouteille contenant le message adressé au junky que je suis devenu : "ashes to ashes", et surtout sois sage.
 
 Mais sage j'espère bien ne l'être jamais - en toute ironie bien sûr. Ne m'en veux pas pour ces paroles en télégramme qui sont un si pauvre substitut d'une bonne discussion entre amis : tu me manques et la rhétorique n'y peut rien.
 
Je t'embrasse depuis mon bar menacé par 46 polonais qui boivent pour oublier, et je n'écris rien sur ton mur.
 
Je serai à Villars cet été.
 
Tristan

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