20100818

Lettre noire, très noire, d'un pays sombre, très sombre (à moins que ce ne soit l'inverse)

Cher William,

I don't know why I keep using this page to write you letters since you allowed me as a friend on facebook. I may still be as shy as a wild cat, not yet tamed nor used to your re-discovered friendship. Neither do I want to trouble you with my so personnal doubts during your first days of freedom and manhood; I still hope though that you will find these words one day or another, and understand and forgive my weaknesses - or tell me to behave...

As my other William friend (the S. one) would put it : "In truth I know not why I'am so sad"

I can't stand my job anymore (well, this is not breaking news, let's say that the physical effects of this disgust or incapacity are now having terrible consequences on my health and mind) and despite those drawbacks, i'am still loving it, and the beautiful places I'am living in, and the nice people i'am meeting everyday . So what can I do ? It's so difficult, I'am not a natural born manager, as you would guess easily, and working here is emptying me of all the meager ressources I own.

Could you believe that I need one bottle of gin every single day to merely be able to go to work ? Of course, nobody could tell, because of my theatrical skills, but nonetheless this is the sad and despicable truth. Just one year ago, this magic recipe was still working, but now I'm just so tired and weak and bored - and my body is not going to stop to warn me...

I am sure that having a friend here would prevent me from doing such stupid things, but it is a vicious circle, and I know that you'll understand me, because solitude (or loneliness) was one of the thing that made us connect together.

Et surtout je suis devenu muet, incapable de formuler ce que mon cerveau pas trop abîmé encore mais en voie de l'être me crie : "casse-toi le plus vite possible, et remets-toi à marcher sur tes jambes avant qu'il ne soit trop tard."

It's been so long since my last nice evening (you know, when in bed at night you're thinking about the beautiful day you just had...). It would be so difficult to clearly explain to you all the frustration I feel while spending all my days working with no friends to talk to and spend time with; but with your stay in Bayonne you just reminded me about the importance of living with friends and sharing time with people you like.

Il fallait bien que je le dise et tant pis si ce n'est pas bien écrit où s'il vaudrait mieux l'avouer à un psy plutôt qu'à toi. Je ne veux rien te cacher, même si "garanty void if seal broken", nous sommes les deux personnes auxquelles je ne souhaite pas mentir


Voilà aussi pourquoi je semble tellement à l'affût de tes nouvelles, comme un nageur près de la noyade arrivant dans une poche d'air.

Please forgive me for the very formal and bordélique tone of this letter - I know that you won't be able to offer me any magical answer but it's my way of saying that I'am so affraid of dying or suffering or being unable to be with you and be a good and profitable friend to you.

Mais, tout de même, le ciel est bleu et les cigales chantent (heureusement...)

Big hug,

Tristan

20100814

Au loin s'en vont les nuages (Toute la pluie tombe sur moi)

L'orage gronde ici depuis deux jours. Pour le malheur de nos clients qui veulent toujours du soleil. Quelle idée ! Un monde sans pluie serait d'une telle tristesse... "Pour un cœur qui s'ennuie / Ô le chant de la pluie !" (Rimbaud).

"Au loin s'en vont les nuages" est un film finlandais de Kaurismaki. Les couleurs de ce film et l'apparente simplicité du scénario - un couple perd un travail, fini par en retrouver un en ouvrant un restaurant - , le mystère de cette langue bizarre... Et ce si joli titre ! Tout s'accorde pour faire de ces images un OVNI (a propos d'OVNI, le gouvernement Brésilien vient de voter une loi pour que les pilotes d'avions signalent obligatoirement toutes les apparitions d'OVNI dans le ciel...) dont je me souviens 13 ans après l'avoir aperçu.

Je compte sur toi pour aller beaucoup au cinéma... A côté de la fac de médecine près de la Rue des Ecoles (un coin où tu iras forcément pour ses librairies médicales et ses boutiques où on vend des squelettes en plastique) il y a beaucoup de salles où on projette des merveilles, anciennes ou récentes, et c'est vraiment le cœur de Paris, et pas la tour Eiffel, comme on le croit trop souvent...

Dans un autre registre, la température anormalement élevée des océans a modifié cet été la direction des vents très puissants ("jet streams") qui survolent l'Europe et en déterminent le climat, d'où la chaleur extrême de Moscou (et d'ailleurs aussi, 17 records absolus de températures ont été battu le mois dernier un peu partout dans le monde) et les graves inondations du Pakistan.

Pas de cyclone dans l'atlantique, mais les modèles informatiques prévoient l'apparition d'une dépression tropicale vendredi prochain...

Si je devais refaire des études, je crois que je ferais de la météorologie, qui est aussi passionante que la littérature lorsqu'il s'agit d'expliquer les mystères du monde...

En 2012, il y aura un cyclone qui s'appelera William ! (enfin peut-être, car il est en fin de liste, et il en faudrait 22 avant...).

Bon, assez de bêtises !

20100810

William,

Ne te laisse pas effrayer par mon "lyrisme de poitrinaire bleuâtre" (C'est ainsi que Flaubert parlait du style de Lamartine).
J'ai suffisement attendu dans mon coin pour perdre le contact avec le réel, et pour tout te dire je suis également en plein choc thermique.
D'autre part je ne pense pas avoir mal interprété tes propos, mais il faut que tu d'habitues à mes moqueries douces...
J'apprécie ta lucidité, d'autant qu'elle a les reins solides, pour être encore bien vaillante à une heure aussi avancée de la nuit.
Enfin pardonne-moi si tu te sens débordé - il fallait que je te dise tout cela, et maintenant ça va mieux.

C'est un beau choix de carrière, Médecin, mais j'espère que tu n'oublieras pas tes penchants pour l'art. C'est important d'avoir plusieurs cordes à son arc...
Je te souhaite bon courage, en tout cas. Il faudra que tu me racontes, la fac de Médecine devant être si étrangère à ce que j'ai connu...

Je crois que nous avons eu une adolescence très différente. Je suis resté un petit garçon très longtemps, et pas un très bon élève dans la plus belle île du monde, à m'amuser dans les forêts et dans les rochers avec des amis qui ont partagé davantage mes jeux que mes pensées. Ce n'est que vers quinze ans que j'ai commencé à regarder davantage le monde, surtout lorsque je suis allé au Festival d'Avignon (quatre fois de suite) pour assister à des centaines de pièces de théâtre qui ont tellement influencé ma vie par la suite. Quelques professeurs (en Lettres et en Philo) m'ont fait apercevoir des merveilles et j'ai alors découvert le plaisir de lire autre chose que du Jules Vernes et d'apprendre. J'ai eu la chance aussi d'avoir des parents attentifs mais qui m'ont laissé totalement libre (il faut dire que j'étais très sage...) même si mon père aurait préféré que je passe un bac S pour être un peu sérieux... Quoiqu'il en soit à 17 ans, après ma mention Très Bien (et toc !) j'ai quitté la Réunion et la maison pour un internat et une prépa Lettres. Là encore, j'ai investi toute mon énergie dans le travail et j'ai eu la chance d'avoir une excellente prof de géographie qui a pris le temps d'orienter un peu dans le monde le petit garçon que j'étais toujours. Après cette année j'ai passé deux ans à Henri IV - où j'ai commencé à tomber amoureux de garçons qui m'écrivaient de jolie choses, mais qui préféraient toujours les filles. Après avoir raté deux fois normale sup (bon la deuxième fois je ne me suis pas vraiment appliqué...) j'ai commencé à me sentir épouvantablement seul (en réalité ça avait commencé avant mais écrire des lettres d'amour me suffisait, et je n'avais pas encore pris conscience que la philo que j'aimais tant n'avait en fait rien a voir avec ce qu'on apprenait en fac). J'ai passé ainsi 7 ans à Paris, à courir les cinémas et à lire, à suivre les philosophes que j'aimais (Derrida !).
A côté d'Henri IV il y avait un pub Irlandais que j'ai si souvent fréquenté qu'il a fallu que j'y travaille pendant 4 ans ! Ceux qui le tenaient sont devenu ma deuxième famille et m'ont appris un métier et le plaisir de vivre la nuit dans les plus beaux lieux (et parfois les plus gores) de la capitale. Ils se sont si bien occupés de moi... J'aurais bien continué comme cela longtemps, hélas, le père est tombé malade et est mort en deux ans d'un cancer du poumon. Sa femme en est devenue un peu folle et a quitté provisoirement son pub et Paris. Et moi je suis rentré au Club Med où j'ai concilié mon goût pour le bar et l'ambiance d'internat.

C'est un peu confus tout ça... Je comprends maintenant ce que voulait dire Patrick Bruel quand il chantait "on peut pas mettre dix ans sur table, comme on étale ses lettres au scrabble". Tu vois, je peux aussi faire des citations populaires...

Je te laisse maintenant, il faut que j'aille préparer le bar pour l'assaut de dix heures... Et l'arrivée de l'Ambassadeur de Chine qui vient passer une semaine ici...

J'espère que tu me répondras vite, mais garde quand même du temps pour tes amis : c'est tout de même avec eux que tu es parti en vacances !! Et dors aussi !

Je t'embrasse,

Tristan

20100801

Compte à rebours

 
Bonsoir Monsieur.
 
Je suis à la fois plein de joie et de fatigue ce soir. C'est la fête nationale Suisse, aujourd'hui. Demain tes dix-huit ans...
 
Je te souhaite de beaux rêves cette nuit !
 
 

20100730

Angst (Coupable by Thiéfaine)

 
Mon petit Poulet,
 
Que vais-je faire dans trois jours, lorsque les mille levers de soleil qui nous séparent auront fini d'apparaître ?
 
Fêter ton entrée dans la vie des grands, bien sûr.
 
Mais j'ai peur de m'écrouler, sans toi, car il ne reste aujourd'hui de ce que je croyais être moi que des ruines.
 
Ta tête sur mon épaule, et tes yeux, voilà ce que toute  la littérature et  mon expérience du monde désignent comme le bonheur, et pourtant... que la montagne est belle.
 
 
Je t'embrasse,
 
Tristan
 
 
 
 
 

20100711

Sometimes

Bonsoir Monsieur,

Toujours je me souviens dans les beaux lieux ou endroits calmes
De votre visage,
Pourtant ce n'est que l'absence de ce visage qui saute aux yeux.
Et le son de votre voix
C'est le silence en creux.

Qu'est-ce que le monde ?
Rien d'autre que votre ombre (un brin lointaine).

Est-ce que je vous aime ?
Sans toi, pas d'indice.

20100705

Time is running out

Beaucoup de jours sans message,
Mais aucun sans pensée.

Je tremble de peur à l'idée de t'écrire.

20100617

Jour d'orage et de pluie

 
J'aimerais bien lire ta dissertation de philo d'aujourd'hui...
 
Bon courage !

20100529

Télégramme ("Encore plus loin, ailleurs")

Cher W.,

Je t'ai dit que je te raconterai. Toutes mes excuses pour cette attente.
Peut-être que ces derniers jours ne valaient pas la peine d'être
racontés. Parfois aussi, la vie est comme un long vol en avion duquel on
voudrait bien sortir quelques instants pour se dégourdir les jambes.
Alors on fait comme si on l'oubliait.

Je pense déjà depuis quelques jours à la lettre que je t'enverrai pour
ton anniversaire. J'aurais aimé te l'envoyer sur ton adresse mail, pour
te donner le choix d'y répondre ou pas sans avoir l'air d'attendre
quelque chose. Mais je me doute que cette adresse n'est plus valable. Et
comme tu as supprimé l'option "envoyer un message" sur Facebook, ma
seule façon de te joindre est de te demander comme "ami". C'est la pire
solution, je le sais...

Je n'ai pas envie d'être ton ami sur Facebook, je voudrais simplement te
dire que je pense encore à toi, que j'aimerais que notre histoire
continue d'une manière ou d'une autre, ou pas mais qu'au moins elle
s'arrête dignement. Si elle ne continue pas, cela me ferait moins
souffrir de pouvoir te dire au revoir, ou adieu - au lieu de rester sur
le brutal silence que j'avais par mes maladresses provoqué.

Mon bébé... Voici mon plan : je n'ai pas de plan.

S'il n'y a pas d'autre issue, je veux seulement te remercier pour les
moments que nous avons passés ensemble et qui ont pour moi été si
proches de ce qu'on appelle communément : joie.

Il m'importe encore plus de te demander pardon pour mes bêtises et pour
ces affreux instants que tu as dû subir par ma faute. Je n'ai pas
d'excuse, si ce n'est que la joie rend ivre.

Tu sais tout sur mes tentatives de retrouvailles...

Et que la vie reprenne son cours !

Je t'embrasse

Tristan

20100514

Out of Marrakech

Cher W,
Je pars demain. En me relisant, je ne trouve rien de décisif. Suis-je idiot ?
Sans doute.
Je passe la moitié de mon temps à te demander pardon.
Il faudrait que ça cesse !
Si tu avais vu les montagnes couvertes de neige au loin, je suis certain que tu aurais frémi avec moi.

20100430

"On ne part pas"

La valse des départs et des arrivées commence.
Seul moi pour l'instant sans nouvelles - et curieusement c'est plus l'heure du départ qui m'inquiète que celle de l'arrivée.
Si je pouvais partir, laisser cette violence derrière moi : cette angoisse que j'avais insideusement transformée en mépris et qui me revient en pleine face : c'est moi le méprisé, à présent.
Je relis le journal de Guibert - j'ai envie maintenant de trouver ses romans.
Toujours incapable de sortir de cette chambre qui se transforme peu à peu au mieux en niche, au pire en tanière. J'ai vu un cafard, l'autre jour, et Kafka fait de nouveau irruption dans ma vie. Incapable d'aller jusqu'à la bibliothèque pour rendre mes livres : le symptôme se précise.

Reportage sur les lycéens qui préparent le bac : seule petite idée que je peux avoir de ta vie. J'aurais tant besoin que nous puissions encore une fois faire quelque chose ensemble. Même une toute petite, même juste prendre un café, ce qui serait comme un peu d'oxygène au cours d'une longue asphyxie.

Je te souhaite anonymement et secrètement bon courage - si le monde était bien fait, tu devrais tout de même le sentir d'une manière ou d'une autre.

20100423

20100419

Le moment de la vérité

Je suis toujours surpris de l'importance que les gens ici donnent à l'apparence, à la façade et de ce message que livre un tel voile solide (presque un mur, donc): tu connaîtras tout, sauf moi. C'est pourtant quelque chose que je pratique allégrement, mais, n'ayant de familiarités avec quasiment personne, je ne trouve pas les clefs qui me permettraient de me sentir à l'aise avec les gens. D'autant que ce qui fait la différence, c'est une sorte de foi intense dans ces murailles alors que chez moi ce n'est qu'une sorte de brouillard, l'intérieur de la poule étant plus important que les plumes.
Evidemment, mon existence à moitié nomade me protège plus efficacement, c'est peut-être l'explication.

Mon petit poulet - j'ai rêvé de toi cette nuit, dans des sortes de retrouvailles qui si tu les vivais oniriquement en simultané feraient de notre existence une sorte de roman à la Marc Levy (yuk, n'est-ce pas , Dégoûtant). Pourtant : mon ravissement cette nuit et ce matin. Me pardonneras-tu d'être incurable ?

Le nuage ! Vérité du monde réel contre l'homme marionnette.
Vérité du monde marionnette contre l'homme réel (le business man).

Je n'ai pas envie de travailler, mais de me promener dans les bois et de faire de l'aikido - peut-être la seule vérité du jour.

Est-ce que tu vas bien ? Pourrais-je le savoir un jour ?

20100416

Catastrophe naturelle

Guillaume Durand et Michel Onfray la semaine dernière : Freud est un charlatan, un imposteur, et toute rhétorique fasciste de revenir en force à la télévision.

Comment s'étonner après cela des éruptions volcaniques qui clouent nos avions au sol ?

20100414

Crash test ( I-pad in a blender) - copie d'une lettre à gaël et à mes amis si lointains

 
 
 
Cher Gaël,
 
 
J'avais le sentiment en t'envoyant le dernier e_mail - message dans la bouteille, si tu veux, mais pourquoi avoir rajouté cet "empty" qui excède les paroles, alors qu'il est déjà sous-entendu, sinon pour souligner que "jamais un message ne comblera le vide de la bouteille" ? - et sans négliger ton aversion pour l'analyse relationnelle que c'est un malentendu qui nous lie  et nous sépare finalement : ton détachement apparent et trop souvent souvent affirmé pour la machine de guerre institutionnelle, je l'avais pris pour une résistance alors qu'elle ne traduit qu'un amour immodéré pour elle.  Quant à moi je squatte des hôtels en prétendant qu'une entreprise supplérait à une rencontre.
Deux ironies qui paraissaient si semblables il y a dix ans et qui n'ont presque plus rien à voir aujourd'hui, comme tu le reconnais toi-même.
 
Je suppose pourtant qu'au bout du compte ces deux positions se rejoignent - nous nous tromp(i)ons tous les deux -, mais je n'en suis pas sûr.
 
Tu as lu les mandarins ? C'est un roman totalement mal écrit et inutile - il aurait pu être remplacé par un essai de 30 pages - et ma récréation du moment : il chante l'hymne à la morale - Qui donc vit comme il faut ? - et ses apories, c'est pour cela que j'en viens à aimer Lacan ("l'homme est celui qui rêve évéillé")
 
Je sais que c'est idiot, mais je ne me relève pas de nos derniers échanges - d'où mon appel au secours :  je t'en veux toujours pour ton train manqué vers moi, comme je m'interroge sur ta manière de m'avoir laissé dans ton appartement vide comme une bouteille contenant le message adressé au junky que je suis devenu : "ashes to ashes", et surtout sois sage.
 
 Mais sage j'espère bien ne l'être jamais - en toute ironie bien sûr. Ne m'en veux pas pour ces paroles en télégramme qui sont un si pauvre substitut d'une bonne discussion entre amis : tu me manques et la rhétorique n'y peut rien.
 
Je t'embrasse depuis mon bar menacé par 46 polonais qui boivent pour oublier, et je n'écris rien sur ton mur.
 
Je serai à Villars cet été.
 
Tristan

20100409

"Savoir y faire avec le refus du réel" (Pélerinage, débilissime ?)

Lorsque j'ai demandé à partir pour la montagne, sans doute ai-je espéré vaguement revenir près de mes souvenirs.
Ainsi vais-je pouvoir poser mes mains là tu as posé les tiennes lors de notre première rencontre, reprendre ces mêmes trains, passer devant ton anciene chambre, m'asseoir à la table même où nous nous étions installés, après l'exposition Chagall.
Certes tu ne seras pas là, mais les pélerins vivent-ils autre chose qu'un erzatz du passé ?
Même si c'est pour faire le deuil de notre histoire, je suis heureux de le faire dans ces conditions, au point même du jallissement.

Je te demande pardon d'être aussi idiot ; je n'arrive pas à m'empêcher de penser à toi.

20100401

Infidèle (le remède pire que le mal)

Mon petit copain a été licencié au bout de deux jours et a dû retourner à Casablanca.
C'est vrai qu'il n'a pas grand chose dans la tête, aussi bien au travail que la nuit. Et pourtant on ne doit pas manquer d'égard pour un homo qui doit faire semblant d'être un homme, dans un pays où l'homosexualité est toujours un délit. Et pourtant, aussi, il fait très attention à ce qu'on lui dit. Et j'aime la simplicité. Je crois que je suis un paysan qui s'ignore.

Tu dois me pardonner. C'est si bienfaisant de s'endormir près d'un garçon qui te serre dans ses bras...
Pourquoi ces vacances n'ont-elles pas duré au moins une semaine ?
Peut-être, si cela avait duré une semaine, aurais-je demandé une semaine supplémentaire ?
Jusqu'où va la mauvaise fois...

Cela ne veux pas dire que tu ne me manques pas. Simplement qu'il m'arrive de manquer de courage.

Je pense à toi

20100326

Carte Postale 2/3 : Gens de Paris

Revoir des visages, qui, au contraire des murs, ont changé, entraînés dans l'existence par quoi ? Le temps, le destin ou le hasard ?
Chacun s'est rigidifié dans le rôle qu'il a choisi. Par reflet je m'imagine ainsi plus dur, moins flexible, marqué par les dix dernières années - Immobile aussi sur certains points.
La mère, l'amant, l'ami, la patronne du café : comment résister, au sein d'un décor, à son personnage de carton ?

20100325

Les bosons de Higgs et la Lune Verte

Quelques milliards d'années plus tôt, la matière rassemblée dans l'espace d'un terrain de foot.
Ainsi, nous fûmes déjà proches physiquement.
Chacune de nos molécules, avant même d'être constituée a vaincu son double d'antimatière.
Comme l'idée de Dieu est triste, par rapport à cet éclair.

Et, en même temps, tout est normal...

20100322

Carte Postale I : Les murs de Paris

Mon petit poulet,

Les murs de l'aéroport, si sales, même pas entretenus
Les murs du RER en mode mixte Réparation / Ruine (La station Luxembourg, d'ailleurs)
Les arrières murs qui disent la vérité sur les supermarchés de banlieue
Les murs d'Henri IV, que rasent ses élèves si semblables à ceux de mon temps
Les murs du Finnegans wake, mon repaire, là où repose une partie de ma bibliothèque, en sursis (scission prévue en murs , fond de commerce, Licence IV)
Les murs du cinéma, un film sur le bar - A Good Heart - et sa morale : "un homme doit pouvoir partir à la guerre et revenir dans son bar inchangé"
Les murs des appartements des amis, à l'intérieur desquels je me sens si bien que je ne parviens pas à dire la solitude des autres jours.
Les murs de Beaubourg, ma maison, ce lieu de bonheur inoxydable

Les murs inconnus que tu fréquentes, et qui sont bénis par ta présence