20100228
Z - Le temps de conclure
Tant de zigzags,
Tant de rêves ?
L'abécédaire est fini, il faut trouver un autre projet.
Un calendrier de l'avent ?
Trop tôt...
Alors, en attendant, toujours quelques lettres éparses. Témoins de mon témoignage.
Dans quelques jours, Paris, afin de distraire un peu le présent par le passé.
Je t'enverrai une carte postale de pensée, espérant qu'elle te rejoigne, au moins dans une autre dimension, sinon dans un de tes beaux rêves.
20100131
Y - Le chemin de Pythagore
Question de CLG (culture littéraire générale) :
"L'embranchement dans une œuvre de votre choix"
20100122
X - Il n'y a plus d'inconnu(s)
Je me rends compte qu'avant de te rencontrer il me manquait quelqu'un et que depuis notre séjour à Villars c'est toi qui me manques.
Le reproche que je me fais souvent c'est de n'être pas vraiment amoureux mais de rêver de l'être. Comment faire autrement ? Tu es si loin, j'ai tellement peu de lumière de toi me parvenant, qu'il faut bien pour compenser qu'embraye l'imaginaire. J'espère avoir la chance dans l'avenir de partager encore quelques moments avec toi.
Je continue de penser à toi.
20100110
W - Willy
Que raconter, et comment, en espérant être à la hauteur ?
Une rencontre bien improbable, une rupture inévitable et tellement douloureuse.
Un enchantement de quelques jours qui a eu pour cadre un vieil hôtel, un petit train, une salle de spectacle et quelques tableaux .
Une matière bien suffisante pour durer, en somme.
20100109
V - Voix (donner de la)
Quant à moi, qui vais sur mes trente ans, n'est-il pas temps de donner de la voix, d'écrire enfin quelques pages suivies, de construire des paragraphes aussi volantaristes qu'un chant ?
Le chant du rêve qui cette nuit si je l'analyse correctement m'enjoignait de renoncer, non pas au monde mais à l'art, puisque je voyais tous mes anciens amis devenir fous et que j'abandonnai la course avant une montée inattendue, craignant l'effort, mais à ma vie présente, dissipée, inutile, improductive ? Est-ce le sujet qui parle ?
20100108
U- Joker : je ne trouve rien à dire sur ce U (Proust by himself)
| Your favourite virtue. | Le principal trait de mon caractère. | Le besoin d'être aimé et, pour préciser, le besoin d'être caressé et gâté bien plus que le besoin d'être admiré. |
| Your favourite qualities in a man. | La qualité que je préfère chez un homme. | Des charmes féminins. |
| Your favourite qualities in a woman. | La qualité que je préfère chez une femme. | Des vertus d'homme et la franchise dans la camaraderie. |
| Your chief characteristic. | ||
| What you appreciate the most in your friends | Ce que j'apprécie le plus chez mes amis. | D'être tendre pour moi, si leur personne est assez exquise pour donner un grand prix à leur tendresse. |
| Your main fault | Mon principal défaut. | Ne pas savoir, ne pas pouvoir « vouloir ». |
| Your favourite occupation. | Mon occupation préférée. | Aimer. |
| Your idea of happiness. | Mon rêve de bonheur. | J'ai peur qu'il ne soit pas assez élevé, je n'ose pas le dire, j'ai peur de le détruire en le disant. |
| Your idea of misery. | Quel serait mon plus grand malheur ? | Ne pas avoir connu ma mère ni ma grand-mère. |
| If not yourself, who would you be? | Ce que je voudrais être. | Moi, comme les gens que j'admire me voudraient. |
| Where would you like to live? | Le pays où je désirerais vivre. | Celui où certaines choses que je voudrais se réaliseraient comme par un enchantement et où les tendresses seraient toujours partagées. |
| Your favourite colour and flower. | La couleur que je préfère. | La beauté n'est pas dans les couleurs, mais dans leur harmonie. |
| La fleur que j'aime. | La sienne- et après, toutes. | |
| Your favorite bird | L'oiseau que je préfère. | L'hirondelle. |
| Your favourite prose authors. | Mes auteurs favoris en prose. | Aujourd'hui Anatole France et Pierre Loti. |
| Your favourite poets. | Mes poètes préférés. | Baudelaire et Alfred de Vigny. |
| Your favourite heroes in fiction. | Mes héros dans la fiction. | Hamlet. |
| Your favourite heroines in fiction. | Mes héroïnes favorites dans la fiction. | Bérénice. |
| Your favourite painters and composers. | Mes compositeurs préférés. | Beethoven, Wagner, Schumann. |
| Mes peintres favoris. | Léonard de Vinci, Rembrandt. | |
| Your favourite heroes in real life. | Mes héros dans la vie réelle. | M. Darlu, M. Boutroux. |
| Your favourite heroines in real life. | ||
| What characters in history do you most dislike. | ||
| Your heroines in World history | Mes héroïnes dans l'histoire. | Cléopâtre. |
| Your favourite food and drink. | ||
| Your favourite names. | Mes noms favoris. | Je n'en ai qu'un à la fois. |
| What I hate the most | Ce que je déteste par-dessus tout. | Ce qu'il y a de mal en moi. |
| World history characters I hate the most | Personnages historiques que je méprise le plus. | Je ne suis pas assez instruit. |
| The military event I admire the most | Le fait militaire que j'admire le plus. | Mon volontariat ! |
| The reform I admire the most | La réforme que j'estime le plus. | |
| The natural talent I'd like to be gifted with | Le don de la nature que je voudrais avoir. | La volonté, et des séductions. |
| How I wish to die | Comment j'aimerais mourir. | Meilleur - et aimé. |
| What is your present state of mind. | État présent de mon esprit. | L'ennui d'avoir pensé à moi pour répondre à toutes ces questions. |
| For what fault have you most toleration? | Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence. | Celles que je comprends. |
| Your favourite motto. | Ma devise. | J'aurais trop peur qu'elle ne me porte malheur. |
20091217
T - Transit
Ce qui doit être frustrant, au moment de sa mort : ne pas pouvoir ressaisir toute l'expérience, reconnaître certains extraits de la connaissance comme hors d'atteinte, la totalité finale ("qu'on ne peut juger de notre heur...") qui se refuse à la recollection.
Ou bien, se placer dans l'ici et le maintenant, et considérer que, l'instant de sa mort est à proprement parler le bout du voyage, là où mon existence m'a placé, comme un destin a posteriori.
La seconde situation, loin de le première - trop morale de dentiste, comme dit Lacan - me semble davantage digne d'être vécue, lorsque le moment sera venu. Mais sans doute, la première devant être donnée d'emblée, nécessite-t-elle davantage de préparation.
20091213
S - Où il ne sera pas question de solitude
Mais, quand même, ce grand point d'interrogation sur le tableau de ta vie.
20091205
R - Reste que je suis ici
Ici, aujourd'hui,
Pas de corps, de visage qui accrochent - pas de parole, douce ou amusée - les parfums, les couleurs ne recouvrent aucune profondeur, tout est donné d'emblée. Cela devrait me reassurer, ce désabus, cette déconstruction des apparences. Et pourtant je ne trouve que source d'angoisse
Restent de beaux livres et films - de l'amour en conserve ?
R encore : regrets, roman, rire ?
Quelques phrases ramenées de la bibliothèque :
"Et je pense, avant de sombrer dans le sommeil, confusément : il y a la réalité, et il y a les rêves, et puis il y a une seconde réalité (...) un maladroit besoin d'épaissir la vie" (Gide, SI le Grain ne meurt)
"Wilde commença de rire, d'un rire éclatant, non tant joyeux que triomphant, d'un rire interminable, immaîtrisable, insolent, et plus il me voyait déconcerté par ce rire, plus il riait"
"Depuis, chaque fois que j'ai cherché le plaisir, ce fut courir après le souvenir de cette nuit." (ibid)
20091129
R (suite) - Récit du pays des âmes laineuses
Autre chose : ce mouton, que l'on a égorgé dans la cour derrière le bar, sans douceur (pas comme celui d'un des barmen simplet et donc si gentil, qui a parlé à son mouton, lui a donné à boire et demandé de renoncer à la vie - ce qu'il a fait en toute connaissance de cause et avec bonne volonté - et n'a pas regardé lorsque son père à tranché la gorge de l'animal ).Je tentai de me mettre à sa place : ne pas avoir peur de la mort, et attendre sans aucune émotion le couteau. Répandre ce sange rouge vif et laisser son corps se secouer de spasmes pendant que les exécuteurs se peignent le visage avec la vie qui s'en va. Si je méditais assez- c'est-à-dire si je savais m'asseoir, simplement m'asseoir - je n'aurais sans doute plus peur de la mort. Mais je ne suis pas encore assez zen : l'intérieur exposé de ce mouton m'a troublé.
Comme il n'y a pas de hasard, j'ai emprunté à l'institut français un film de Nicolas Philibert, Retour en Normandie - je savais, mais j'avais oublié avant de le revoir - qu'il s'agissait d'une étude sur les traces du film "Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, mon père et mon frère...".
Je dors bien, pourtant...
20091124
R - Rites, rituels enchâssés (zones squameuses du langage)
Les rituels qui se laissent saisirs comme tels, où la contrainte ne cesse d'être formalisée pour se laisser voir comme telle : l'aikido, le zen
Les rituels refoulés, le désir inconscient de : le journalisme, la politique, l'école parfois - le lieu du pouvoir en somme.
C'est de là que l'âme perd des écailles qu'on peut suivre sur le sol et parfois laisser nous étouffer alors qu'elles s'amoncellent.
20091123
Réduit à quia (Marcher tout doucement vers une fontaine)
Sur le silence : "Le secret, cette réserve qui, si elle parlait, la faisait différer de parler, lui donnant parole en cette différence.
"Vous-ai-je jamais promis de parler ?" - "Non, mais c'est vous même qui étiez, ne disant rien et refusant de rien dire et restant liée à ce qui ne se dit pas, promesse de parole."
Ils ne parlaient pas, ils étaient les répondants de toute parole encore à dire entre eux" (Blanchot, L'attente l'oubli)
Pardon pour toutes ces idées amassées comme au hasard... Je n'ai pas le temps de faire d'aussi joli paragraphes que je le voudrais.
Mais quand même l'espoir d'être des répondant de toute parole encore à dire entre nous
20091113
P - Psychanalyse ("Ne cède rien sur tes désirs"), Politique (One-dimensional man), Paris Métropole
Je note que chez moi Il n'y eu langage (langage conforme aux attentes, langage de briques) que lorsque les désirs furent ignorés, ou non assumés, ou brimés. Ensuite, le "dit du désir" transforma la parole en bribes, en fragments, en ennui. Il n'y a plus de désir de phrase - mais alors c'est un langage, poétique, dans le sens ou il s'hallucine du désir - que lorsqu'il y a de l'amour, ou , du moins, de l'érotique.
De même, la politique, la vraie, ne sort pas du langage (il faudra en reparler)
Politique personnelle : la morale. Comment devons-nous vivre ? En mouvement, toujours, ne rien accumuler mais maintenir une posture juste. Aussi douloureux, profitable à long terme au moral qu'au physique. La vie à l'étranger (traces de Paris), expatriés snobs et inquiets de l'institut français de Marrakech. Que va-t-on chercher dans la présence française à l'étranger. Le nom d'un café : comAparis (le A comme figuration de la tour Eiffel). Et moi-même, rassuré par la présence de ces livres, de cette programmation cinématographique si convenue. ET, quand même, sous la forme d'une muraille, d'une chaîne de montagne, un peu d'étrange....
La chronique, parler du temps, de la route du temps sur laquelle on chemine, de l'époque qui nous déchire de ses barbelés, c'est aussi de la politique.
20091109
O - Oubli ("à toutes les femmes que j'ai aimé un jour.")
Le centre donc, et la figuration d'une route autour du vide, la voie zen.
Le refus de l'oubli : le premier mot, qui en appellera d'autres - l'incipit, rompant la page blanche, fait du vide le lieu de naissance de l'histoire. Absence, présence, le O se retourne ainsi à la façon de l'anneau de Moëbius.
N - Numéro 6 ("... Pour trouver du Nouveau !")
Dure journée aujourd'hui, et de nouveau les belles idées qui m'apparaissent encore parfois au matin s'évanouissent quand vient le soir, et pour toi il ne reste plus qu'un souffle. Soit espérer que quelque chose finira par passer, ou bien changer de rythme...
20091102
M - Mensonge et messages (larvatus prodeo)
Notre histoire a commencé dans le mensonge, et s'est terminée douloureusement dans la vérité. Horreur, n'est-ce pas ? Et pourtant, quels beaux moment passés ensemble...
Alors, cela me porte à croire que lorsque le langage se distend, se dissimule, le social se transforme. Et derrière l'écran du mensonge, une dépression, un vide s'installe : comme celui qui soutient le vol des avions. Ainsi, certains pensent qu'un avion s'appuie sur l'air pour voler, alors qu'il est aspiré par le vide qu'il crée en avançant. Le vide dans le social permet un déplacement inédit. Avec toi je me suis senti plus vivant que jamais, exister, finalement.
Toutes les implications de cette découverte... Le zen, la résistance, la philosophie morale...
20091027
L - Littérature et supplément (Montaigne en son château) - Chanson de la plus haute tour
Qui vient s'ajouter aux dix ans d'ajournement en ce qui concerne la littérature dans ma vie.
La littérature c'est : ou bien un monument dédié aux morts, mais qui grâce aux magouilles propres à l'exercice de la parole est loin de les faire se tenir tranquilles (Proust).
Ou bien, le petit ruban volé chez Rousseau, péripétie initiale qui se déroule presque sans s'en apercevoir, mais qui donne lieu à l'apparition de l'auteur, si ce n'est de soi-même.
Ou encore, c'est aux abords du Réel qu'elle se situe, entraîné par son vide qui lui arrache les symboles. "Introibo ad altare dei". Et Joyce, bien sûr.
Alors, de la tour lisante (bibliothèque) / écrivante (Essais) de Montaigne (un "phare" baudelairien ?) au dangereux supplément, que dire de cette "soif malsaine" ?
Rien qui soit sûr... Mais où d'autre habiter ?
Je pense à toi, depuis cette place Jemâa el Fnâ, "Patrimoine immatériel de l'humanité", en me demandant, qui d'elle ou de moi, est le moins matériel...
20091008
K - Kilomètres aller-retour ("Faire le thé et partir")
d'une révolte adolescente contre les acquis petit-bourgeois - et sans
renoncer vraiment aux charmes de ceux-ci ? Par la force des choses, ou
bien par un choix pas vraiment formulé ?
Cela ressemble à s'y méprendre à une fuite. A moins de considérer un
autre aspect, celui qu'éclaire Barthes (sur un autre sujet...) en
définissant dans "L'intervalle" le Ma et l'Utsuroi japonais : d'un côté
"toute relation, toute séparation entre deux instants, deux lieux, deux
états", de l'autre "le moment où la fleur va faner, où l'âme d'une chose
est comme suspendue dans le vide, entre deux états."
A l'aide de ces déplacements géographiques,aussi, donner à ma vie la
profondeur de l'imaginaire ou le volume romanesque qui lui manquent.
20091005
J - Japon (carnets de quand tu n'es pas là)
fils et petit fils de premier ministre. La démocratie n'empêche pas les
dynasties...
La France devient de plus en plus grise et froide, heureusement que je
vis plus au sud...
Pas encore le Japon, hélas. Ni un travail honnête de planteur de riz qui
apprend l'aïkido.
Et toi ?