20240623

Philharmonie

Aujourd'hui j'ai commencé à dire au revoir à des endroits que je ne toucherai plus.
Le temps passe

20240610

Promenade

‌Il est bien tard, ce soir, sur l'Europe, qui continue petit à petit à se durcir, à se rigidifier, à se putréfier... J'aurais bien aimé vivre dans un temps plus joyeux, dans un cycle de découverte de l'autre et d'ouverture... Mais on ne décide pas de sa position dans l'univers !
Ce serait d'ailleurs une erreur de l'univers, tu dis, que je me sois intéressé à toi, et pendant si lontemps ... Peut-etre ! Mais il persiste. Figure toi que la même semaine où tu m'écrivais de nouveau après un si long silence, je recevais un message d'une connaissance dans la cave de laquelle j'avais laissé une valise depuis de si nombreuses années que je la croyais à jamais perdue ou jetée. Vendant bientôt son appartement, elle me demandait de venir récupérer la valise si j'y tenais encore. De mémoire elle devait être là depuis 2007, quand je l'avais laissée au retour d'une saison à Val Thorens. Je m'attendais donc à y retrouver ma tenue d'aikido, quelques vêtements d'hiver et peu de choses importantes. Mais voilà que la ramenant chez moi, difficilement (c'est une vieille valise d'un modèle disparu), je l'ouvre et m'aperçois qu'elle a été mise là en 2008, à mon retour de Villars. Une capsule temporelle d'il y a seize ans... Il y avait à l'intérieur ce que j'avais prévu, mais également une compilation de Joe Dassin (intitulée "l'éternel"!), et les mails que je t'avais envoyés pendant ton stage aux Glénans et que j'avais imprimés avant que la boîte mail des bars ne soit réinitialisée. Je ne crois pas aux desseins cachés de l'univers, mais j'apprécie les coïncidences qui réjouissent mon âme de poète. Toi et ces lettres oubliées qui réapparaissent la même semaine !
Je ne sais pas si j'ai su t'apprécier à ta juste valeur - je ne te connais pas très bien et ne t'ai aperçu que si peu de temps (nos rencontres, mises bout à bout : quinze jours au club Med, une fin d'après midi et une nuit à Montigny le Bretonneux, quelques verres et repas dans le 5ème arrondissement de Paris), et sinon de loin, dans une course d'étoile filante : Paris, l'Australie, Chicago, Londres (et la suite dont je ne me doutais pas!). D'un point de vue strictement scientifique mon attachement à toi est dû plus probablement à architecture singulière de mon désir et aux dispositions particulières de l'univers. Pourtant je ne peux m'empêcher de rêver à une promenade avec toi, où tu me dirais tes rêves, tes aventures, tes blessures, la simplicité du quotidien, et où l'on partagerait notre présence et la joie d'être au monde. Depuis que l'on s'est rencontré je n'ai jamais perdu l'espoir de cette promenade, et je te suis bien reconnaissant de m'offrir de nouveau, avec tes lettres, la réalité de ta présence - qu'importe si nous sommes loins et qu'importe le risque que ces échanges soient de nouveau trop brefs, que tu t'éloignes de nouveau. Ce temps aura existé !

Bon, je m'enflamme, c'est l'heure tardive, les élections, le manque d'habitude que j'ai de t'écrire...
Ce que tu me dis de ta santé, de ta carrière, de ta difficulté à être heureux me touche et m'inquiète. Tu as vraiment dû traverser des moments difficiles, et c'est dur à la fois d'entendre ça et de me dire après coup que je n'ai rien fait  qui puisse t'aider. Dans ce que tu me rapportes il me semble pourtant reconnaître, et ça me rassure, cette force et cette volonté qui te caractérisent si bien. Avoir delaissé un travail que tu avais choisi et pour lequel tu étais doué dénote un grand courage, je n'imagine pas ce que tu as dû supporter avant d'en arriver là. La souffrance de ne pas se sentir libre ou épanoui dans une activité qu'on aime et qui donne du sens à la vie est un bon carburant pour devenir fou de tristesse.  Je te retrouve aussi lorsque tu te décris comme un arbre au tronc de roseau et au feuillage de plomb. Cette image, terrible pourtant, me fait penser aux dessins que tu faisais. Est-ce que tu dessines toujours ? Je ne sais pas comment ton corps-vaisseau te mène et quelles sont les embûches que tu rencontre au quotidien, mais  pratique du yoga est une vrai surprise pour moi, je ne t'aurais pas imaginé en faire (tu vois que je te connais bien mal!), mais c'est une incroyable richesse (pas seulement parce que tu peux en faire un métier...) : avoir une telle pratique et pouvoir la transmettre, c'est vraiment une chance... Quant au sentiment d'être maudit... Tu m'en diras plus, si tu veux. J'espère que ton existence à Montréal s'organise bien, que tu rencontre des personnes chaleureuses, que le printemps rend ton existence légère...

J'ai mille questions à te poser, en fait...

Je me prépare à partir trois jours en Lozère avec des collègues pour une rencontre autour de la psychiatrie dont le thème est "obéir n'est pas soigner", il faut qu'on termine d'écrire notre intervention d'ici là. J'ai hâte de te raconter. Prends soin de toi !
 

20230808

Nouveau souffle après grosse vague

Je te souhaite toujours ton anniversaire, je te prie de m'en excuser. Comme tu me l'as dit dans ta dernière lettre (elle date déjà d'il y a longtemps...) Peut-être que la personne que je recherche a disparu.
Je ne sais s'il y a une logique - mais même la folie suit sa propre logique - au fait que je te maintienne a cette place qui, tu ne cesse de me le clamer, n'a aucun rapport avec qui tu es en réalité. Tu es l'autre en moi-même, voilà tout, avec qui je veux partager le plus possible et, après tout, tu n'est pas obligé de me lire.

J'aimerais bien ressentir de nouveau ce qui me traversait de bon lorsque je pensais à toi. Mais ça commence à être bien loin. Pourtant, ce que tu représente pour moi est toujours là. Peut-être qu'un jour, quelqu'un d'autre prendra cette place ? Ou peut-être encore, une nuit, tu retrouveras l'envie de partager des choses avec moi!


20220529

Tombeau des tristesses

Tant de fois ces pages ont recueilli mes larmes. Je voudrais leur laisser en garde mes tristesses. Afin d'être un peu heureux (et pas seulement joyeux quand il y a de la musique)

20200727

La plus belle journée de Paris

‌Il y a bien longtemps que je n'avais pas été à Paris à la fin du mois de Juillet. C'est sans doute pourtant le meilleur moment pour y être : aujourd'hui le ciel était bleu tropique.
Mon numéro adeli, Documenteur et kung-fu master de Varda, le soleil, les arbres et al lumière. Ce moment de ton anniversaire approchant et la joie d'y penser (après la journée en Suisse de la semaine dernière. Ce serait bien que je développe davantage demain.

20200706

Du bruit du vent, du coucher de Lune sur le Nil, à l'hôpital psychiatrique

‌Il y a trois jours, j'écoutais le bruit du vent dans les arbres du jardin où je suis né. Dans l'avion qui m'en arrachait - à ma demande - je voyais filer sous moi les lumières de l'île s'éloignant à toute vitesse, un peu plus loin  les côtes de la Somalie, si droites, si alliées à la mer et à ses vagues. La lune éclairait brièvement les lacs, qui semblaient alors foudroyés. Plus loin encore, si rapidement, cette image, ce coucher d'une Lune orange et grosse, au dessus des méandre du Nil bordé des lumières (ou l'Atbarah ?) d''Al-Damar. PUis le Mont-Rose, le Mont-Blanc, Chamonix, verticale Villars. Aujourd'hui entretien à Saint-Maurice, je ne suis pas très bon, mais ça passe, je suis pris. D'un coup je deviens psychologue. Des changements s'annoncent. Je me promène à la Philharmonie moins pour préparer le prochain concert (le seul de juillet) que pour en respirer l'air.
Je souhaiterais garder à l'esprit cette atmosphère mélangée, mon état d'esprit étrange. Ai-je réussi à noyer la solitude ?
Il faudrait que j'écrive tous les jours, que je respire...

20200612

Objectif - direction - aveu

Cher William,

´Où vont-ils?

Berger? berger? où vont-ils?

Il ne m'entend plus. Ils sont déjà trop loin…

Ils ne font plus de bruit…

Ce n'est pas le chemin de l'étable…

Où vont-ils dormir cette nuit?

Oh! oh! il fait trop noir…

Je vais dire quelque chose à quelqu'un…´

20200610

Retour à la source



Cher William,

J'ai beaucoup écrit à d'autres que toi, sur ce blog qui t'était pourtant destiné. Je ne peux pas effacer ces autres, mais je souhaite à présent - tu me questionneras peut-être à juste titre sur la valeur de ce présent, pour ce qui est pour toi si révolu qu'il n'en reste peut être rien, et qui pour moi n'est que passé, c'est-à-dire suffisamment proche de l'avenir pour mériter qu'on s'y attarde afin de le vivre - te le consacrer de nouveau, à toi seul, à moi seul, à nous deux d'alors, seuls chacun de leur côté.

J'espère que tu liras ces lignes un jour, et que tu ne les jugeras pas trop sévèrement.


20200530

...

Il n'y a pas de guerre et pourtant c'est la guerre. Les mots des autres me parlent - je suis parlé - et le silence devient impossible. Je voudrais trouver ma place, que tu ne sois pas trop loin. Alors je me cache et lis des amis. Leur parole est douce, mais je n'entends pas leur voix.

20200520

Un jour

Un jour glissé dans un enchaînement fatal. Trace symbolique d'un combat souterrain quand à la surface partout on - puis-je encore dire je? - semble sonner la défaite. Un moment où dans le mot recommencement résonne tout à coup autre chose que la répétition. 23h37, le vent se lève, je rêve que son chant dans les branches est ta voix, doucement proche de mon oreille, comme un soutien à l'espoir, mot trouvé-créé.

20200505

Baisers du soir (tu existes)

Te parler d'Heraclite et de Blanchot, de Derrida et de Levinas. Imaginer que tu es là, lisant sur le lit une pièce de théâtre dont tu me lirais une scène. Je rêve aussi de la fleur que j'aurais cueillie pour toi, comme je le faisais parfois pour G. là-bas, sur l'île. La répétition simple des jours et l'espoir de nos rêves, la douce présence de ton corps qui ne serait qu'une perpétuelle découverte, un infini voyage. J'imagine en te disant cela un couple qui répéterait inlassablement, jour après jour, la journée idéale, comme pour une pièce de théâtre - ce texte finirait mal, sans doute! En attendant t'écrire et penser à toi, rêver de toi, m'apaise. Tu me raconterais ta journée doucement, à l'oreille?

20200426

Help ? (Mécanique des cyclones)

J'ai besoin de t'ecrire plus souvent si je ne veux pas mourir. Poleward outflow..

20200424

« Je pense à toi tous les jours »

Cette phrase m'accompagne depuis ton dernier message. Comme je l'ai lue presqu'en même temps que l'article de Derrida sur ´l'invention de la vérité ´, je ne sais ni comment la recevoir, ni comment l'entendre... M'aurais-tu dis que tu pensais à moi tous les jours ? Mais voulais tu dire ´penser' ou bel et bien ´penser'?. Je n'ose y penser, enfin à toi, si, bien sûr. Je m'inquiète et je m'en veux d'espérer trop de ta pensée de ou à moi. Je laisse juste flotter cette déclaration ( mais est-ce une simple déclaration, ou une déclaration ?), dans mon ciel. 

20200412

S.O.S

Je ne t'ai pas écrit depuis plus d'un mois... Je ne vais pas bien du tout. On se fait un bon petit déjeuner demain, juste nous deux ?

20200301

Je me faisais une telle joie...

De passer un peu de temps avec vous que je n'arrive pas à être inquiet - pas de raison de l'être d'ailleurs. Je suis triste et je vous en veux de me faire faux bond, et d'effacer par ce même défaut la présence aimante et continue des autres

20200225

Se rappeler de vivre

Apres l'avalanche de soucis du soir, envisageant d'avance ceux du lendemain, déplorant une nouvelle fois l'absence d'épaule consolatrice, je lève des yeux surpris sur le brin de mimosa survivant déposé le matin sur la petite étagère de ma salle de bains. Ressuscité plus que survivant, entraînant dans son parfum les souvenirs renaissants des jours de paix des vacances.

20200221

Carte Postale





Je voulais attendre la fin de ma semaine de vacances pour t'écrire, et te raconter de beaux moments de joie que j'aurais aimé partager avec toi. Je te ferai une lettre plus longue dans le train du retour. Mais je voulais tout de même t'adresser quelques mots, car je sens bien que si je ne te parle pas pendant quelques jours les angoisses reviennent... « Ô saisons, Ô châteaux, quelle âme est sans défauts ? » Je pense à toi. Que deviens-tu, dans ton île maintenant détachées ?

20200216

Serment du Pata Negra (Réhab)

Si je suis venu ici, c'est autant, je m'en rends-compte, pour fuir la mort - mon mode de vie- que pour la retrouver - les archives de T, mêmes initiales, causes sinon semblables, du moins effets parallèles voire sécants à breve  échéance. ´Dialectique où les fantasmes s'intègrent à mesure de leur dévoilement, en dernière analyse l'introspection stable du bon objet (non moins imaginaire que le mauvais) permet une fusion des instincts dans un équilibre fondé sur la prévalence de la libido sur l'instinct de mort ´ Laplanche, FdO, OdF

Voilà le serment 

20200215

Retours de la saint Valentin


Hier, trois sourires, trois raisons d'être heureux. Le matin, de mon remplaçant au psychodrame qui, finalement n'est pas à ma place, mais à mes côtés. Je respire son parfum et écoute son souffle. Il a une telle présence - le corps, le visage, mais aussi et surtout, la voix - que j'en suis un peu jaloux: si je devais choisir un psychologue entre lui et moi, c'est vers lui que je me tournerais sans hésiter. Pourtant c'est moi que C choisit ce matin. Je suis un peu jaloux aussi de la propriétaire des longs cheveux qui restent accrochés à son manteau. Mais ce matin, au retour d'une scène il me sourit et fait un clin d'œil. Cela me suffit pour être apaisé et habiter ce moment. Assis, simplement assis.
Plus tard, c'est un verre avec E. Quel plaisir, je ne l'avais pas vu depuis des mois, pris qu'il est par la médecine, il tient le coup et garde miraculeusement sa douceur et beauté. Il est parfait, il est comme une fille, mais c'est un garçon. 
Si je l'avais rencontré il y a 20 ans j'aurais été terriblement amoureux, je pense, et je n'aurais pas davantage su y faire qu'avec les autres. Aujourd'hui, pouvoir profiter de sa présence sans en souffrir est une victoire et plus même : une joie !
Enfin, mais j'espère que ce n'est qu'un début... Le plaisir évident d'A quand je lui propose d'aller à ma place voir Léo. Je craignais de ne plus pouvoir le toucher, lui qui désamorce tout en moi fors le désir de lui plaire. Belle journée! Je me demande ce que tu en penserais... et ce que tu me dirais de la tienne.


20200213

Fin de cycle noir

Depuis quelques heures - cela était en route avant mais ce n'est qu'aujourd'hui que les premiers effets apparaissent concrètement. Je lis, je m'alimente, je découvre de nouveaux compositeurs (Kapp, Lüdig estoniens tous deux). Je pars après-demain quelques jours à la Napoule avec Proust, Winnicot et Dogen. J'espère pouvoir t'en dire bientôt quelques mots... je voudrais te demander aussi de tes nouvelles, que ça ait un jour du sens pour toi que je t'en demande. A bientôt

20200210

Tempête

Depuis hier soir le vent souffle sur la ville. Dans la salle Elisabeth Leonskaja joue la sonate du même nom. Tempête d'une extrême délicatesse. Comment est-ce possible ?

20200208

Le retour du mort-vivant


Cher William,
combien d'années, depuis la dernière lettre? A part celles timidement adressées pour les anniversaires...
une fois, je m'en souviens, tu m'avais demandé si tous ces billets s'adressaient vraiment à toi. Aujourd'hui encore plus qu'hier peut-être, je suis bien incapable de répondre à cette question. comment et pourquoi écrire à quelqu'un d'aussi éloigné et inconnu, et qui, probablement, ne lira jamais ces lettres ? Parce que cet être, si lointain dans le temps et l'espace, est le dernier témoin d'une étincelle de vie depuis longtemps éteinte , et que, s'il ne m'aide pas par sa présence moins encore que virtuelle, fantasmée, c'est moi-même qui bientôt m'éteindrais.

20181110

Puis-je encore t'écrire ?

Une fois tu te demandais si toutes ces lettres t'étaient adressées... Peut-on vraiment répondre à cette question ?

20130919

Sur les beaux souvenirs (et la psychanalyse)

Je crois que je t'avais raconté un de ces souvenirs qui font vibrer le cœur : lors de mon séjour sur San Salvador, je saluais tous les soirs la veilleuse de nuit un fermant le bar. Comme elle travaillait aussi à l'aéroport, lorsque j'ai quitté l'île, étant le dernier à monter dans l'avion elle m'a accompagné en me tenant le bras tout le long de l'escalier... 

[Aujourd'hui j'ai reçu mon nouveau passeport - j'ai dû rendre l'ancien à contrecœur (il m'avait accompagné partout) - mais sur le nouveau il est inscrit que j'habite à Chamonix, ma ville de cœur.]

File:XL Airways France Airbus A330-200 landing at Punta Cana (edited).jpg
Et précisément aujourd'hui, je vais au cinéma voir "Jimmy P." un film d'un réalisateur que j'aime avec un acteur que j'aime tout autant inspiré d'un livre d'ethnopsychanalyse sur un sujet qui a été ma plus grande découverte de l'année universitaire. C'est un film qui parle entre autre des liens si particuliers entre un psychanalyste et son patient et de la valeur de la psychanalyse en général. Et dans la salle il y avait... mon ancienne analyste... avec qui j'ai pu échanger quelques mots (pas autant que je l'aurais voulu, car je suis encore trop timide, ce qui est le signe que je ne suis pas encore complètement guéri...). Et cela veut tant dire pour moi ! Voilà encore un souvenir inoubliable.


J'aurais bien voulu que tu sois dans la salle aussi et qu'on discute du film après autour d'un verre ! J'espère que ta rentrée se passe bien !

20130906

Irons-nous en week-end à Nauplie (rêve d'anniversaire) ?

Il me semble qu'aujourd'hui cela fait trois ans depuis la dernière fois que nous nous sommes vus... Autrement dit,  à partir d'aujourd'hui chaque jour qui passe nous sépare temporellement encore plus que nous ne l'avons jamais été depuis notre rencontre... (je suppose que ce genre de subtilité ne te passionne guère, et tu as raison, mais à quoi d'autre m'accrocher ?)
Pourquoi est-ce que tu ne passes pas ? Peut-être car tu es comme le souvenir d'une éclaircie dans un ciel toujours gris...

Je dois avouer que je me sens un peu triste - mais pas trop : après tout nous avons bien plus échangé ces trois dernières années que les précédentes, et qui peut dire de quoi l'avenir sera fait ?

Quand j'étais en Grèce il y a quelques années, lors d'une excursion en Argolide  nous avions fait étape dans la jolie ville de Nauplie,au bord de la mer, et j'y avait pensé fort à toi, en souhaitant partager ce beau paysage. Peut-être irons-nous un jour ?

En attendant et pour conjurer la tristesse, une image...
 

20130804

Joies et Peines

Un billet rapide pour célébrer ce mois d'août, celui de tes vingt-et-un ans.

J'espère que tout se passe bien pour toi, voici un petit résumé de mes humeurs de l'été

Mes joies :
La musique (j'ai acheté du beau matériel hi-fi au lieu d'économiser pour mes études...) que j'écoute beaucoup en ce moment.
La montagne, bien sûr, bien que je n'y aille pas très souvent en ce moment.
La lecture de Deleuze et de Lévi-Strauss. Je n'ai pas beaucoup d'amis avec qui discuter ici, mais lire ces deux là, si intelligents et généreux dans leur pensée, me console. Il faudrait que je prenne le temps de te parler plus longuement d'eux. Un jour, peut-être !
Mes après-midi à la salle de sport : un vrai travail qui me fait négliger un peu l'entretien de l'esprit mais qui donne aussi d'intenses satisfactions, différentes en nature mais non moins joyeuses !
Ma solitude libre

Mes peines
Principalement le travail. Non seulement mon ami Quentin n'est pas là cette saison mais je me rends compte que le monde de l'entreprise est par nature créateur de conflits destructeurs, de jeux de pouvoirs humiliants et de méchanceté. Suis-je trop sévère ? Il faut dire qu'avec un responsable pervers narcissique et un directeur gentil mais paternaliste au possible, je ne suis pas très gâte. J'arrive parfois à me faire apprécier, mais certainement pas pour ce que je suis en réalité. Étrange situation aliénante et mortifère. Heureusement provisoire et génératrice de revenus !

Un certain aspect de la solitude, aussi. Je suis sûr de t'avoir déjà cité ce poème d'Aragon :

Je suis ce malheureux comparable aux miroirs
Qui peuvent réfléchir mais ne peuvent pas voir
Comme eux mon oeil est vide et comme eux habité
De l'absence de toi qui fait ma cécité

Et puis l'impression de ne pas être suffisamment productif (en matière de lectures, d'écriture), par manque d'interlocuteurs, certes, mais aussi par manque de coeur à l'ouvrage. 

Heureusement, j'ai un petit travail à faire sur Helène (une petite intervention de quatre minutes...). J'espère que je parviendrai à l'achever et qu'elle sera selectionnée !


Qu'en est-il de toi ? Je ne sais rien de ce que tu fais et devient. Vas-tu encore à l'école ? As-tu un amoureux (à ce propos j'ai vu de belles photos de toi avec un garçon, sur lesquelles tes yeux étaient remplis de joie et pétillants ; sans doute aurais-je pu être jaloux, mais j'ai été surtout content et soulagé de savoir que tu pouvais encore avoir ce regard là !) ? Tu parles bien mal de Paris, que tu désirais tellement ! Difficile de savoir d'aussi loin si ce sont de gentilles moqueries en l'air ou bien l'expression d'une déception sérieuse... Me raconteras-tu tout cela, un jour, quand tu ne seras plus fâché ?

 Que lire et deviner de toi dans ce que tu postes sur Facebook ? Je me demande souvent ce qu'il est advenu de cet ado à la fois grave et joyeux, qui aimait le dessin et voulait trouver la liberté à Londres... Il avait tant d'espoir et de rêves dans les yeux ! Tu m'as dit plusieurs fois qu'il n'existait plus, ce garçon. Mais moi je n'y crois pas. Les personnes que nous avons été ne disparaissent pas : elles sont progressivement recouvertes par "la vie" mais sous l'écorce on trouve toujours le noyau, qui donne forme et solidité à l'ensemble.
Que tu le caches au plus profond de toi, ce n'est pas grave si c'est pour le protéger temporairement du mauvais temps et le faire grandir en plein jour ensuite. Mais, surtout, ne le tue pas !

Je te souhaite encore de belles aventures New-Yorkaises dans les jours qui viennent ! Et une magnifique vingt-deuxième année !

Celebration

20130627

La philosophie, est-ce important ?

"Il est vrai que la philosophie ne se sépare pas d'une colère contre l'époque, mais aussi d'une sérénité qu'elle nous assure. La philosophie cependant n'est pas une Puissance. Les religions, les Etats, le capitalisme, la science, le droit, l'opinion, la télévision sont des puissances, mais pas la philosophie. La philosophie peut avoir de grandes batailles intérieurs (l'idéalisme - réalisme, etc.), mais ce sont des batailles pour rire. N'étant pas une puissance, la philosophie ne peut pas engager de bataille avec les puissances, elle mène en revanche une guerre sans bataille, une guérilla contre elles. Et elle ne peut pas parler avec elles, elle n'a rien à leur dire, rien à communiquer, et mène seulement des pourparlers. Comme les puissances ne se contentent pas d'être extérieurs, mais aussi passent en chacun de nous, c'est chacun de nous qui se trouve sans cesse en pourparlers et en guérilla avec lui-même, grâce à la philosophie." (Gilles Deleuze)

20130625

"In my next life I'll be a duck, a lot less trouble"

"Je crois aussi que le bonheur est quelque chose de très concret, de brutalement direct. La vie n'est d'ailleurs pas tendre : comment le bonheur serait-il quelque chose de délicat ?" (Mars, Fritz Zorn)

Ainsi mon poulet rêve d'être un canard - un transespèce, ce n'est pas encore si courant ! Pourtant, rien ne dit que la vie de canard soit dénuée de problèmes (regarde ce qu'il leur arrive dans les  dessins animés...).

Je ne sais pas ce qui t'arrive comme trouble : la dernière fois que j'ai eu de tes nouvelles tout bougeait, sans autre précisions. 
Peut-être que tes vingt ans ne sont pas aussi sereins et gais que tu les imaginais. Ce n'est pas grave : tu en auras bientôt vingt-et-un... Mais j'ai peur que tu n'ailles pas très bien depuis quelques mois ; je me fais peut-être des idées, comment savoir ? J'aimerais pouvoir t'envoyer des pensées joyeuses par télépathie. C'est l'été depuis quelques jours : enfin ta saison, profites-en bien !

20130511

Le mois des examens (de conscience)

Les révisions qui devraient être un plaisir, n'en sont pas un
finalement.
Comme toujours je me mets en danger (enfin relativement).
Vivement la rentrée prochaine, et mes lectures libres de l'été.

Ça n'a pas très bien marché pour moi, ces trois derniers mois : la
chanson de la plus haute tour déroule implacablement mon programme.
De nouveau l'effet de Paris qui exacerbe mon essentiel sentiment de
solitude.
Je me rappelle, il y a 8 ans, mon soulagement de quitter cette ville,
les moteurs de l'avion m'arrachant pour longtemps à cette grisaille
polluée, conformiste et pathogène (mais pour une autre folie
 sans doute!
)

Heureusement, le bonne nouvelle du jour : on m'engage pour l'été à
Chamonix !

Entre les lettres que je t'envoie où je présente toujours tout sous un
jour positif et ces messages secrets souvent si noirs, il y a peut-être
une moyenne qui est moi. Se connaît-on vraiment ?

Toi j'ai bien du mal à te connaître, car tu ne laisses filtrer que peu
de lumière dans ma direction...

Je te souhaite de bonnes révisions, j'espère plus joyeuses que les
miennes !

20130428

Deux ans, sept mois et vingt-deux jours (transport amoureux)

Il m'a semblé que c'était toi que j'ai croisé ce soir sur mon vélo rue
d' A.
Il m'a semblé aussi que tu avais les yeux tournés vers moi et que tu
savais.
Peut-être que ce n'était pas un rêve !
En tout cas je n'ai pas osé mettre pied à terre pour vérifier !!
Et j'ai emporté dans mon coeur cette coïncidence inespérée...

20130422

"L'absente de tout bouquet"

 Depuis un mois, je me ressens

horrible à travers tes yeux

Pourtant j'ai tellement besoin de ton regard bienveillant pour exister...

A croire que ta bienveillance est hors de ma portée, ou bien que tu ne sois pas très généreux, ou moi trop insatiable. Quel arbitre pour en décider ?

Cher W... Tu me manques, tu me manques, tu me manques, immanquablement, tu me manques.

De tous ceux qui ne m'ont pas aimé - il faut prendre "ne pas aimer" positivement, pas comme un négatif d'aimer, ni un synonyme de haïr : "toi, je passe mon temps à ne pas t'aimer." - tu es vraiment le roi...

Je t'assure que je me serais contenté d'un rien - mais c'est vrai, ce n'est que pure supposition - toi, tu ne m'as accordé que : le Rien, et rien d'autre.

Pourtant si mon écriture est un manteau, tu seras toujours cousu à la doublure, la partie,  invisible peut-être, mais la plus noble et la plus douce.

20130420

A(u) corps perdu

Un an depuis ce dernier message de joie.

laisser tomber
C'est devenu une devise ?

Ou bien est-ce que c'est de ma faute, ces mouvements de presque
rencontre
avant la vague qui se retire dans un crissement douloureux de grains de
sable ?

Est-ce que ce n'est que de l'indifférence ? Est-ce que tu
m'apprécieras un jour suffisamment pour avoir envie boire un café avec moi ?

Un café ? Voir un film de temps en temps ? Allô quoi ! C'est bien trop
dur...

20120425

Introducing Life 2.0 (fermé jusqu'à nouvel ordre)


 Dans quelques jours je pars pour ma nouvelle vie. 
Et toi, tu as déjà décollé.
 Alors... ,
 puisque nous sommes désormais amis, 
que tout est différent, 
je n'ai plus besoin de ce blog pour te parler !
Il me suffira de t'écrire.
Sans trembler...

20120423

Promotion

Figure-toi que jusqu'à aujourd'hui j'ignorais comment s'appelaient les habitants de Sydney...
J'apprends donc que de Vicinois (V-le-B) tu es devenu Sydneysider.
Je ne sais pas ce que tu en penses, mais je crois qu'il y a un mieux...


xx

20120421

Carnet de voyage (2/?) : Willy and the kangaroos

Je crois que tu m'en remontres pas mal, du côté carnet de voyage !!
Mais je médite ma revanche....

Tiens ! Prends déjà ça :



Anyway, it makes me glad to see you happy ;-)

20120416

Carnet de voyage 1/? : Waltzing Matilda

Tu dois être dans l'avion pour l'Australie à cette heure-ci...

Je suis sûr que c'est un feu d'artifice dans ta tête !


Comme je me prépare moi aussi au voyage, lequel durera autant que le tien - cinq mois - aura peut-être la même destination - Paris - et sera aussi important en terme de changement de vie - Vita Nova -, j'ai décidé d'inaugurer une nouvelle série de messages pour rendre compte des étapes importantes ou communes de nos translations respectives.

Have a safe trip !

xx

20120330

C'est dur de vivre sans toi (boite aux lettres intempestive)

Ce soir j'aurais souhaité passer inaperçu dans ma propre maison.
Expliquer à mes parents qu'après tant de temps passé sur une scène, j'ai
besoin qu'on ne me prête aucune attention - ce serait comme rétablir
l'équilibre.
J'aimerais tellement aussi avoir de tes nouvelles, savoir où tu en es,
quels sont tes nouveaux rêves. Plus d'un mois déjà depuis tes lettres
inespérées. Tu ne dois même pas t'être aperçu que le temps a passé !
J'adore cette île, qui est vraiment mon berceau. C'est un endroit vivant
et j'aurais voulu que tu sois là avec moi pour entendre le vent, te
sentir palmier, lune, et mer lointaine dans une sérénité qui n'existe
que dans cette nature qu'on tente de nous faire oublier.
C'était dur d'être sans toi, d'écrire dans une solitude volée (j'ai
quitté le repas sans rien dire), ton nom de mon doigt sur le sol (lequel
n'a rien retenu !).
J'aime ce lieu virtuel où je peux tout te dire, et où tu peux tout lire,
chacun dans son temps différent, selon ses désirs. Peut-être seront nous
un jour synchronisés ?

20120226

Fin de la route - Enfin avec toi ?

En ces jours de tristesses pour toi, je regrette de ne pas avoir de magie pour panser tes plaies. Mais tu iras loin.
 Un dernier poème :

 "Je t'aime répète le vent
 à tout ce qu'il fait vivre
Je t'aime et tu vis en moi".
                   René Char

 Ta lettre d'hier. Etre ton bon ami. Enfin. Joie, Joie !

20120225

Lettre sauvage (Dix jours avec toi, 9/10)

Obéissant à l'impulsion du moment je t'ai envoyé aujourd'hui une lettre, et je me rends compte que le sentiment qui m'anime à présent est semblable à ce que l'on ressent parfois après avoir joué au loto : cette sérénité devant l'évidence de la richesse à venir; joie réelle pour un moment virtuel que la réalité aura tôt fait de dissiper. Sans doute, l'expérience l'indique, je m'achemine vers la déception, mais, pour l'instant, je suis riche et heureux de ta présence. Est-ce la la véritable nature du désir ? De l'addiction ?

20120214

"expecting love again" ? (Sinatra) - Dix jours avec toi (8/10)

Je n'ai pas résisté à l'envie de boire une coupe de champagne en ton
honneur ce soir de la Saint-Valentin...
C'était - un peu - ironique, bien sûr ...

20120211

La musique renferme en elle le secret de notre vie (Dix jours avec toi, 7/10)

Aujourd'hui dans le Monde, un article sur les lettres d'amour et ce
qu'elles apportent de consistance et de réalité, de rythme dans la
relation entre les êtres.
Il faudra que je te parle de Cédric (déjà esquissé dans une lettre
précédente).
J'y pense car en lisant mon petit Lacan du jour, j'écoute les concertos
pour flûte de Mozart, qui au Lycée Michelet accompagnaient souvent mes
soirées d'études, au point qu'il me semble aujourd'hui les voir
resurgir.
Si tu prends le temps d'entendre la musique tu verras en elles
exactement ce que j'étais et ressentais, dans l'année de mes dix huit
ans (tu avais six ans... tout était joué déjà...).
Est-ce que je te dis suffisamment que je t'aime ? Il me semble que j'en
parle trop dans ce que je t'envoie presque tous les mois. A tel point
que j'ai peur de te lasser. En écoutant cette musique je m'aperçois que
je ne chante pas assez mon amour pour toi, qui sculpte le monde et ma
vie à ton image.
Est-ce un signe des dieux ? Le premier éclair du Cyclone Giovanna qui
nous effleure provoque à cet instant une baisse de tension. L'âme de
Mozart ? Cupidon ?


20120209

Changer de sujet, ou comment se départir de soi (Dix jours avec toi, 6/10)

Petite leçon d'aïkido et de psychanalyse
Cours éprouvant d'aïkido aujourd'hui. Je me suis complètement bloqué
lors du travail de jo (bâton) contre mon adversaire, que je n'aime pas
vraiment. Reproches justifiés de Senseï ("Frère né avant moi", le
professeur), et tristesse et agacement de ma part d'ainsi retomber dans
ces travers qui m'accompagnent partout : dans mes relations avec mes
parents (communication impossible et évitements qui paralysent les
échanges), au travail (mon incapacité à gérer les "éléments difficiles",
grande part de mes difficultés au Club et de mon abandon final) et même
à l'école primaire, lors de l'apprentissage de la lecture avec "le roi
rollo" (mon désespoir de ne pas comprendre, aucun lieu où se réfugier,
silence, blocage).
A force de travail, me déferrai-je de ces travers si haïssables, ou
bien, ainsi que la myopie, disparaîtront-il d'eux mêmes, le temps
aidant? Je tremble, et il me semble que là encore la psychanalyse ne
serait pas d'un moindre secours...
Pontalis dans un article sur le moi : "on ne parle pas assez de la
nécessité de se séparer d'avec soi. C'est pourtant essentiel : mettre à
distance son moi pour essayer de faire advenir un "je" qui est
insaisissable (...) Maupassant écrit quelque part : "Je voudrais me
séparer de moi-même." C'est de cela qu'il s'agit : se séparer de soi
sans s'effondrer, sans tomber dans un chaos où tout serait confondu
(...) Et voilà à quoi servent les rêves, mais aussi l'écriture et les
voyages."
Et les rencontres...
Le froid se prolonge vers chez toi, je te souhaite de beaux rêves de
chocolats chauds...



20120203

Amplitude thermique (10 jours avec toi, 6/10)

Saint-Denis de la R. 09h30 du matin 30 °C-, jour, Ciel dégagé
V-le-B, 06h30 du matin, -8.6°C, Nuit, Ciel dégagé.
Comment mieux illustrer qu'un monde nous sépare, que nos rythmes, nos
sensations diffèrent, qu'on ne saurait être plus éloigné, même si
pourtant, nos horizons mutuels sont dégagés !
J'espère que tu as suffisamment de réserves de chocolat pour résister au
froid !

20120128

"..." ou comme suspendu à tes lèvres (Dix jours avec toi 5/10)

"..."
le jour de tes résultats partiels.
Joie ? Tristesse ? étonnement ? Ennui ? Fierté ? Modestie ? Indécision ?
Crainte de l'avenir ? Mépris du danger ? Escalade de la violence ?
Résignation ? Inertie sur une voie toute tracée ? Condamnation à la
routine du quotidien ? le doigt dans l'oeil ? Les pieds devant ? Merde à
House ?
Réponse de tes amis : :)
Compréhension ? Complicité ? Consolation ? Amitié ? Chagrin ? Bonheur ?
Honneur ? Jalousie ? Indifférence ? Tendresse ? Tu le savais déjà ? Cela
va sans dire ?
Cela m'inspire deux choses :
1) Dans ce monde de la communication, on donne trop de part à
l'implicite, et tant pis pour ceux qui n'ont pas les codes...
2) J'ai l'impression d'avoir sombré tout entier dans ce "..." dont je
peine à sortir par un combat de tous les jours. Je n'ose pas te demander
des nouvelles, c'est dire.
Je sais que tu as les capacités de réussir ce concours, si tu ne laisses
pas les autres t'imposer leur pression. Je sais que si tu ne réussis
pas, c'est par choix intérieur et non par nécessité. Aie foi en toi !
Aujourd'hui je n'ai pas été très productif, un peu de Freud seulement
(Au-delà du principe de plaisir). Mais retour à Fred Vargas , et
découverte en musique de Rosenmüller, et de "Jubilate deo", que je vais
réécouter en pensant à toi sitôt ce message envoyé !







20120126

Couleurs de la névrose (Dix jours avec toi 4/10)

Interrogations de Munch :
- moi : Oui, je le sais, mais peuvent-ils enlever le serpent qui ronge
les racines
de mon cœur ?
- Lui : Non ça, tu ne pourras jamais le faire".
Il s'en sort - au sens propre - par l'art. Es-tu un serpent ? Non, tu es
un poulet. M'en sortirai-je moi aussi ?
Dans les carnets japonais de Bouvier, petit mantra qui ressemble au
miens :
"Un rituel du fil et de la lame
Un million de coups d'aiguisoir et
L'ombre de retire, tranchée
et je grave une fois de plus sur le manche
L'encoche d'une victoire secrète"
Je t'embrasse



20120125

La morale de l'amour (Dix jours avec toi, 3/10)

Je n'aime plus vraiment Murakami mais...phrases piochées dans 1Q84
(offert pour Noël !)
"mon corps est un temple"
"Les histoires qui sont maintenant du passé"
"du moment que je peux aimer quelqu'un du fond du cœur, et même s'il
n'existe pour moi que lui et lui seul, l'aimer m'aide à vivre. Même si
je ne peux pas être avec lui"
Pistes vers la maturité ? Avoir des réponses, regarder certaines
angoisses comme négligeables, mal nécessaire, moteur pour la lumière ?
Je tente de m'organiser, mais pas trop d'ardeur au travail. Je ne bois
plus depuis quelque jours. Je commence aujourd'hui le second tome des
séminaires de Lacan.
Je pense plus à toi qu'à la psychanalyse !
Aujourd'hui dans une librairie "Journal de Deuil" de Barthes (je l'ai lu
il y a longtemps). Sa définition de la littérature : ce qui peut se lire
sans être suffocant (Proust). Je la reprends à mon compte ces jours-ci.





20120123

"J'ai mis de l'ordre à mes cheveux" (Dix jours avec toi, 2/10)

J'écoute ce soir cette chanson de Dalida, sur la "candeur infernale de
la jeunesse".

Ce soir tu dois avoir tes résultats du premier semestre. J'aimerais les
partager avec toi... Je croise les doigts !

Bourdieu, Dolto, plein d'aventures avec mes amis virtuels aujourd'hui.

A l'aikido c'est moi aujourd'hui qui ai donné le rythme de
l'échauffement !

Tant de choses à te dire. Aucune envie de construire des paragraphes
pour en parler ici. Dommage, pourtant, pas d'autre issue pour l'instant.

Ton absence comme une gymnastique de la discipline. Soi-même comme
monade...

J'espère n'être plus aussi bougon dans quelques jours, et dispose un
baiser tendre et secret sur ta joue. Le sens-tu ?

20120119

Dix jours pour toi (1/10)

A l'arrêt de bus, un jeune homme roux, que j'avais déjà aperçu quelques
jours avant.
Gide aussi suivait des jeunes hommes dans la rue
Aujourd'hui - comme on l'a fait avant ! - on prendrait un air pincé en
parlant de pulsion sexuelle. Cela en fait certainement partie, mais,
quelque chose de plus : une chose qui oriente l'homme et l'art, notre
moteur : le désir.
Le soir, à la brasserie, une bière, Freud : Malaise dans la civilisation
- un moment de calme - je dirai presque, de sérénité.
Demain j'expliquerai cette série (peut-être)

20120108

Intuition

Peut-être parce que tu me manques plus que d'habitude ou que je termine
aujourd'hui la lecture de 1Q84 de Murakami - est-ce que tu as lu Kafka
sur le rivage ? - je suis intérieurement sûr que tu as bien répondu aux
questions et que tu as réussi tes partiels.
Bravo !

20120106

Prière à Saint-Expedit pour les pauvres carabins

Marchant dans la montagne aujourd'hui j'ai eu des pensées très émues pour toi, t'imaginant dans cette maison des examens qui dans mes souvenirs est un endroit horrible, en train de remplir d'affreux QCM qui détermineront ta vie. Je suis sûr que tu t'en tire très bien, même si tu dois être bien malheureux. J'ai prié pour toi Saint-Expedit, qui est très étrange mais aux pouvoirs très étendus et surtout rapides, afin qu'il intervienne tout exprès auprès d'Esculape pour te recommander - et surtout ta copie - à lui.
Bon courage mon pauvre poulet.

20111224

Noël

Aujourd'hui, Noël, Je n'ai pas envie de famille, de cadeau, de théâtre, de bruit. Je rêve de déserts. La mer hier et le petit poulpe. Le monde, trop beau pour mon interne et intense sentiment de solitude. Un message de toi, pour Noël ? héhé !

20111220

Sinon l'amour courtois

"(...) je me suis aperçu qu'il y avait deux types de sujets amoureux. Il y a celui de la littérature française, de Racine à Proust, qui est, disons, le paranoïaque, le jaloux. Il y en a un autre qui n'existe pas bien dans la littérature française mais qui est admirablement mis en scène par le romantisme allemand (...) celui-là est un type d'amoureux qui n'est pas centré sur la jalousie; la jalousie n'est pas exclue de cet amour passion, mais c'est un sentiment amoureux qui est beaucoup plus effusif, qui vise à un comblement (...) l'une des figures de mon livre concerne précisément l'envie, la tentation, la pulsion que le sujet amoureux a, semble-t-il souvent et c’est attesté par des livres, de créer, de peindre

20111218

Journal d'un jour

Aujourd'hui peu de travail sérieux - mais, action productive, j'ai commencé à recopier les SMS que tu m'as envoyé avant notre deuxième rencontre. N'est-ce pas idiot ? Peut-être, mais tout en me reprochant de ressasser ce qui devrait être mort, et qui ne l'est pas pour moi, j'essaie de me justifier en songeant au peu de densité de ce qui a suivi. Notre histoire ne s'est elle pas jouée là ? "Est-ce que tu m'aimes, T ?" Pas de plus grand frisson dans ma vie - ou bien à égalité avec d'autres moments de toi. J'ai photographié beaucoup de flamboyants aussi. Seul Barthes me comprendrait sans doute, s'il n'était pas mort. Je relis "carnets d'un voyage en Chine." et les entretiens publiés dans le recueil "Le grain de la voix". Ce qu'il est doux, et juste. La nuit dernière j'ai rêvé que tu changeais ta photo de profil FB. Je m'aperçois aujourd'hui que c'est le cas. Pourtant, Freud : "Finalement, l'affirmation d'une force divinatoire du rêve constitue un objet de contestation sur lequel se rejoignent des réserves difficilement surmontables et des assurances obstinément répétées." (Traumdeutung Il s'agit sans doute d'une coïncidence. Tant mieux.J'aime toutes les coïncidences qui te concernent. Je te trouve beau sur cette photo où tu poses avec Aline. Je suppose que c'était pendant vos dernières vacances (les plantes en arrière plan.) Tu as l'air solide et heureux. J'ai tellement envie de te connaître... Un jour peut-être ! Demain plongée, et, je l'espère, de bonnes lectures. J'espère que tu passes ces jours-ci davantage de temps à te reposer qu'à travailler. Si j'avais la possibilité de te dire cela en face, je suis sûr que tu me regarderais comme si j'était crétin. Pourtant j'ai raison !

20111211

Poème du jour

"On ne partage pas ses gouffres avec autrui, seulement ses chaises" René Char, Fenêtres dormantes et Porte sur le toi

20111129

Faire comme ci (morale provisoire)

Pour survivre, maintenant, j'ai besoin d'une fiction, celle de ta
présence et d'une parole venant de toi, me demandant solennellement de
ne plus boire et de te raconter pendant 30 jours mes journées, les
presque dernières de l'année.

Ce soir Don Giovanni, autre tentative de réinstaurer le commandeur, ou
le nom du père dans la vie.

20111128

"Le soleil me parle depuis des années avec des mots humains"

Refusant d'ête frappé par le syndrome des Lettres Portugaises, refusant ne serait-ce que d'ouvrir "un amour sans nom" de la même veine.
Comment te dire, que je tombe en morceaux - où plus justement, que je fonde en une masse indeterminée de désirs et de frustration...

Sans un peu de toi
Je n'ai plus de courage, j'ai peur tout le temps.

je n'ose pas te demander de l'aide.

Je vais essayer d'aller mieux demain.

20111122

Je pense à toi en lisant "La femme piège". Je me demande si ça te
plairait, cette histoire ...

20111112

20111108

Si les morts pouvaient parler

Ce n'est pas juste d'être aussi loin de toi...
Quand je pense que je pourrais travailler dans le Resto U où tu manges
tous les jours !
Ou bien être jardinier dans ta résidence, et couper avec amour chaque
brin d'herbe pour que ta vue depuis ta fenêtre soit harmonieuse !
Mais non, je vis dans un pays idyllique à des milliers de kilomètres de
toi.
Et, impuissant, je ne suis pas un acteur de ta vie...

20111105

"Nerval a eu un rapport à la littérature qui pour nous est étrange et
familier. Troublant mais proche de ce que nous apprennent les plus
grands de nos contemporains (Bataille, Blanchot). Son oeuvre disait que
la seule manière d'être au coeur de la littérature, c'est de se
maintenir indéfiniment à sa limite, et comme au bord extérieur de son
escarpement.
Nerval pour nous ce n'est pas une oeuvre; ce n'est même pas un effort
abandonné pour faire passer dans une oeuvre qui se dérobe une expérience
qui lui serait obscure, étrangère ou rétive. Nerval c'est sous nos yeux,
aujourd'hui, un certain rapport continu et déchiqueté au langage :
d'entrée de jeu, il a été happé en avant de lui-même par l'obligation
vide d'écrire. Obligation qui ne prenait tour à tour la forme de romans,
d'articles, de poèmes, de théâtre que pour être aussitôt ruinée et
recommencée. Les textes de Nerval ne nous ont pas laissés les fragments
d'une oeuvre, mais le constat répété qu'il faut écrire; qu'on ne vit et
qu'on ne meurt que d'écrire.
De là cette possibilité et cette impossibilité jumelle d'écrire et
d'être, de là cette appartenance de l'écriture et de la folie que Nerval
a fait surgir aux limites de la culture occidentale - à cette limite qui
est creux et coeur. Comme une page imprimée, comme la dernière nuit de
Nerval, nos jours maintenants sont noirs et blancs."
Michel Foucault in Arts : lettres, spectacles, musiques, n°980

20110913

aveu

Je suis triste que tu n'aies pas voulu me voir même cinq minutes quand
je suis passé par paris. Et en plus je me reproche d'être triste, et de
n'être pas foutu de t'apporter quoi que ce soit.

20110820

L'enfant de la Haute Mer (Revisité dans le style de Chantal Ackerman)

 
Il aurait voulu s'asseoir de nouveau à une table de la Brasserie du Grand Saint Bernard (ou bien, était-ce le bistrot du Grand Saint-Bernard ? Malgré toute son attention il n'aurai pu en jurer - mais la structure de ce lieu était , si celle-ci n'avait pas été fermée pour rénovation - rénovation qui, pensait-il n'avait pas d'autre but que de rendre à l'endroit son éclat démodé
Ce n'était pas un Adieu - ou bien était-ce un adieu ?
 

20110819

"How does it feel ?"

Je viens de quitter mon travail...
plein d'espoir et d'angoisse à la fois - un rêve où, ta tête posée sur
mon épaule, tu dirais que tout va bien aller, serait une heureuse
surprise !

J'ai traversé la vallée blanche en compagnie d'un médecin et d'une
psychanalyste;

Ce soir : faire nombre de papier, dire adieu à certains, faire mes
valises; Dans mon état de ce soir tout me semble impossible.

Vivement demain...

20110809

Tout le monde dit I love you

J'ai envie de partager tant de choses avec toi...
Laisse-moi une chance...

Temps passé ensemble (à date) : 15 + 1 jours
Temps passé chacun de son côté : 1095 + 365 jours

Ça n'est pas juste ! (c'est même de pire en pire, mathématiquement
parlant...)

Laisse-moi t'inviter à dîner !
Regarde un coucher de soleil avec moi !
Allons au cinéma !

Je t'embrasse et te souhaite de beaux rêves, Willy-Billy.

20110807

Dans les catacombes

Cher W.
Je suis ravi d'avoir enfin de tes nouvelles. Mais alors, pourquoi
suis-je si triste depuis hier ?
Il y a des morts dans tous mes rêves- et le temps, là-bas dehors, est si
gris...
Tu rirais, n'est-ce pas, si tu savais que ta dernière lettre je l'ai
cachée sous mon oreiller comme un trésor pour la lire plus tard... Je
n'ai pas résisté bien longtemps, bien sûr. J'ai envie d'être ironique et
joyeux, moqueur, inconscient - mais je n'en ai pas la force aujourd'hui.
N'est-ce qu'un coup de fatigue ?
Je serre les dents.

20110801

Au seuil d'une nouvelle ère

A la veille de ton anniversaire, je ressemble un peu aux pilotes du vol
Rio-Paris - privés d'informations fiables sur la conduite de leur
appareil, croyant monter au lieu qu'ils descendaient de plus en plus
vite. Un an déjà, curieuse perspective, à la fois durée longue (ton
absence au jour le jour)et rapide : déjà un an que nous avons repris
contact, déjà onze mois depuis notre dernière rencontre. Imagines-tu mon
excitation devant la possibilité de t'écrire demain (une lettre
officielle pour ton anniversaire !!) ? Une nouvelle chance de partager
un peu avec toi. Tu m'as bien prévenu contre tout espoir. Pourtant, rien
qu'un peu de toi, cela suffirait, il me semble, à faire sortir l'avion
d'une situation de décrochage et à allumer de nouveau le soleil.

A demain.

20110727

Et pourquoi cette hésitation ?

Pourquoi cette hésitation, cette paresse même, avant de t'écrire ?

Mystère.

La joie de recevoir des message de toi, même brefs : deux par mois
depuis juin, je n'était plus habitué à une telle affluence ! Je t'en
prie, écris-moi encore !

Aujourd'hui, je lis l'homme aux loups, et recommence Le vide et le plein
de Bouvier. J'ai acheté aussi l'éloge de l'ombre qui semble très à la
mode ces temps-ci. Souvent, plus qu'une bibliothèque je cherche des
livres compagnons de passage, qui prennent place dans de grands
rayonnages virtuels que je redécouvre périodiquement.

Pater au Cinéma. Excellent.


C'est bientôt ton anniversaire...

20110720

"My love, she speaks like silence"

Cher W.
Depuis que je parle à ma psychanalyste je n'écris presque plus. C'est
étrange, car je m'aperçois que les mots et les constructions que je
développe chez elle n'ont pas d'importance en tant que tels. La thérapie
agit plus par la forme que par les mots - enfin je ne suis pas sûr,
c'est une étrange impression. L'écriture, au contraire est une recherche
infinie de précision et à la fois de suggestion, d'effets de sens.
Écrire me manque.

La nuit dernière en recherchant mon nom sur Internet j'ai retrouvé des
lettres écrites il y a 8 ans : je me reconnais à peine...
Hier je lui ai parlé des cyclones ; je parierais que je suis en pleine
conversion extra tropicale.

J'espère que tu passes de bonnes vacances - et surtout que tu me les
raconteras...

Je t'embrasse,

T.

20110710

Surprise et yeux grands ouverts

Recevoir un message de toi, c'est davantage qu'extraordinaire : c'est
exactement comme, nageant avec une baleine, sentir quelque chose de
vivant qui dépasse son champ de vision : ça existe et c'est là, mais
cela dépasse les capacités d'appréhension. Merci pour cette joie
soudaine !

20110702

Opération Octobre

Je ne peux pas me résigner -malgré beaucoup d'efforts en ce sens - à pourrir. Aussi me lancé-je cet objectif, si peu S.M.A.R.T. soit-il : partager avec toi un café au mois d'octobre.
En forme faudra-t-il que je sois...

20110701

"Je suis ce malheureux..."

Tu me manques tellement !
On dirait que tout ce qui est beau autour de moi reste frappé de transparence, par ta seule absence.
Il faut que j'invente "des chemins de traverse"
Pour sortir de ces marécages.
 
Pourquoi cette incapacité à me résigner ?
Hein, pourquoi ?
 
Je te souhaite de bonnes vacances en secret, mister W.
 
 

20110628

Avant de mourir

Visiter le mont Rushmore.
Passer une semaine dans un Ryokan au Japon.
Manger au restaurant avec William.
 
("Le reste n'est que littérature...")

20110623

Soif de toi ?

Lorsque je ne bois pas je me sens saisi d'une soif inextinguible - si
intense que le monde autour de moi tourbillone ainsi que le liquide que
je pourrais avaler. Alors, quand les effets anesthésiants de l'alcool se
dissipent - je comprends que c'est de toi que j'ai soif et qu'aucune
autre boisson ne guérira cette sécheresse intérieure si intense, si
dévastatrice et pourtant qui par sa violence même me place toujours à la
limite la plus consciente, la plus existante, du vivant

20110620

Mystère

Je me dis souvent que la vie est trop miraculeuse, dans sa rareté et sa
fragilité, pour perdre un seul jour à ne pas t'écrire. Alors, qu'est-ce
qui m'en empêche ?

20110607

Envies... (Un jour ordinaire du mois de mais)

Monsieur W.

J'ai envie de mettre dans des enveloppes des films et des livres qui...
Mais si tu reçois tout ça, que va tu penser ?
J'ai peur que tu ne les aimes pas simplement parce que c'est moi qui te
les envoie... Ce serait injuste envers eux, mais..; comment espérer que
tu tombes, autrement, comme moi sur eux par hasard ?

Je penses beaucoup à toi, qui doit être au début des vacances et avec
les amis que tu aimes tant.

Je t'embrasse

20110411

Penser / Classer

"En fait, me semble-t-il, au-delà de ces quatre pôles qui définissent les quatre horizons de mon travail -le monde qui m'entoure, ma propre histoire, le langage, la fiction-, mon ambition d'écrivain serait de parcourir toute la littérature de mon temps sans jamais avoir le sentiment de revenir sur mes pas ou de remarcher dans mes propres traces, et d'écrire tout ce qui est possible à un homme d'aujourd'hui d'écrire : des livres gros et des livres courts, des romans et des poèmes, des drames, des livrets d'opéra, des romans policiers, des romans d'aventures, des romans de science-fiction, des feuilletons, des livres pour enfants… » Penser/classer, Georges Perec, La librairie de XXI° siècles, [Seuil]

a-phasie

Depuis quelque temps
Non pas un désamour
de la langue
Mais un trajet nouveau
Chercher une autre voix pour
te parler
éternel absent, en apparence si proche
 
Je m'ennuie de toi, et suis entouré de gens frustes et mal élevés (pas dans le bon sens du terme, évidemment...)
 
 

20110331

Une réponse au miracle (Comment vivre l'élipse?)

"Si deux êtres, ne serait-ce qu'une fois, ressentent quelque chose d'une
façon identique, ils pourront alors à jamais se comprendre, peu importe
que l'un ait vécu au temps des mammouths et l'autre à celui de
l'électricité. Et Dieu veuille que les hommes comprennent et éprouvent
de telles impulsions, les leurs et celles des autres." (Un ouvrier de
St-Pétersbourg à Tarkovsky)

20110223

Une femme Mariée

Aujourd'hui,
Psy ("prendre un parti")
 
Annversaire de Gaël : il y a dix ans, je déposais devant sa porte vingt belles roses pour son anniversaire;
Premier salaire, première roses, premier amour.
Aujourd'hui encore, sa voix me fait comme frémir;
Il va venir, peut-être !
 
Demain, je vais à Villars...
Je crois que je t'aime, même sans contrepartie
 
Pourquoi est-ce si difficile ?
 
Je suis si heureux de repasser sur tes traces !
Un peu craintif, aussi.
 
J'espère que tu vas bien.

20110219

On ne demande pas à un nuage...

Lorsqu'un nuage se déchire, se disperse, s'évapore
On explique plutôt que de reprocher
(la température, l'humidité, le cisaillement du vent)
 
Si c'est un homme...
 
 
 

20110203

Rien


En parlant du pain qui lui manque, dans L'espèce humaine, Robert Antelme : "D'aucune autre chose le manque n'appelle autant ce mot : rien."

La musique de cette phrase, sa violence. Quel livre plus terrible ?

Du coq à l'âne : j'ai passé une belle journée, aujourd'hui. Rien n'est donc impossible...

Même sans croire en un Dieu je ne peux m'empêcher de prier, en quelque sorte, pour toi (mais sans aucune mièvrerie). N'est-ce pas que l'amour rend bête ? Parfois à l'inverse dans ma folie il me semble souhaiter que tu sois malheureux afin que tu aies besoin de moi. Je me punis aussitôt par une forte dose de culpabilité.

Rassure-toi : je me soigne, par divers moyens. Mais les remèdes sont longs à agir, et il y a des maux dont on ne veut pas guérir.

Me pardonnes-tu de ne pas t'oublier ? J'essaie de ne penser à toi que discrètement, mais je n'arrive pas à le faire sans laisser la moindre trace.

Pluie de livres soudaines : je parlerai d'eux un moment ? Pour couvrir quoi ? Le rien...

Je t'embrasse. Courage à l'école...

20110125

Où courir ? Où ne pas courir ?

Ce monde qui m'entoure et dans lequel tu n'es pas :
Rien d'hostile, seulement de l'odieusement indifférent. Même les traces fantômes de ta présence renvoient un son mat, dépourvu d'écho, ou bien une lumière bizarrement glauque.
Que tu me manques aujourd'hui ! Comme hier, mais en pire, comme demain aussi, peut-être, et comme je souffre de ton silence, qui, simplement, m'anéantit.
"Aimer, c'est donner ce que l'on a pas", mais je n'ai plus personne à qui donner ce manque, ou ce rêve.
Où es-tu ?

Je me dessine un plan pour survivre, je "t'"en reparlerai plus tard

20110117

"Et le temps (qui bat la mesure)"

 
Ecrire comme un fou
Courir loin des ruines
Relire
Ecrire,
sans honte,
sans peine,
sans peur.
 

20110101

HNY

Happy New Year Monsieur William...

Je me demande bien ce qui t'arrivera cette année...
Je te souhaite ce qu'il y a de mieux en tout cas ! Et beaucoup de belles surprises.


Tristan

20101226

"Nuits sans nuits et quelques jours sans jours"

Cher Poulet,
 
Je n'ai pas écrit depuis longtemps... Cela ne veut pas dire que je t'oublie, bien sûr, mais plutôt que ma vie est mal rangée...
J'ai tant de choses à te raconter !
Je vais essayer, demain.
J'espère que tu vas bien. J'ai aperçu quelques uns de tes dessins sur Facebook et j'ai été vraiment étonné par ta maîtrise et le choix des thèmes. Je n'ai su prendre le temps de bien les regarder mais j'ai eu chaud au coeur en voyant la réalité de ton amour pour le dessin, que je ne connaissais qu'en théorie.
 
Aujourd'hui il a fait beau pour la première fois depuis des semaines... Les montagnes étaient magnifiques, mais occupé à décharger de ses bagages un train je n'ai pas pu m'arrêter pour photographier la neige qui s'envolait des sommets comme la fumée d'un volcan.
 
Bon Noël ! je suis sûr que cela te fera du bien d'être un peu à la maison.
 
Je relis "l'oeuvre de Dieu, la part du Diable" de John Irving, en me disant que ça te plairait aussi, en te donnant un regard nouveau sur l'anatomie de Gray.
 
Bises, monsieur W.
 
Tristan
 
 

20101126

"Mainte fleur épanche à regret / Son parfum doux comme un secret / Dans les solitudes profondes" (Baudelaire)

C'est ainsi également que tombent silencieusement les flocons de neige, le silence étant ici un bruit presque palpable.
Quelle belle vue, cette nuit, que cette averse douce et blanche !
J'imagine aussi, perdu dans le coin d'une vallée élevée, près d'un chalet abandonné pour l'hiver (et, sans doute, abandonné tout court à son sort d'un autre temps), un peu de neige qui chute de la branche surchargée d'un sapin.
Qui est là pour témoigner de cet événement si sage ? N'est-ce pas là le rôle du poète, et l'espace-temps propice au haïku ?

20101124

"Tombe la neige (tu ne viendras pas ce soir)"

Les messages envoyés autour de sept heures du soir ne sont jamais bons : ils sont toujours trop teintés par la mélancolie qui accompagne systématiquement pour moi cette heure de la journée. Contrairement à ce qui semble se passer dans "La Chèvre de Monsieur Seguin", l'heure de la mort ce n'est pas l'aurore, c'est "entre chien et loup" quand les illusions de la vie tombent, pas encore remplacées par les rêves, ou l'ivresse.
Sur les titres, as-tu remarqué comme ceux des livres sortis récemment sont beaux et accrocheurs ? Je n'ai pas d'exemple à te donner car j'ai la tête bien vide, ce soir (ce doit être l'altitude, ou le décalage géographique et horaire). La multiplication des sorties oblige les auteurs (ou les éditeurs) à rivaliser de talent et d'idées pour inciter l'hypothétique lecteur à se saisir du livre. La "captatio benevolentiae" se déplace de la première page à la couverture, au risque, sans doute, de tout donner dans l'instant. Je collectionnerais bien plus facilement les titres que les livres, en ce moment...

Il y a beaucoup de choses ici qui me font penser à toi (la proximité de Martigny, notamment, à travers les lignes de trains, les panneaux indicateurs, les montagnes, et jusqu'à la présence de prospectus de l'exposition Nicolas de Staël (que j'ai manqué de 3 jours...) sur le même format que ceux de Chagall). J'essaye de me concentrer sur mon travail, mais je suis encore le seul membre de l'équipe de bar pour quelques jours; ce n'est pas si facile, donc !

J'espère que tu vas bien et que tu me donneras bientôt de tes nouvelles (quand tu ne seras plus un Petit Poulet Furieux).

20101122

Petit journal en mode absence

Absence ? De qui ? De quoi ? Dans quel sens...
Tentative de dialogue sous une forme plutôt ambitieuse : comment en
effet parler à deux lorsqu'on est tout seul ?
Alors, un petit jeu : varier les heures d'écriture : une fois le matin,
peu après au réveil, ensuite à l'heure du déjeuner, puis après l'apéro
du soir, et enfin au coucher. Voilà qui devrait suffire à varier un peu
le ton, bien évidemment, rien ne compense l'ABsEnCe, il faut bien
tricher un peu pour survivre.
Aujourd'hui, je me suis gavé du soleil sur ma peau. Les odeurs et la
Lumière. Point de départ de ce voyage : la maison (mais est-ce vraiment
chez moi ?).
Point de départ = "on ne part pas" ?
Demain, 6h00, Paris Métropole, hiver, 0 dégré.
Pour faire comme si je me rapprochais de toi, j'emprunterai à dessein un
fragment de ta ligne de RER. Déjà, je me prends pour une religieuse
portugaise (mais plus chanceuse)

20101111

"THE DAY THE EARTH STOOD STILL"

Cher W,
Position d'équilibre au bord de l'abîme...
J'ai besoin d'un peu de temps pour quitter cette zone de turbulences...
Mais je ne renonce pas à la quête de la joie. Même si je dois reconnaître que, là, tu ne m'aides pas beaucoup !!

20101029

Morale de l'absence, Absence de morale

" La vérité se "mi-dit" plutôt qu'elle se dit, indique subtilement
Lacan. Tenter de la dire toute, nous condamne ainsi à la perdre. C'est
dire qu'il n' a pas plus de sincérité sans retenue, que de paroles
vraies sans pensées à jamais vouées au silence. Ce sont ces pensées
silencieuses, index d'un réel, qui permettent à la parole de
s'ordonner." (Anaëlle Lebovits, in Le diable probablement n°8 p9)

C'est donc ici que se réorganise ce qui surnage du non-dit et qui a
réchappé du naufrage, si naufrage il y a eu. Est-ce de la résistance ?
Non, au contraire, c'est le réel qui suit son cours. Et le début de
quelque chose de neuf.

Bon, autant dire tout de suite qu'à l'heure actuelle ce n'est pas très
joyeux - Mais tout n'est pas vide,, heureusement, et l'espace se
remplit.

20101012

20101005

"L'année du miracle et de la tristesse"

Cher William,

En deux mois j'ai réussi l'exploit de te retrouver, et de te perdre à nouveau ...
Je m'en veux un peu, quand même !!
Il n'y a pas grand chose, à part de la tristesse, ce soir...

Je t'embrasse, et j'espère que tout va bien se passer pour toi.

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