20100409

"Savoir y faire avec le refus du réel" (Pélerinage, débilissime ?)

Lorsque j'ai demandé à partir pour la montagne, sans doute ai-je espéré vaguement revenir près de mes souvenirs.
Ainsi vais-je pouvoir poser mes mains là tu as posé les tiennes lors de notre première rencontre, reprendre ces mêmes trains, passer devant ton anciene chambre, m'asseoir à la table même où nous nous étions installés, après l'exposition Chagall.
Certes tu ne seras pas là, mais les pélerins vivent-ils autre chose qu'un erzatz du passé ?
Même si c'est pour faire le deuil de notre histoire, je suis heureux de le faire dans ces conditions, au point même du jallissement.

Je te demande pardon d'être aussi idiot ; je n'arrive pas à m'empêcher de penser à toi.

20100401

Infidèle (le remède pire que le mal)

Mon petit copain a été licencié au bout de deux jours et a dû retourner à Casablanca.
C'est vrai qu'il n'a pas grand chose dans la tête, aussi bien au travail que la nuit. Et pourtant on ne doit pas manquer d'égard pour un homo qui doit faire semblant d'être un homme, dans un pays où l'homosexualité est toujours un délit. Et pourtant, aussi, il fait très attention à ce qu'on lui dit. Et j'aime la simplicité. Je crois que je suis un paysan qui s'ignore.

Tu dois me pardonner. C'est si bienfaisant de s'endormir près d'un garçon qui te serre dans ses bras...
Pourquoi ces vacances n'ont-elles pas duré au moins une semaine ?
Peut-être, si cela avait duré une semaine, aurais-je demandé une semaine supplémentaire ?
Jusqu'où va la mauvaise fois...

Cela ne veux pas dire que tu ne me manques pas. Simplement qu'il m'arrive de manquer de courage.

Je pense à toi

20100326

Carte Postale 2/3 : Gens de Paris

Revoir des visages, qui, au contraire des murs, ont changé, entraînés dans l'existence par quoi ? Le temps, le destin ou le hasard ?
Chacun s'est rigidifié dans le rôle qu'il a choisi. Par reflet je m'imagine ainsi plus dur, moins flexible, marqué par les dix dernières années - Immobile aussi sur certains points.
La mère, l'amant, l'ami, la patronne du café : comment résister, au sein d'un décor, à son personnage de carton ?

20100325

Les bosons de Higgs et la Lune Verte

Quelques milliards d'années plus tôt, la matière rassemblée dans l'espace d'un terrain de foot.
Ainsi, nous fûmes déjà proches physiquement.
Chacune de nos molécules, avant même d'être constituée a vaincu son double d'antimatière.
Comme l'idée de Dieu est triste, par rapport à cet éclair.

Et, en même temps, tout est normal...

20100322

Carte Postale I : Les murs de Paris

Mon petit poulet,

Les murs de l'aéroport, si sales, même pas entretenus
Les murs du RER en mode mixte Réparation / Ruine (La station Luxembourg, d'ailleurs)
Les arrières murs qui disent la vérité sur les supermarchés de banlieue
Les murs d'Henri IV, que rasent ses élèves si semblables à ceux de mon temps
Les murs du Finnegans wake, mon repaire, là où repose une partie de ma bibliothèque, en sursis (scission prévue en murs , fond de commerce, Licence IV)
Les murs du cinéma, un film sur le bar - A Good Heart - et sa morale : "un homme doit pouvoir partir à la guerre et revenir dans son bar inchangé"
Les murs des appartements des amis, à l'intérieur desquels je me sens si bien que je ne parviens pas à dire la solitude des autres jours.
Les murs de Beaubourg, ma maison, ce lieu de bonheur inoxydable

Les murs inconnus que tu fréquentes, et qui sont bénis par ta présence

Carte postale de Marrakech instead

Mon poulet,

Je voudrais que tu puisses voir cette place. Je t'emmenerais voir les marchands de menthe, qui sont devenus mes amis.
Il faudrait changer la place de la Concorde en place Jemâa el fnâ...

Je t'embrasse, j'espère que tout va bien.

Tristan

20100321

Le seul moyen de vivre

Mes excuses à Clarice pour la mauvaise citation de son titre (qui n'est pas le sien mais l'extrait d'une lettre que voici )

"Ma petite sœur, écoute mon conseil, écoute ma demande : respecte-toi plus que tu ne respectes les autres, respecte tes exigences, respecte même ce qu'il y a de mauvais en toi - respecte surtout ce que tu imagines être mauvais en toi - pour l'amour de Dieu, ne cherche pas à faire de toi une personne parfaite - ne copie pas une personne idéale, copie-toi toi-même - c'est le seul moyen de vivre." (Berne, le 6 janvier 1948).

20100320

Préambule aux trois cartes postales : Les murs de Paris ; Les gens de Paris ; L'avenir

Je suis en train de lire un recueil de lettres de Clarice Lispector, une écrivain brésilienne célèbre qui est souvent rapprochée de Marguerite Duras (mais je n'adhère pas vraiment à cette comparaison) et dont Hélène Cixous parlait souvent dans son séminaire. Dans les lettres qu'elle envoie à son jeune fils en séjour aux Etats-Unis, elle ne cesse de l'appeler par des noms affectueux : "Ma petite sauterelle", "Mon moustique", "ma fleur d'avocat" etc... C'est idiot mais j'aime beaucoup cela, tu le sais bien, puisque de temps en temps - moins que j'en aurais envie, car j'ai peur que tu trouves cela ridicule - je t'appelle "mon petit poulet." Est-ce que tu trouve cela ridicule ? Ce n'est qu'une façon littéraire de se rapprocher d'une personne éloignée et de lui témoigner un peu d'affection sous la forme d'un vocable unique, qui en qualifiant la relation lui donnerait le même caractère unique qu'un prénom. Rassure-toi, je ne te nommerai pas ainsi en public, si l'occasion s'en présentait...
Je suis content d'avoir trouvé ce livre de Clarice, racoleusement intitulé "la seule façon de vivre" : comme autrefois, la lire me convainc de ne pas avoir honte de parler des choses qui me préoccupent, et m'encourage à baisser le niveau d'exigence de mon auto censure. Je vais tenter d'écrire chaque fois que j'aurais envie de boire ou de fumer : je voudrais que l'écriture devienne ma nouvelle drogue. Cela commence à faire long pour une simple carte postale - considère ce paragraphe comme un simple préambule, dans lequel que m'arroge le droit de commencer mes trois cartes à venir "Cher petit poulet".

20100319

Carte postale de Paris

Cher Willy,

Cette carte postale n'est pas vraiment de Paris, puisque je suis déjà de retour au Maroc après à peine deux jours passés au loin. Je voudrais te montrer quelques unes des images (sous forme écrite) qui ont marqué mes vacances, et l'ouverture de ma quatrième décennie...

Tu me manques,

Je t'embrasse

20100314

Dans la solitude des grosses vagues

Comme j'aime la météo
"Homme libre, toujours tu chériras (les tempêtes)"
Tomas et Ului,
Des vagues,
Du vent,
Et surtout, un système, des modèles, un discours.

Le vent l'emportera
(et tout disparaîtra...)

20100312

Projet

Je me demande ce que je fais ici, dans cette existence sans-dessus-dessous et spasmophile.
Le décor idéal serait :
Une petite maison vieillotte
Des livres
Un peu de thé
Une forêt sombre dont les arbres choisiraient de se taire devant les angoisses du promeneur, par pudeur, peut-être, sinon par empathie.
La joie viendrait paradoxalement des heures sombres

20100311

Joie, joie, pleurs de joie !

Quelle surprise de découvrir une nouvelle image de toi !
Comme tu as de beaux yeux, encore ! (même si je ne suis pas le loup du petit chaperon rouge...).
Merci d'être toujours là, même loin
Le monde n'en a que plus de saveurs.

Brigitte Fontaine à la télé hier soir
- Ah que la vie est belle !

20100307

Marées - (et si tu étais là)

Il y a des jours où je me sens excessivement loin de toi, et où tu n'arrives dans mes pensées que dans l'après midi. Aussitôt je m'en veux et presque comme une prière, je demande à conserver la force de penser à toi. D'autres fois, comme aujourd'hui, il semble que tu débordes de partout : du ciel, des gens, des murs, des interstices, et même des situations. Comme une marée qui monte. Alors, tout mon être tremble, et je frissone du plaisir de ton absence devenue si réelle, presque palpable.
Ma première bonne affaire au souk, le départ d'amis, la fatigue, voilà ce qui préside au "storm surge..."

20100302

Il pleut (c'est tout ce qu'il sait faire)

Ce soir je suis un peu triste de voir partir un gentil garçon
Heureux de recevoir ma maman

Et il y a du vent et de la pluie, alors ça semble un peu vivant.

Je t'embrasse, petit poulet.

20100228

Z - Le temps de conclure

Pourquoi avoir mis tant de temps ?
Tant de zigzags,
Tant de rêves ?

L'abécédaire est fini, il faut trouver un autre projet.
Un calendrier de l'avent ?
Trop tôt...

Alors, en attendant, toujours quelques lettres éparses. Témoins de mon témoignage.

Dans quelques jours, Paris, afin de distraire un peu le présent par le passé.
Je t'enverrai une carte postale de pensée, espérant qu'elle te rejoigne, au moins dans une autre dimension, sinon dans un de tes beaux rêves.

20100131

Y - Le chemin de Pythagore

L'embranchement.

Question de CLG (culture littéraire générale) :

"L'embranchement dans une œuvre de votre choix"

20100122

X - Il n'y a plus d'inconnu(s)

Nous arrivons vers la fin de cet abécédaire. J'ai tenté de parler le plus possible de choses belles et extérieures à mon irrémissible vide, avec la sensation d'échouer la plupart du temps. Tout de même, c'était un bel essai...

Je me rends compte qu'avant de te rencontrer il me manquait quelqu'un et que depuis notre séjour à Villars c'est toi qui me manques.

Le reproche que je me fais souvent c'est de n'être pas vraiment amoureux mais de rêver de l'être. Comment faire autrement ? Tu es si loin, j'ai tellement peu de lumière de toi me parvenant, qu'il faut bien pour compenser qu'embraye l'imaginaire. J'espère avoir la chance dans l'avenir de partager encore quelques moments avec toi.

Je continue de penser à toi.

20100110

W - Willy

Voici l'article le plus exigeant - La 23ème lettre.
Que raconter, et comment, en espérant être à la hauteur ?
Une rencontre bien improbable, une rupture inévitable et tellement douloureuse.
Un enchantement de quelques jours qui a eu pour cadre un vieil hôtel, un petit train, une salle de spectacle et quelques tableaux .
Une matière bien suffisante pour durer, en somme.

20100109

V - Voix (donner de la)

Chance inacoutumée, un orchestre de cuivre accompagné d'une soprano vient répéter devant le bar tous les matins cette semaine. Bien que l'acoustique ne soit pas fameuse, c'est une brêche qui s'ouvre dans le triste réel, et la voix fascine, ordonne, assagit la brutalité de ceux qui l'entourent - même si un grand nombre tente de résister...

Quant à moi, qui vais sur mes trente ans, n'est-il pas temps de donner de la voix, d'écrire enfin quelques pages suivies, de construire des paragraphes aussi volantaristes qu'un chant ?

Le chant du rêve qui cette nuit si je l'analyse correctement m'enjoignait de renoncer, non pas au monde mais à l'art, puisque je voyais tous mes anciens amis devenir fous et que j'abandonnai la course avant une montée inattendue, craignant l'effort, mais à ma vie présente, dissipée, inutile, improductive ? Est-ce le sujet qui parle ?

20100108

U- Joker : je ne trouve rien à dire sur ce U (Proust by himself)

Your favourite virtue. Le principal trait de mon caractère. Le besoin d'être aimé et, pour préciser, le besoin d'être caressé et gâté bien plus que le besoin d'être admiré.
Your favourite qualities in a man. La qualité que je préfère chez un homme. Des charmes féminins.
Your favourite qualities in a woman. La qualité que je préfère chez une femme. Des vertus d'homme et la franchise dans la camaraderie.
Your chief characteristic.
What you appreciate the most in your friends Ce que j'apprécie le plus chez mes amis. D'être tendre pour moi, si leur personne est assez exquise pour donner un grand prix à leur tendresse.
Your main fault Mon principal défaut. Ne pas savoir, ne pas pouvoir « vouloir ».
Your favourite occupation. Mon occupation préférée. Aimer.
Your idea of happiness. Mon rêve de bonheur. J'ai peur qu'il ne soit pas assez élevé, je n'ose pas le dire, j'ai peur de le détruire en le disant.
Your idea of misery. Quel serait mon plus grand malheur ? Ne pas avoir connu ma mère ni ma grand-mère.
If not yourself, who would you be? Ce que je voudrais être. Moi, comme les gens que j'admire me voudraient.
Where would you like to live? Le pays où je désirerais vivre. Celui où certaines choses que je voudrais se réaliseraient comme par un enchantement et où les tendresses seraient toujours partagées.
Your favourite colour and flower. La couleur que je préfère. La beauté n'est pas dans les couleurs, mais dans leur harmonie.
La fleur que j'aime. La sienne- et après, toutes.
Your favorite bird L'oiseau que je préfère. L'hirondelle.
Your favourite prose authors. Mes auteurs favoris en prose. Aujourd'hui Anatole France et Pierre Loti.
Your favourite poets. Mes poètes préférés. Baudelaire et Alfred de Vigny.
Your favourite heroes in fiction. Mes héros dans la fiction. Hamlet.
Your favourite heroines in fiction. Mes héroïnes favorites dans la fiction. Bérénice.
Your favourite painters and composers. Mes compositeurs préférés. Beethoven, Wagner, Schumann.
Mes peintres favoris. Léonard de Vinci, Rembrandt.
Your favourite heroes in real life. Mes héros dans la vie réelle. M. Darlu, M. Boutroux.
Your favourite heroines in real life.
What characters in history do you most dislike.
Your heroines in World history Mes héroïnes dans l'histoire. Cléopâtre.
Your favourite food and drink.
Your favourite names. Mes noms favoris. Je n'en ai qu'un à la fois.
What I hate the most Ce que je déteste par-dessus tout. Ce qu'il y a de mal en moi.
World history characters I hate the most Personnages historiques que je méprise le plus. Je ne suis pas assez instruit.
The military event I admire the most Le fait militaire que j'admire le plus. Mon volontariat !
The reform I admire the most La réforme que j'estime le plus.
The natural talent I'd like to be gifted with Le don de la nature que je voudrais avoir. La volonté, et des séductions.
How I wish to die Comment j'aimerais mourir. Meilleur - et aimé.
What is your present state of mind. État présent de mon esprit. L'ennui d'avoir pensé à moi pour répondre à toutes ces questions.
For what fault have you most toleration? Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence. Celles que je comprends.
Your favourite motto. Ma devise. J'aurais trop peur qu'elle ne me porte malheur.