20100326

Carte Postale 2/3 : Gens de Paris

Revoir des visages, qui, au contraire des murs, ont changé, entraînés dans l'existence par quoi ? Le temps, le destin ou le hasard ?
Chacun s'est rigidifié dans le rôle qu'il a choisi. Par reflet je m'imagine ainsi plus dur, moins flexible, marqué par les dix dernières années - Immobile aussi sur certains points.
La mère, l'amant, l'ami, la patronne du café : comment résister, au sein d'un décor, à son personnage de carton ?

20100325

Les bosons de Higgs et la Lune Verte

Quelques milliards d'années plus tôt, la matière rassemblée dans l'espace d'un terrain de foot.
Ainsi, nous fûmes déjà proches physiquement.
Chacune de nos molécules, avant même d'être constituée a vaincu son double d'antimatière.
Comme l'idée de Dieu est triste, par rapport à cet éclair.

Et, en même temps, tout est normal...

20100322

Carte Postale I : Les murs de Paris

Mon petit poulet,

Les murs de l'aéroport, si sales, même pas entretenus
Les murs du RER en mode mixte Réparation / Ruine (La station Luxembourg, d'ailleurs)
Les arrières murs qui disent la vérité sur les supermarchés de banlieue
Les murs d'Henri IV, que rasent ses élèves si semblables à ceux de mon temps
Les murs du Finnegans wake, mon repaire, là où repose une partie de ma bibliothèque, en sursis (scission prévue en murs , fond de commerce, Licence IV)
Les murs du cinéma, un film sur le bar - A Good Heart - et sa morale : "un homme doit pouvoir partir à la guerre et revenir dans son bar inchangé"
Les murs des appartements des amis, à l'intérieur desquels je me sens si bien que je ne parviens pas à dire la solitude des autres jours.
Les murs de Beaubourg, ma maison, ce lieu de bonheur inoxydable

Les murs inconnus que tu fréquentes, et qui sont bénis par ta présence

Carte postale de Marrakech instead

Mon poulet,

Je voudrais que tu puisses voir cette place. Je t'emmenerais voir les marchands de menthe, qui sont devenus mes amis.
Il faudrait changer la place de la Concorde en place Jemâa el fnâ...

Je t'embrasse, j'espère que tout va bien.

Tristan

20100321

Le seul moyen de vivre

Mes excuses à Clarice pour la mauvaise citation de son titre (qui n'est pas le sien mais l'extrait d'une lettre que voici )

"Ma petite sœur, écoute mon conseil, écoute ma demande : respecte-toi plus que tu ne respectes les autres, respecte tes exigences, respecte même ce qu'il y a de mauvais en toi - respecte surtout ce que tu imagines être mauvais en toi - pour l'amour de Dieu, ne cherche pas à faire de toi une personne parfaite - ne copie pas une personne idéale, copie-toi toi-même - c'est le seul moyen de vivre." (Berne, le 6 janvier 1948).

20100320

Préambule aux trois cartes postales : Les murs de Paris ; Les gens de Paris ; L'avenir

Je suis en train de lire un recueil de lettres de Clarice Lispector, une écrivain brésilienne célèbre qui est souvent rapprochée de Marguerite Duras (mais je n'adhère pas vraiment à cette comparaison) et dont Hélène Cixous parlait souvent dans son séminaire. Dans les lettres qu'elle envoie à son jeune fils en séjour aux Etats-Unis, elle ne cesse de l'appeler par des noms affectueux : "Ma petite sauterelle", "Mon moustique", "ma fleur d'avocat" etc... C'est idiot mais j'aime beaucoup cela, tu le sais bien, puisque de temps en temps - moins que j'en aurais envie, car j'ai peur que tu trouves cela ridicule - je t'appelle "mon petit poulet." Est-ce que tu trouve cela ridicule ? Ce n'est qu'une façon littéraire de se rapprocher d'une personne éloignée et de lui témoigner un peu d'affection sous la forme d'un vocable unique, qui en qualifiant la relation lui donnerait le même caractère unique qu'un prénom. Rassure-toi, je ne te nommerai pas ainsi en public, si l'occasion s'en présentait...
Je suis content d'avoir trouvé ce livre de Clarice, racoleusement intitulé "la seule façon de vivre" : comme autrefois, la lire me convainc de ne pas avoir honte de parler des choses qui me préoccupent, et m'encourage à baisser le niveau d'exigence de mon auto censure. Je vais tenter d'écrire chaque fois que j'aurais envie de boire ou de fumer : je voudrais que l'écriture devienne ma nouvelle drogue. Cela commence à faire long pour une simple carte postale - considère ce paragraphe comme un simple préambule, dans lequel que m'arroge le droit de commencer mes trois cartes à venir "Cher petit poulet".

20100319

Carte postale de Paris

Cher Willy,

Cette carte postale n'est pas vraiment de Paris, puisque je suis déjà de retour au Maroc après à peine deux jours passés au loin. Je voudrais te montrer quelques unes des images (sous forme écrite) qui ont marqué mes vacances, et l'ouverture de ma quatrième décennie...

Tu me manques,

Je t'embrasse

20100314

Dans la solitude des grosses vagues

Comme j'aime la météo
"Homme libre, toujours tu chériras (les tempêtes)"
Tomas et Ului,
Des vagues,
Du vent,
Et surtout, un système, des modèles, un discours.

Le vent l'emportera
(et tout disparaîtra...)

20100312

Projet

Je me demande ce que je fais ici, dans cette existence sans-dessus-dessous et spasmophile.
Le décor idéal serait :
Une petite maison vieillotte
Des livres
Un peu de thé
Une forêt sombre dont les arbres choisiraient de se taire devant les angoisses du promeneur, par pudeur, peut-être, sinon par empathie.
La joie viendrait paradoxalement des heures sombres

20100311

Joie, joie, pleurs de joie !

Quelle surprise de découvrir une nouvelle image de toi !
Comme tu as de beaux yeux, encore ! (même si je ne suis pas le loup du petit chaperon rouge...).
Merci d'être toujours là, même loin
Le monde n'en a que plus de saveurs.

Brigitte Fontaine à la télé hier soir
- Ah que la vie est belle !

20100307

Marées - (et si tu étais là)

Il y a des jours où je me sens excessivement loin de toi, et où tu n'arrives dans mes pensées que dans l'après midi. Aussitôt je m'en veux et presque comme une prière, je demande à conserver la force de penser à toi. D'autres fois, comme aujourd'hui, il semble que tu débordes de partout : du ciel, des gens, des murs, des interstices, et même des situations. Comme une marée qui monte. Alors, tout mon être tremble, et je frissone du plaisir de ton absence devenue si réelle, presque palpable.
Ma première bonne affaire au souk, le départ d'amis, la fatigue, voilà ce qui préside au "storm surge..."

20100302

Il pleut (c'est tout ce qu'il sait faire)

Ce soir je suis un peu triste de voir partir un gentil garçon
Heureux de recevoir ma maman

Et il y a du vent et de la pluie, alors ça semble un peu vivant.

Je t'embrasse, petit poulet.