20110223

Une femme Mariée

Aujourd'hui,
Psy ("prendre un parti")
 
Annversaire de Gaël : il y a dix ans, je déposais devant sa porte vingt belles roses pour son anniversaire;
Premier salaire, première roses, premier amour.
Aujourd'hui encore, sa voix me fait comme frémir;
Il va venir, peut-être !
 
Demain, je vais à Villars...
Je crois que je t'aime, même sans contrepartie
 
Pourquoi est-ce si difficile ?
 
Je suis si heureux de repasser sur tes traces !
Un peu craintif, aussi.
 
J'espère que tu vas bien.

20110219

On ne demande pas à un nuage...

Lorsqu'un nuage se déchire, se disperse, s'évapore
On explique plutôt que de reprocher
(la température, l'humidité, le cisaillement du vent)
 
Si c'est un homme...
 
 
 

20110203

Rien


En parlant du pain qui lui manque, dans L'espèce humaine, Robert Antelme : "D'aucune autre chose le manque n'appelle autant ce mot : rien."

La musique de cette phrase, sa violence. Quel livre plus terrible ?

Du coq à l'âne : j'ai passé une belle journée, aujourd'hui. Rien n'est donc impossible...

Même sans croire en un Dieu je ne peux m'empêcher de prier, en quelque sorte, pour toi (mais sans aucune mièvrerie). N'est-ce pas que l'amour rend bête ? Parfois à l'inverse dans ma folie il me semble souhaiter que tu sois malheureux afin que tu aies besoin de moi. Je me punis aussitôt par une forte dose de culpabilité.

Rassure-toi : je me soigne, par divers moyens. Mais les remèdes sont longs à agir, et il y a des maux dont on ne veut pas guérir.

Me pardonnes-tu de ne pas t'oublier ? J'essaie de ne penser à toi que discrètement, mais je n'arrive pas à le faire sans laisser la moindre trace.

Pluie de livres soudaines : je parlerai d'eux un moment ? Pour couvrir quoi ? Le rien...

Je t'embrasse. Courage à l'école...

20110125

Où courir ? Où ne pas courir ?

Ce monde qui m'entoure et dans lequel tu n'es pas :
Rien d'hostile, seulement de l'odieusement indifférent. Même les traces fantômes de ta présence renvoient un son mat, dépourvu d'écho, ou bien une lumière bizarrement glauque.
Que tu me manques aujourd'hui ! Comme hier, mais en pire, comme demain aussi, peut-être, et comme je souffre de ton silence, qui, simplement, m'anéantit.
"Aimer, c'est donner ce que l'on a pas", mais je n'ai plus personne à qui donner ce manque, ou ce rêve.
Où es-tu ?

Je me dessine un plan pour survivre, je "t'"en reparlerai plus tard

20110117

"Et le temps (qui bat la mesure)"

 
Ecrire comme un fou
Courir loin des ruines
Relire
Ecrire,
sans honte,
sans peine,
sans peur.
 

20110101

HNY

Happy New Year Monsieur William...

Je me demande bien ce qui t'arrivera cette année...
Je te souhaite ce qu'il y a de mieux en tout cas ! Et beaucoup de belles surprises.


Tristan

20101226

"Nuits sans nuits et quelques jours sans jours"

Cher Poulet,
 
Je n'ai pas écrit depuis longtemps... Cela ne veut pas dire que je t'oublie, bien sûr, mais plutôt que ma vie est mal rangée...
J'ai tant de choses à te raconter !
Je vais essayer, demain.
J'espère que tu vas bien. J'ai aperçu quelques uns de tes dessins sur Facebook et j'ai été vraiment étonné par ta maîtrise et le choix des thèmes. Je n'ai su prendre le temps de bien les regarder mais j'ai eu chaud au coeur en voyant la réalité de ton amour pour le dessin, que je ne connaissais qu'en théorie.
 
Aujourd'hui il a fait beau pour la première fois depuis des semaines... Les montagnes étaient magnifiques, mais occupé à décharger de ses bagages un train je n'ai pas pu m'arrêter pour photographier la neige qui s'envolait des sommets comme la fumée d'un volcan.
 
Bon Noël ! je suis sûr que cela te fera du bien d'être un peu à la maison.
 
Je relis "l'oeuvre de Dieu, la part du Diable" de John Irving, en me disant que ça te plairait aussi, en te donnant un regard nouveau sur l'anatomie de Gray.
 
Bises, monsieur W.
 
Tristan
 
 

20101126

"Mainte fleur épanche à regret / Son parfum doux comme un secret / Dans les solitudes profondes" (Baudelaire)

C'est ainsi également que tombent silencieusement les flocons de neige, le silence étant ici un bruit presque palpable.
Quelle belle vue, cette nuit, que cette averse douce et blanche !
J'imagine aussi, perdu dans le coin d'une vallée élevée, près d'un chalet abandonné pour l'hiver (et, sans doute, abandonné tout court à son sort d'un autre temps), un peu de neige qui chute de la branche surchargée d'un sapin.
Qui est là pour témoigner de cet événement si sage ? N'est-ce pas là le rôle du poète, et l'espace-temps propice au haïku ?

20101124

"Tombe la neige (tu ne viendras pas ce soir)"

Les messages envoyés autour de sept heures du soir ne sont jamais bons : ils sont toujours trop teintés par la mélancolie qui accompagne systématiquement pour moi cette heure de la journée. Contrairement à ce qui semble se passer dans "La Chèvre de Monsieur Seguin", l'heure de la mort ce n'est pas l'aurore, c'est "entre chien et loup" quand les illusions de la vie tombent, pas encore remplacées par les rêves, ou l'ivresse.
Sur les titres, as-tu remarqué comme ceux des livres sortis récemment sont beaux et accrocheurs ? Je n'ai pas d'exemple à te donner car j'ai la tête bien vide, ce soir (ce doit être l'altitude, ou le décalage géographique et horaire). La multiplication des sorties oblige les auteurs (ou les éditeurs) à rivaliser de talent et d'idées pour inciter l'hypothétique lecteur à se saisir du livre. La "captatio benevolentiae" se déplace de la première page à la couverture, au risque, sans doute, de tout donner dans l'instant. Je collectionnerais bien plus facilement les titres que les livres, en ce moment...

Il y a beaucoup de choses ici qui me font penser à toi (la proximité de Martigny, notamment, à travers les lignes de trains, les panneaux indicateurs, les montagnes, et jusqu'à la présence de prospectus de l'exposition Nicolas de Staël (que j'ai manqué de 3 jours...) sur le même format que ceux de Chagall). J'essaye de me concentrer sur mon travail, mais je suis encore le seul membre de l'équipe de bar pour quelques jours; ce n'est pas si facile, donc !

J'espère que tu vas bien et que tu me donneras bientôt de tes nouvelles (quand tu ne seras plus un Petit Poulet Furieux).

20101122

Petit journal en mode absence

Absence ? De qui ? De quoi ? Dans quel sens...
Tentative de dialogue sous une forme plutôt ambitieuse : comment en
effet parler à deux lorsqu'on est tout seul ?
Alors, un petit jeu : varier les heures d'écriture : une fois le matin,
peu après au réveil, ensuite à l'heure du déjeuner, puis après l'apéro
du soir, et enfin au coucher. Voilà qui devrait suffire à varier un peu
le ton, bien évidemment, rien ne compense l'ABsEnCe, il faut bien
tricher un peu pour survivre.
Aujourd'hui, je me suis gavé du soleil sur ma peau. Les odeurs et la
Lumière. Point de départ de ce voyage : la maison (mais est-ce vraiment
chez moi ?).
Point de départ = "on ne part pas" ?
Demain, 6h00, Paris Métropole, hiver, 0 dégré.
Pour faire comme si je me rapprochais de toi, j'emprunterai à dessein un
fragment de ta ligne de RER. Déjà, je me prends pour une religieuse
portugaise (mais plus chanceuse)

20101111

"THE DAY THE EARTH STOOD STILL"

Cher W,
Position d'équilibre au bord de l'abîme...
J'ai besoin d'un peu de temps pour quitter cette zone de turbulences...
Mais je ne renonce pas à la quête de la joie. Même si je dois reconnaître que, là, tu ne m'aides pas beaucoup !!

20101029

Morale de l'absence, Absence de morale

" La vérité se "mi-dit" plutôt qu'elle se dit, indique subtilement
Lacan. Tenter de la dire toute, nous condamne ainsi à la perdre. C'est
dire qu'il n' a pas plus de sincérité sans retenue, que de paroles
vraies sans pensées à jamais vouées au silence. Ce sont ces pensées
silencieuses, index d'un réel, qui permettent à la parole de
s'ordonner." (Anaëlle Lebovits, in Le diable probablement n°8 p9)

C'est donc ici que se réorganise ce qui surnage du non-dit et qui a
réchappé du naufrage, si naufrage il y a eu. Est-ce de la résistance ?
Non, au contraire, c'est le réel qui suit son cours. Et le début de
quelque chose de neuf.

Bon, autant dire tout de suite qu'à l'heure actuelle ce n'est pas très
joyeux - Mais tout n'est pas vide,, heureusement, et l'espace se
remplit.

20101012

20101005

"L'année du miracle et de la tristesse"

Cher William,

En deux mois j'ai réussi l'exploit de te retrouver, et de te perdre à nouveau ...
Je m'en veux un peu, quand même !!
Il n'y a pas grand chose, à part de la tristesse, ce soir...

Je t'embrasse, et j'espère que tout va bien se passer pour toi.

...

20100913

S'ouvrir au monde (version 2)

 
There are few sights in the natural world more impressive than a hurricane near maximum intensity. Hurricane Igor certainly fits that description this morning, as it flirts with Category 5 strength in the Central Atlantic. Igor's rapid intensification burst brought the mighty hurricane's winds to 150 mph, just shy of the 156 mph threshold for Category 5 status. Igor is the strongest hurricane in the Atlantic in three years. The last hurricane stronger that Igor was Category 5 Hurricane Felix of 2007.

S'ouvrir au monde (version 1)

 
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levi strauss

Pas plus que l'individu n'est seul dans le groupe et que chaque société n'est seule parmi les autres, l'homme n'est seul dans l'univers. Lorsque l'arc-en-ciel des cultures humaines aura fini de s'abîmer dans le vide creusé par notre fureur, tant que nous serons là et qu'il existera un monde - cette arche ténue qui nous relie à l'inaccessible demeurera, montrant la voie inverse de celle de notre esclavage, et dont, à défaut de la parcourir, la contemplation procure à l'homme l'unique faveur qu'il sache mériter : suspendre la marche, retenir l'impulsion qui l'astreint à obturer l'une après l'autre les fissures ouvertes au mur de la nécessité et à parachever son œuvre en même temps qu'il clôt sa prison ; cette faveur que toute société convoite, quels que soient ses croyances, son régime politique et son niveau de civilisation ; où elle place son loisir, son plaisir, son repos et sa liberté ; chance, vitale pour la vie de se déprendre et qui consiste - adieu sauvages ! adieu voyages ! - pendant les brefs intervalles où notre espèce supporte d'interrompre son labeur de ruche, à saisir l'essence de ce qu'elle fut et continue d'être, en deçà de la pensée et au-delà de la société : dans la contemplation d'un minéral plus beau que toutes nos œuvres, dans le parfum, plus savant que tous nos livres, respiré au creux d'un lis ; ou dans le clin d'œil alourdi de patience, de sérénité et de pardon réciproque, qu'une entente involontaire permet parfois d'échanger avec un chat.

Claude Lévi-Strauss, dernières phrases de Tristes tropiques, 1955.

20100910

Oh une amie

 
Cher William,
 
Pour la première fois depuis longtemps j'ai trouvé une amie à qui je pouvais me confier. Pour la première fois j'ai raconté notre histoire à quelqu'un... Quel bonheur ! Un grand poids a soudain disparu de ma poitrine.
 
Pardonne-moi de t'avoir tant demandé d'un coup. J'ai vraiment été bête et pour le coup c'est toi qui a montré plus de maturité que moi. Un comble... J'espère ne pas avoir tout gâché, et que le temps me guérira,  qu'on partagera encore des choses, plus tard, et surtout qu'il y aura beaucoup d'humour, de légereté, et de confiance.
 
Je crois qu'il est temps que je me taise, maintenant, et que j'ouvre les yeux sur le monde...

20100909

Projets (time is running out)

Je me donne cinq ans pour devenir écrivain
Six pour courir un marathon
Sept pour enseigner l'Aikido
Dix pour devenir psychanalyste.


Aujourd'hui je suis malheureux, tes messages et nos échanges si récents auxquels je m'étais instantanément habitué me manquent. Tu me laisses lamentable sur une plage déserte et sans charme. Il faut que je laisse passer quelques jours pour que ma gorge se déserre. Encore laisser passer les jours... Longue, interminable convalescence. Ne suis-je pas pathétique en souhaitant que tu sois au moins mon ami ? J'ai peur que même ce souhait tu ne me l'accordes pas, et tout en me repprochant d'être nul avec toi et d'avoir commis toutes les erreurs possibles, je ne comprends pas pourquoi tu me fuis si fort et si loin. Je prie pour que tu changes d'avis, que tu reviennes juste un petit peu de temps en temps. I just hate myself today.

Je t'embrasse en secret.