20080930
Shrinking shrimp (haïku irrégulier)
Une crevette s'approche, attirée par la lumière, effleure un polype.
Aussitôt elle fond,
se dissout,
n'est plus qu'une tâche rose orangée, disparaît. Si vite.
Au dessus, les rayons de la Lune percent la surface de l'eau.
Quelques paires d'yeux brillent.
Ainsi va la vie sur Terre, si loin des astres solitaires, si proche de l'appétit corrosif du monde.
20080929
"Il n'y a pas de hasards, il n'y a que des rendez-vous" - Paul Eluard
Toujours la métaphore spatiale
Il me semble encore que pour ne pas désespérer de te revoir jamais et m'affliger de manquer tant de jours qui feront ton histoire il suffit de penser à ta venue d'autrefois comme celle d'une comète, événement décelable et reconnaissable par tous - le météore revenant périodiquement en portant sur lui tous les éléments de sa transformation
"La comète enfin leur échappe, mais elle n'échappe pas à l'archange..." (Chateaubriand, Le Génie du Christianisme)
Et de plus en plus, la métaphore météorologique : nous avons passé tellement d'heures à observer les cyclones, les facteurs innombrables qui dictent leurs déplacements qu'il devient pour nous évident que les baptiser ainsi que des êtres vivants n'a rien d'hérétique, et qu'en les regardant non pas comme des humains peut-être sinon comme des êtres semblables à nous par leur naissance, les péripéties de l'existence et leur mort on éclaire l'interprétation de nos propres actes avec une lumière nouvelle et rassurante.
Alors, de ces aspects de notre rencontre émerge une évidence : le réel ("Le réel c'est quand on se cogne") et il ne faut plus boire pour oublier.
20080716
Retour à la terre
“J’avais dans la gorge le goût salé des larmes qui ne coulent pas. » George Moréas in Le flic qui n’avait pas lu Proust
20080320
20080229
Uncanny
Where are you Montaigne ?
20080227
If you're going to San Fransisco
L'interzone, encore, mais cette fois à jeun, la drogue c'est l'ennui, dans son horreur et son côté incompréhensible. Comment peut-on s'ennuyer ? Et rêver de fuir un endroit où l'on a voulu se rendre?
C'est que j'ai rêvé de ce lieu comme le plateau de tournage de La nuit Américaine, sans la certitude du metteur en scène
L'interzone : comme ce livre, et ce film me plaisent, comme j'imagine le son de cette Clark-Nova.
Un monde de sons, étranger à celui du silence dans lequel je ne me suis pas encore réfugié.
L'écriture est inefficace, comme toujours, dès qu'il s'agit de dire des choses banales.
"Parler avec les mots des autres...",
20080226
Godard, Julien, les enfants (re-tour à la terre)
"Nous sommes des oiseaux géants, nous ne voyageons pas souvent"
Il y a des paroles immortelles...
20080225
Miettes...(Madeleine en)
| souvent, dans ce bout du monde, comme une spore s’entrouvre en atteignant un endroit dans lequel la survie est de nouveau possible, où les conditions sont meilleures, une ligne, une image ou bien un son, auxquels tu t’étais attaché et qui portent un fragment toi, libèrent soudain comme la réalité de ta présence passée. Thème littéraire si riche, joie si intense de te retrouver par surprise au milieu d’un autre univers. Par exemple : Joe Dassin (oui, encore), Le festin nu de Cronemberg, un fragment de Quignard, qui t’avaient, ou que tu avais désigné. Peut-être, ce phénomène se reproduit-il pour toi. Pourvu seulement qu’il ne précipite aucune ombre dans tes yeux. (« ma fille, ma fille je tremble ») |
20080221
Humour en larmes
Cette existence est une guerre, pourquoi, quelles raisons ?
Une force à chercher, un humour à trouver dans cette satire.
Si je n’écris pas assez, c’est que je cherche encore le langage, et que je rassemble ici quelques trésors qui sans cesse me retournent ton regard
columbus-isle.blogspot.com
Sur une musique d'un film de WKW avec sa lune sur fond de nuages
Ce soir éclipse lunaire : comme Proust fait revivre après coup les disparus en ne reprenant pas leur nom mais leur phrase, leur empreinte idéelle, je me blottis contre toi qui regarde, peut-être, à travers une fenêtre de ton pays froid.
20080220
Fin de parenthèse
“Faute d’aura, au moins éparpillons nos effluves” (Henri Michaux)
J’essaie de parler depuis le silence et cette étrange posture, puisque d’aventures ici, peu. A moins que Colomb ait été confronté aux mêmes ennuis que moi, et que la vie aventureuse soit justement cette succession infâmes d’épisodes sans gloire, d’avanies, de blessures qui tiennent plus de la vulgaire et insidieuse piqûre d’insecte que de la mutilation de guerre. Et toi, Arthur, souffrais-tu des brûlures du sable ?
20080129
Correspondance
Est-ce que je te cache des choses, sinon la répetition des jours, que tu peux aisément deviner ? Je me reproche de ne pas penser correctement à ti, en ne te parlant ni des choses belles, ni des caractères si laids que je rencontre parfois. C’est que je doute encore de ma capacité à te les décrire. Ma mère m’a fait parvenir la correspondance de Proust, qui ne doit pas venir souvent visiter ces contrées. Ses phrases, la différence entre son style d’adolescent et l’assurance, la lassitude portée par la maîtrise de l’âge adulte me font replonger dans des délices. Brièvement toutefois, avant que je ne retombe dans cette angoisse qui me torture ici.
Je ne suis pas complètement bien, mais je vois cela comme une posture désagréable qui conduira à la dissolution de quelques contradictions ; car là où je ne recule pas, je progresse. J’espère avoir le temps de te décrire tout cela dans les prochains jours.
Je t’embrasse
20080118
Journal I
J'ai mangé avec des gens qui ont a la maison un lapin qui aime les bananas. Leur fils de dix ans pleurait, parce qu'il était triste de partir. J'ai regardé l'avion atterrir, un bœing 737-800, qui a fait une verticale piste à 1000 pieds , puis une vent arrière main droite avant de se poser. Quand je suis en bout de piste j'ai toujours l'impression que l'avion va se poser sur ma tête. Tout cela n'a pas beaucoup d'intérêt, n'est-ce pas, mais c'est l'enregistrement d'un fait de l'univers, comme un peu de poussière retombant sur Mars après la tempête. Comme le printemps ne peut s'actualiser que sous la forme du printemps, la solitude que comme folie.
Et mes amis birmans me regardent avec douceur, sans aucun agacement devant ma lenteur à les rejoindre.
20080114
Le temps d'une présence
“Tant que je présume que le temps va à sens unique, je ne puis jamais saisir le sens de l’inachevé » (Dogen)
TRANSIT
Ce soir deux garçons qui conduisent un bateau vers Saint Martin. Ils s’arrêtent ici, pour la nuit, sur une passerelle vers l’autre monde
20080113
Peut-être un journal
| Peut-être un journal serait-il plus intéressant, Pour toi Et non le récit du vide des jours à l’intérieur, de ce qui n’est pas encore la joie, ni le satori – encore moins Toujours porté par ton absence Et huit souvenirs de toi, Comme les huit faces d’un cube Qui est le jouet de qui ? |
20080108
"Ce que la nuit tissera décidera l'avenir" (Gilgamesh à Enkidou)
Mais « And dead once dead ther's no more dying then » (Shakespeare)
Juste, devant le large ciel,
Devant les souvenirs...
A l'heure où probablement tu te lèves...
Je t'aime
20080101
20071230
fossiles (et si je rêve tant pis)
Les autres avant étaient une prophétie
Les autres après une offrande, un monument
Toi comme reflet des autres
Tous les autres une émanation de toi
Quel joli jeu, indécidable, itinérant, itératif
Et tes yeux ?
Prétexte à la méditation infinie...
20071229
Autre fois
D'autres îles, par le biais du vent
Les petits bouddhas birmans attentifs
Aux froissements de la texture des âmes
De ceux qui
Il y a longtemps,
Les placèrent.
Je pense à toi, mais ta présence est lointaine
D'un autre temps,
comme séparée par autant d'années
Qu'en réalité de jours.
Quel est ce voile,
Quelle prière prononcé par un puissant
Est-elle en train de nous recouvrir ?
