20091123

Réduit à quia (Marcher tout doucement vers une fontaine)

Est-ce cela la sublimation ? La répétition de la névrose qui fait que l'acte semble s'enkyster pour devenir talent : la répétition de la faille créé progressivement la voix - le chant, la danse, l'artisanat, la parole. C'est la pratique, encore, quand la répétition effece le doute.

Sur le silence : "Le secret, cette réserve qui, si elle parlait, la faisait différer de parler, lui donnant parole en cette différence.

"Vous-ai-je jamais promis de parler ?" - "Non, mais c'est vous même qui étiez, ne disant rien et refusant de rien dire et restant liée à ce qui ne se dit pas, promesse de parole."

Ils ne parlaient pas, ils étaient les répondants de toute parole encore à dire entre eux" (Blanchot, L'attente l'oubli)

Pardon pour toutes ces idées amassées comme au hasard... Je n'ai pas le temps de faire d'aussi joli paragraphes que je le voudrais.
Mais quand même l'espoir d'être des répondant de toute parole encore à dire entre nous

20091113

P - Psychanalyse ("Ne cède rien sur tes désirs"), Politique (One-dimensional man), Paris Métropole

A quatorze ans je commençai à lire "Introduction à la psychanalyse." Sans probablement en avoir tiré grand chose - et sans même l'avoir fini j'eu l'impression q'une porte s'ouvrait dans le réel, que les mots prenaient soudain de l'épaisseur. Qu'on puisse transformer le rêve en un message, que des trappes cédant sous la langue mènent à une vérité intime, cela me fascina. Ensuite - était-ce une période de latence ... ? - la présence : Cixous, Derrida, Lacan, Kristeva un peu moins : le "savoir plus" de la psychanalyse, sa longueur d'avance dont tout le monde se méfie : ce que vous dites est un peu plus que le vous-même apparent, et dans cet "un peu plus" se déroule une histoire, le vous en histoire.

Je note que chez moi Il n'y eu langage (langage conforme aux attentes, langage de briques) que lorsque les désirs furent ignorés, ou non assumés, ou brimés. Ensuite, le "dit du désir" transforma la parole en bribes, en fragments, en ennui. Il n'y a plus de désir de phrase - mais alors c'est un langage, poétique, dans le sens ou il s'hallucine du désir - que lorsqu'il y a de l'amour, ou , du moins, de l'érotique.

De même, la politique, la vraie, ne sort pas du langage (il faudra en reparler)

Politique personnelle : la morale. Comment devons-nous vivre ? En mouvement, toujours, ne rien accumuler mais maintenir une posture juste. Aussi douloureux, profitable à long terme au moral qu'au physique. La vie à l'étranger (traces de Paris), expatriés snobs et inquiets de l'institut français de Marrakech. Que va-t-on chercher dans la présence française à l'étranger. Le nom d'un café : comAparis (le A comme figuration de la tour Eiffel). Et moi-même, rassuré par la présence de ces livres, de cette programmation cinématographique si convenue. ET, quand même, sous la forme d'une muraille, d'une chaîne de montagne, un peu d'étrange....

La chronique, parler du temps, de la route du temps sur laquelle on chemine, de l'époque qui nous déchire de ses barbelés, c'est aussi de la politique.

20091109

O - Oubli ("à toutes les femmes que j'ai aimé un jour.")

Alors, le O, ce pourrait être le centre, puisque l'on sait que ce qui est oublié ne l'est jamais innocemment. Ce que j'oubliais sur la littérature, l'autre jour , "Quid illuminans et illuminatum prefulgens", dit Dante en défendant sa langue italienne, "ce qui donne lumière et qui, illuminé, resplendit".
Le centre donc, et la figuration d'une route autour du vide, la voie zen.
Le refus de l'oubli : le premier mot, qui en appellera d'autres - l'incipit, rompant la page blanche, fait du vide le lieu de naissance de l'histoire. Absence, présence, le O se retourne ainsi à la façon de l'anneau de Moëbius.

N - Numéro 6 ("... Pour trouver du Nouveau !")

N'ai-je pas déjà parlé du prisonnier comme image délirante du Club Med ? Encore aujourd'hui, l'ancien numéro deux, vient menacer le numéro quatre, qui s'en prend aux hommes libres...
Dure journée aujourd'hui, et de nouveau les belles idées qui m'apparaissent encore parfois au matin s'évanouissent quand vient le soir, et pour toi il ne reste plus qu'un souffle. Soit espérer que quelque chose finira par passer, ou bien changer de rythme...

20091102

M - Mensonge et messages (larvatus prodeo)

Quand commence le mensonge ? Peut-on se mentir à soi-même ?
Notre histoire a commencé dans le mensonge, et s'est terminée douloureusement dans la vérité. Horreur, n'est-ce pas ? Et pourtant, quels beaux moment passés ensemble...
Alors, cela me porte à croire que lorsque le langage se distend, se dissimule, le social se transforme. Et derrière l'écran du mensonge, une dépression, un vide s'installe : comme celui qui soutient le vol des avions. Ainsi, certains pensent qu'un avion s'appuie sur l'air pour voler, alors qu'il est aspiré par le vide qu'il crée en avançant. Le vide dans le social permet un déplacement inédit. Avec toi je me suis senti plus vivant que jamais, exister, finalement.

Toutes les implications de cette découverte... Le zen, la résistance, la philosophie morale...

20091027

L - Littérature et supplément (Montaigne en son château) - Chanson de la plus haute tour

Un peu de retard pour cette première carte postale de Marrakech.
Qui vient s'ajouter aux dix ans d'ajournement en ce qui concerne la littérature dans ma vie.
La littérature c'est : ou bien un monument dédié aux morts, mais qui grâce aux magouilles propres à l'exercice de la parole est loin de les faire se tenir tranquilles (Proust).
Ou bien, le petit ruban volé chez Rousseau, péripétie initiale qui se déroule presque sans s'en apercevoir, mais qui donne lieu à l'apparition de l'auteur, si ce n'est de soi-même.
Ou encore, c'est aux abords du Réel qu'elle se situe, entraîné par son vide qui lui arrache les symboles. "Introibo ad altare dei". Et Joyce, bien sûr.

Alors, de la tour lisante (bibliothèque) / écrivante (Essais) de Montaigne (un "phare" baudelairien ?) au dangereux supplément, que dire de cette "soif malsaine" ?
Rien qui soit sûr... Mais où d'autre habiter ?

Je pense à toi, depuis cette place Jemâa el Fnâ, "Patrimoine immatériel de l'humanité", en me demandant, qui d'elle ou de moi, est le moins matériel...

20091008

K - Kilomètres aller-retour ("Faire le thé et partir")

Pourquoi cette existence errante, sans apparente accumulation, à l'image
d'une révolte adolescente contre les acquis petit-bourgeois - et sans
renoncer vraiment aux charmes de ceux-ci ? Par la force des choses, ou
bien par un choix pas vraiment formulé ?
Cela ressemble à s'y méprendre à une fuite. A moins de considérer un
autre aspect, celui qu'éclaire Barthes (sur un autre sujet...) en
définissant dans "L'intervalle" le Ma et l'Utsuroi japonais : d'un côté
"toute relation, toute séparation entre deux instants, deux lieux, deux
états", de l'autre "le moment où la fleur va faner, où l'âme d'une chose
est comme suspendue dans le vide, entre deux états."
A l'aide de ces déplacements géographiques,aussi, donner à ma vie la
profondeur de l'imaginaire ou le volume romanesque qui lui manquent.

20091005

J - Japon (carnets de quand tu n'es pas là)

Les socialistes reviennent aux affaires en Grèce. Le premier ministre,
fils et petit fils de premier ministre. La démocratie n'empêche pas les
dynasties...
La France devient de plus en plus grise et froide, heureusement que je
vis plus au sud...

Pas encore le Japon, hélas. Ni un travail honnête de planteur de riz qui
apprend l'aïkido.

Et toi ?

20090907

Inepte (infrangible absence)

 
Il m'aura fallu plusieurs jours pour trouver ce i, qui aurait pu être  imaginaire, incertain, ou même interdit. Chaque action, pensées frappées de ce sceau, qui de sain resterait intact ?

20090824

H - Hasard (Analysis of Critical Control Points)

Est-ce le hasard qui détermine une existence ? Ou le destin peut-il prendre différentes formes ? Si je n'avais croisé Hélène, puis Jo, puis Gaël, puis toi, n'aurais-je pas rencontré d'autres caractères qui sous d'autres visages auraient eu les mêmes fonctions ? De la sensation à l'écriture, de l'Ecole à la Nuit, de l'ami à l'amant : qui n'a connu ce chemin ?
Et pourtant, chaque personnage à sa signature, chacun, unique, marque le temps, mon temps.

20090817

Godard (Nul mieux que)

 
Ces derniers jours, la Chinoise (les images de Nanterre en 68), le rapprochement entre le Club Med et les camps de concentration. Jamais je ne le laisse trop loin de moi (même en train vers Villars, près de Rolles)
Son langage, ses images...
 
 

 

20090811

F - Folie

Non seulement le premier hélicoptère - restera-t-il le seul ? -  que j'ai piloté sans aide était immatriculé F- OLIE, mais aussi Deleuze (quelqu'un "perd les pédales")...
 

20090808

D - Qui désire, Délire

Deleuze
La maman et la putain ("Le Jack Daniels dans un film de votre choix")
Lacan
Le programme de l'agrégation 2010.
Autant de signes qu'il y de nombreux comptes à régler... Et que nulle part le raisonnable n'est en vue...


Si le E n'est pas Ellipse, alors...

20090806

C - Culpabilité (Contrôle des habitants)

Dans mon univers aujourd'hui : calcul et rentabilité, plan d'action, passage au crible de tout. Chaque fait, chaque geste doit être justifié, mais pas dans l'ordre du vrai, dans celui du vraisemblable seulement. on calcule, presque, on passe au crible presque tout, on se défend sans cesse. Plus le contrôle grandit, plus la part de ce presque augmente - la part du diable ? - et plus la violence du contrôle est forte, écrasante.

Aujourd'hui, Ewa - qui n'est pas tout à fait un personnage de roman - me disait qu'il fallait que je grandisse. J'aurais pu lui répondre qu'on ne grandissait pas tout seul. Et que tous lieux ne se valent pas (c'est le C du Chat...)

20090805

B - Bien, Beau (idée de)

L'éloge de l'amour dont je parlais tiens sa source dans Platon. Dans le banquet on évoque la beauté qui conduit à l'idée de bien. Dans ces collines de Marathon je croiserai encore bien souvent ces concepts...

20090803

A - Abécédaire, Alcoolique

 
A, comme abécédaire, plutôt que le B de biographie. C'est pour l'attrait à la fois ludique et encyclopédique.
J'aurais aimé que ce A soit l'initiale d'ami. Hélas, c'est plutôt de cet alcool qui m'empoisonne dont il s'agit. Voir Deleuze et sa théorie du dernier verre. Amis, ou plutôt absence d'ami hors de cet alcool qui fait résonner le silence et disparaître les heures de solitude trop nombreuses. Alcool qui me tue et me rend laid, maintenant. Cette première lettre sera-t-elle l'engrenage qui conduira à la dernière ? ("Et l'alcool qui me saoule, ça m'avance à quoi ?" (Joe Dassin)).
Antithèse (encore un A) de l'Amour, de l'humour, de l'indépendance et de tout le reste, finalement. Alcool et négation, alcool et fascisme (par lui même, comme drogue, comme signe de résistance à l'autre, aussi).
 

20090802

Happy birthday... (Eloge des retrouvailles)

 
Je regarde "Eloge de l'amour" et, près de dix ans après l'avoir vu pour la première fois, certaines phrases, par leur place dans le discours et dans l'image, m'interpellent encore, et me font rêver comme si je n'avais pas cessé de les entendre entre mes deux visions du film.
 
Celle-ci :
 
Femme : "Encore un mot.
 
Connaissez-vous la phrase de Saint-Augustin, "La mesure de l'amour, c'est aimer sans mesure" ?
 
 Homme : Oui"
 
Par exemple...
 
Il faut dire que cette réplique figurait dans la bande annonce du film - comme j'allais beaucoup au cinéma elle revenait souvent.
 
Cher William..., j'espère que tu vas bien, que tu es joyeux et entouré d'amis.
Même loin de toi et sans que tu le saches ce sera la fête près d'Athènes, ce soir,  en ton "honneur secret", d'une certaine façon...

20090705

Minuit est la véritable lumière, l'aube n'est pas claire

On peut rêver longtemps sur ce poème zen, qui nous invite à une autre expérience, une logique différente, qui m'attire d'autant plus que je suis maintenant prés d'Athènes, dans les pas presque d'Aristote.

Je ne comprends rien, toujours (tout le temps est dans l'action).

Ecrire pour faire comprendre le silence. Le silence seul fait trop de bruit : il ne sait pas se taire comme l'écriture.

20090529

Walking In Cape Town (but do I really feel the way I feel ?)


Le fait que mon avion soit annulé donne a ces heures la saveur du temps volé.
Mais à vole a qui puisque je me les donnes à moi meme ?
Je pense à toi, surtout lorsque je ne t'écris pas.
Que ces prochaines annees soient celles du voyage
Car le voyage ressemble a la sensation de ta presence, dans son epaisseur, dans son depaysement,
par ses innombrables surprises

CT, Kimberley Hotel



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