20080227

If you're going to San Fransisco

Le bruit de ventilation de l'avion, pour le voyageur forcé, en fuite, et qui couvre même le rugissement des moteurs, est le son le plus reposant; le plus rassurant qui soit. Souvent, la nuit, je m'endors en prétendant que mon climatiseur m'emporte dans son ronronnement, au dessus de, loin de...
L'interzone, encore, mais cette fois à jeun, la drogue c'est l'ennui, dans son horreur et son côté incompréhensible. Comment peut-on s'ennuyer ? Et rêver de fuir un endroit où l'on a voulu se rendre?
C'est que j'ai rêvé de ce lieu comme le plateau de tournage de La nuit Américaine, sans la certitude du metteur en scène
L'interzone : comme ce livre, et ce film me plaisent, comme j'imagine le son de cette Clark-Nova.
Un monde de sons, étranger à celui du silence dans lequel je ne me suis pas encore réfugié.
 L'écriture est inefficace, comme toujours, dès qu'il s'agit de dire des choses banales.
"Parler avec les mots des autres...",

 

20080226

Godard, Julien, les enfants (re-tour à la terre)

« Nous sommes des gens parfois gais, quand on est triste il fait mauvais, ce sont les choses du temps qui ont fait nos tempérements... »

"Nous sommes des oiseaux géants, nous ne voyageons pas souvent"

Il y a des paroles immortelles...

20080225

Miettes...(Madeleine en)

 

 

souvent, dans ce bout du monde, comme une spore s’entrouvre en atteignant un endroit  dans lequel la survie est de nouveau possible, où les conditions sont meilleures, une ligne, une image ou bien un son, auxquels tu t’étais attaché  et qui portent un fragment toi, libèrent soudain comme la réalité de ta présence passée. Thème littéraire si riche, joie si intense de te retrouver par surprise au milieu d’un autre univers. Par exemple : Joe Dassin (oui, encore), Le festin nu de Cronemberg, un fragment de Quignard, qui t’avaient, ou que tu avais désigné. Peut-être, ce phénomène se reproduit-il pour toi. Pourvu seulement qu’il ne précipite aucune ombre dans tes yeux. (« ma fille, ma fille je tremble »)

 

 

20080221

Humour en larmes

 

Cette existence est une guerre, pourquoi, quelles raisons ?

Une force à chercher, un humour à trouver dans cette satire.

Si je n’écris pas assez, c’est que je cherche encore le langage, et que je rassemble ici quelques trésors qui sans cesse me retournent ton regard

 

columbus-isle.blogspot.com

Sur une musique d'un film de WKW avec sa lune sur fond de nuages

Ici plusieurs idées jetées en prévision de choses à écrire et de temps libre mais avec un corps malade, chose prévisible au vu de ma vie présente.
Ce soir éclipse lunaire : comme Proust fait revivre après coup les disparus en ne reprenant pas leur nom mais leur phrase, leur empreinte idéelle, je me blottis contre toi qui regarde, peut-être, à travers une fenêtre de ton pays froid. 
 

20080220

Fin de parenthèse

“Faute d’aura, au moins éparpillons nos effluves” (Henri Michaux)

 

J’essaie de parler depuis le  silence et cette étrange posture, puisque d’aventures ici, peu. A moins que Colomb ait été confronté aux mêmes ennuis que moi, et que la vie aventureuse soit justement cette succession infâmes d’épisodes sans gloire, d’avanies, de blessures qui tiennent plus de la vulgaire et insidieuse piqûre d’insecte que de la mutilation de guerre. Et toi, Arthur, souffrais-tu des brûlures du sable ?

 

 

20080129

Correspondance

Est-ce que je te cache des choses, sinon la répetition des jours, que tu peux aisément deviner ? Je me reproche de ne pas penser correctement à ti, en ne te parlant ni des choses belles, ni des caractères si laids que je rencontre parfois. C’est que je doute encore de ma capacité à te les décrire. Ma mère m’a fait parvenir la correspondance de Proust, qui ne doit pas venir souvent visiter ces contrées. Ses phrases, la différence entre son style d’adolescent et l’assurance, la lassitude portée par la maîtrise de l’âge adulte me font replonger dans des délices. Brièvement toutefois, avant que je ne retombe dans cette angoisse qui me torture ici.

Je ne suis pas complètement bien, mais je vois cela comme une posture désagréable qui conduira à la dissolution de quelques contradictions ; car là où je ne recule pas, je progresse. J’espère avoir le temps de te décrire tout cela dans les prochains jours.

 

Je t’embrasse

 

20080118

Journal I

J'ai mangé avec des gens qui ont a la maison un lapin qui aime les bananas. Leur fils de dix ans pleurait, parce qu'il était triste de partir. J'ai regardé l'avion atterrir, un bœing  737-800, qui a fait une verticale piste à 1000 pieds , puis une vent arrière main droite avant de se poser. Quand je suis en bout de piste j'ai toujours l'impression que l'avion va se poser sur ma tête. Tout cela n'a pas beaucoup d'intérêt, n'est-ce pas, mais c'est l'enregistrement d'un fait de l'univers, comme un peu de poussière retombant sur Mars après la tempête. Comme le printemps ne peut s'actualiser que sous la forme du printemps, la solitude que comme folie.

Et mes amis birmans me regardent avec douceur, sans aucun agacement devant ma lenteur à les rejoindre.

 

 

20080114

Le temps d'une présence

“Tant que je présume que le temps va à sens unique, je ne puis jamais saisir le sens de l’inachevé » (Dogen)

 

 

TRANSIT

 

 

Ce soir deux garçons qui conduisent un bateau vers Saint Martin. Ils s’arrêtent ici, pour la nuit, sur une passerelle vers l’autre monde

20080113

Peut-être un journal

 

 

Peut-être un journal serait-il plus intéressant,

Pour toi

Et non le récit du vide des jours à l’intérieur, de ce qui n’est pas encore la joie, ni le satori – encore moins

Toujours porté par ton absence

Et huit souvenirs de toi,  

Comme les huit faces d’un cube

Qui est le jouet de qui ?

 

 

20080108

"Ce que la nuit tissera décidera l'avenir" (Gilgamesh à Enkidou)

Tout en moi et de moi n'est plus qu'imbecillité (« des caraïbes aux Philippines.... ») 
Mais « And dead once dead ther's no more dying then » (Shakespeare)

Juste, devant le large ciel,
Devant les souvenirs...
A l'heure où probablement tu te lèves...

Je t'aime

 

20071230

fossiles (et si je rêve tant pis)

Peut-on savoir si,
Les autres avant étaient une prophétie
Les autres après une offrande, un monument
Toi comme reflet des autres
Tous les autres une émanation de toi
Quel joli jeu, indécidable, itinérant, itératif
Et tes yeux ?
Prétexte à la méditation infinie...

 
 

20071229

Autre fois

Le bruit des cloches, venu de loin,
D'autres îles, par le biais du vent
Les petits bouddhas birmans attentifs
Aux froissements de la texture des âmes
De ceux qui
Il y a longtemps,
Les placèrent.
Je pense à toi, mais ta présence est lointaine
D'un autre temps,
comme séparée par autant d'années
Qu'en réalité de jours.
Quel est ce voile,
Quelle prière prononcé par un puissant
Est-elle en train de nous recouvrir ?
 

20071226

 

 

Sans toi je n’aime plus rien que le silence

Chaque souvenir fait taire leur bruit,

Ou bien c’est leur bruit qui me fait taire

Comme la murène, sans proie, au fond de l’eau

Le vieux prunier est inflexible

 

 

 « Le vieux prunier, tel qu’on vient de l’évoquer, est inflexible. Soudain il fleurit, puis il porte le fruit. Tantôt il rencontre le printemps et l’hiver, tantôt il affronte la bourrasque et l’averse. Tantôt il n’est autre que la vision intérieure des moines et la parfaite vision des bouddhas anciens, tantôt il devient herbes et arbres, pureté et parfum. Le mystère de ses soudaines métamorphoses est inépuisable. »

 

Dogen, La présence au monde

 

 

Prière du souvenir

 

 

Ce que Christophe Colomb a découvert, sur cette île :

Le babillage

Ou bien, le silence.

Dans tous les cas les microbes ont tué

Les hauteurs signifiantes du langage

20071225

Silence wrapped in tears

 

 The family is gone

You must be celabrating Christmas, though.

In which mode ?

Sadness, forgiveness,

Are you Happy ? I wonder – without any tambourine

 

 

20071224

I'm all right (but I think I'm dying)

 

 

Des belles promesses, que l’écho,

De l’écho une absence,

De l’absence un souvenir ;

Du souvenir un moment,

D’arrêt,

Devant l’oiseau qui guette ou l’étoile incertaine ;

Un moment,

Un souvenir

Une absence,

L’écho d’une promesse

A chaque vague amoureuse