20100430

"On ne part pas"

La valse des départs et des arrivées commence.
Seul moi pour l'instant sans nouvelles - et curieusement c'est plus l'heure du départ qui m'inquiète que celle de l'arrivée.
Si je pouvais partir, laisser cette violence derrière moi : cette angoisse que j'avais insideusement transformée en mépris et qui me revient en pleine face : c'est moi le méprisé, à présent.
Je relis le journal de Guibert - j'ai envie maintenant de trouver ses romans.
Toujours incapable de sortir de cette chambre qui se transforme peu à peu au mieux en niche, au pire en tanière. J'ai vu un cafard, l'autre jour, et Kafka fait de nouveau irruption dans ma vie. Incapable d'aller jusqu'à la bibliothèque pour rendre mes livres : le symptôme se précise.

Reportage sur les lycéens qui préparent le bac : seule petite idée que je peux avoir de ta vie. J'aurais tant besoin que nous puissions encore une fois faire quelque chose ensemble. Même une toute petite, même juste prendre un café, ce qui serait comme un peu d'oxygène au cours d'une longue asphyxie.

Je te souhaite anonymement et secrètement bon courage - si le monde était bien fait, tu devrais tout de même le sentir d'une manière ou d'une autre.

20100423

20100419

Le moment de la vérité

Je suis toujours surpris de l'importance que les gens ici donnent à l'apparence, à la façade et de ce message que livre un tel voile solide (presque un mur, donc): tu connaîtras tout, sauf moi. C'est pourtant quelque chose que je pratique allégrement, mais, n'ayant de familiarités avec quasiment personne, je ne trouve pas les clefs qui me permettraient de me sentir à l'aise avec les gens. D'autant que ce qui fait la différence, c'est une sorte de foi intense dans ces murailles alors que chez moi ce n'est qu'une sorte de brouillard, l'intérieur de la poule étant plus important que les plumes.
Evidemment, mon existence à moitié nomade me protège plus efficacement, c'est peut-être l'explication.

Mon petit poulet - j'ai rêvé de toi cette nuit, dans des sortes de retrouvailles qui si tu les vivais oniriquement en simultané feraient de notre existence une sorte de roman à la Marc Levy (yuk, n'est-ce pas , Dégoûtant). Pourtant : mon ravissement cette nuit et ce matin. Me pardonneras-tu d'être incurable ?

Le nuage ! Vérité du monde réel contre l'homme marionnette.
Vérité du monde marionnette contre l'homme réel (le business man).

Je n'ai pas envie de travailler, mais de me promener dans les bois et de faire de l'aikido - peut-être la seule vérité du jour.

Est-ce que tu vas bien ? Pourrais-je le savoir un jour ?

20100416

Catastrophe naturelle

Guillaume Durand et Michel Onfray la semaine dernière : Freud est un charlatan, un imposteur, et toute rhétorique fasciste de revenir en force à la télévision.

Comment s'étonner après cela des éruptions volcaniques qui clouent nos avions au sol ?

20100414

Crash test ( I-pad in a blender) - copie d'une lettre à gaël et à mes amis si lointains

 
 
 
Cher Gaël,
 
 
J'avais le sentiment en t'envoyant le dernier e_mail - message dans la bouteille, si tu veux, mais pourquoi avoir rajouté cet "empty" qui excède les paroles, alors qu'il est déjà sous-entendu, sinon pour souligner que "jamais un message ne comblera le vide de la bouteille" ? - et sans négliger ton aversion pour l'analyse relationnelle que c'est un malentendu qui nous lie  et nous sépare finalement : ton détachement apparent et trop souvent souvent affirmé pour la machine de guerre institutionnelle, je l'avais pris pour une résistance alors qu'elle ne traduit qu'un amour immodéré pour elle.  Quant à moi je squatte des hôtels en prétendant qu'une entreprise supplérait à une rencontre.
Deux ironies qui paraissaient si semblables il y a dix ans et qui n'ont presque plus rien à voir aujourd'hui, comme tu le reconnais toi-même.
 
Je suppose pourtant qu'au bout du compte ces deux positions se rejoignent - nous nous tromp(i)ons tous les deux -, mais je n'en suis pas sûr.
 
Tu as lu les mandarins ? C'est un roman totalement mal écrit et inutile - il aurait pu être remplacé par un essai de 30 pages - et ma récréation du moment : il chante l'hymne à la morale - Qui donc vit comme il faut ? - et ses apories, c'est pour cela que j'en viens à aimer Lacan ("l'homme est celui qui rêve évéillé")
 
Je sais que c'est idiot, mais je ne me relève pas de nos derniers échanges - d'où mon appel au secours :  je t'en veux toujours pour ton train manqué vers moi, comme je m'interroge sur ta manière de m'avoir laissé dans ton appartement vide comme une bouteille contenant le message adressé au junky que je suis devenu : "ashes to ashes", et surtout sois sage.
 
 Mais sage j'espère bien ne l'être jamais - en toute ironie bien sûr. Ne m'en veux pas pour ces paroles en télégramme qui sont un si pauvre substitut d'une bonne discussion entre amis : tu me manques et la rhétorique n'y peut rien.
 
Je t'embrasse depuis mon bar menacé par 46 polonais qui boivent pour oublier, et je n'écris rien sur ton mur.
 
Je serai à Villars cet été.
 
Tristan

20100409

"Savoir y faire avec le refus du réel" (Pélerinage, débilissime ?)

Lorsque j'ai demandé à partir pour la montagne, sans doute ai-je espéré vaguement revenir près de mes souvenirs.
Ainsi vais-je pouvoir poser mes mains là tu as posé les tiennes lors de notre première rencontre, reprendre ces mêmes trains, passer devant ton anciene chambre, m'asseoir à la table même où nous nous étions installés, après l'exposition Chagall.
Certes tu ne seras pas là, mais les pélerins vivent-ils autre chose qu'un erzatz du passé ?
Même si c'est pour faire le deuil de notre histoire, je suis heureux de le faire dans ces conditions, au point même du jallissement.

Je te demande pardon d'être aussi idiot ; je n'arrive pas à m'empêcher de penser à toi.

20100401

Infidèle (le remède pire que le mal)

Mon petit copain a été licencié au bout de deux jours et a dû retourner à Casablanca.
C'est vrai qu'il n'a pas grand chose dans la tête, aussi bien au travail que la nuit. Et pourtant on ne doit pas manquer d'égard pour un homo qui doit faire semblant d'être un homme, dans un pays où l'homosexualité est toujours un délit. Et pourtant, aussi, il fait très attention à ce qu'on lui dit. Et j'aime la simplicité. Je crois que je suis un paysan qui s'ignore.

Tu dois me pardonner. C'est si bienfaisant de s'endormir près d'un garçon qui te serre dans ses bras...
Pourquoi ces vacances n'ont-elles pas duré au moins une semaine ?
Peut-être, si cela avait duré une semaine, aurais-je demandé une semaine supplémentaire ?
Jusqu'où va la mauvaise fois...

Cela ne veux pas dire que tu ne me manques pas. Simplement qu'il m'arrive de manquer de courage.

Je pense à toi