20120128

"..." ou comme suspendu à tes lèvres (Dix jours avec toi 5/10)

"..."
le jour de tes résultats partiels.
Joie ? Tristesse ? étonnement ? Ennui ? Fierté ? Modestie ? Indécision ?
Crainte de l'avenir ? Mépris du danger ? Escalade de la violence ?
Résignation ? Inertie sur une voie toute tracée ? Condamnation à la
routine du quotidien ? le doigt dans l'oeil ? Les pieds devant ? Merde à
House ?
Réponse de tes amis : :)
Compréhension ? Complicité ? Consolation ? Amitié ? Chagrin ? Bonheur ?
Honneur ? Jalousie ? Indifférence ? Tendresse ? Tu le savais déjà ? Cela
va sans dire ?
Cela m'inspire deux choses :
1) Dans ce monde de la communication, on donne trop de part à
l'implicite, et tant pis pour ceux qui n'ont pas les codes...
2) J'ai l'impression d'avoir sombré tout entier dans ce "..." dont je
peine à sortir par un combat de tous les jours. Je n'ose pas te demander
des nouvelles, c'est dire.
Je sais que tu as les capacités de réussir ce concours, si tu ne laisses
pas les autres t'imposer leur pression. Je sais que si tu ne réussis
pas, c'est par choix intérieur et non par nécessité. Aie foi en toi !
Aujourd'hui je n'ai pas été très productif, un peu de Freud seulement
(Au-delà du principe de plaisir). Mais retour à Fred Vargas , et
découverte en musique de Rosenmüller, et de "Jubilate deo", que je vais
réécouter en pensant à toi sitôt ce message envoyé !







20120126

Couleurs de la névrose (Dix jours avec toi 4/10)

Interrogations de Munch :
- moi : Oui, je le sais, mais peuvent-ils enlever le serpent qui ronge
les racines
de mon cœur ?
- Lui : Non ça, tu ne pourras jamais le faire".
Il s'en sort - au sens propre - par l'art. Es-tu un serpent ? Non, tu es
un poulet. M'en sortirai-je moi aussi ?
Dans les carnets japonais de Bouvier, petit mantra qui ressemble au
miens :
"Un rituel du fil et de la lame
Un million de coups d'aiguisoir et
L'ombre de retire, tranchée
et je grave une fois de plus sur le manche
L'encoche d'une victoire secrète"
Je t'embrasse



20120125

La morale de l'amour (Dix jours avec toi, 3/10)

Je n'aime plus vraiment Murakami mais...phrases piochées dans 1Q84
(offert pour Noël !)
"mon corps est un temple"
"Les histoires qui sont maintenant du passé"
"du moment que je peux aimer quelqu'un du fond du cœur, et même s'il
n'existe pour moi que lui et lui seul, l'aimer m'aide à vivre. Même si
je ne peux pas être avec lui"
Pistes vers la maturité ? Avoir des réponses, regarder certaines
angoisses comme négligeables, mal nécessaire, moteur pour la lumière ?
Je tente de m'organiser, mais pas trop d'ardeur au travail. Je ne bois
plus depuis quelque jours. Je commence aujourd'hui le second tome des
séminaires de Lacan.
Je pense plus à toi qu'à la psychanalyse !
Aujourd'hui dans une librairie "Journal de Deuil" de Barthes (je l'ai lu
il y a longtemps). Sa définition de la littérature : ce qui peut se lire
sans être suffocant (Proust). Je la reprends à mon compte ces jours-ci.





20120123

"J'ai mis de l'ordre à mes cheveux" (Dix jours avec toi, 2/10)

J'écoute ce soir cette chanson de Dalida, sur la "candeur infernale de
la jeunesse".

Ce soir tu dois avoir tes résultats du premier semestre. J'aimerais les
partager avec toi... Je croise les doigts !

Bourdieu, Dolto, plein d'aventures avec mes amis virtuels aujourd'hui.

A l'aikido c'est moi aujourd'hui qui ai donné le rythme de
l'échauffement !

Tant de choses à te dire. Aucune envie de construire des paragraphes
pour en parler ici. Dommage, pourtant, pas d'autre issue pour l'instant.

Ton absence comme une gymnastique de la discipline. Soi-même comme
monade...

J'espère n'être plus aussi bougon dans quelques jours, et dispose un
baiser tendre et secret sur ta joue. Le sens-tu ?

20120119

Dix jours pour toi (1/10)

A l'arrêt de bus, un jeune homme roux, que j'avais déjà aperçu quelques
jours avant.
Gide aussi suivait des jeunes hommes dans la rue
Aujourd'hui - comme on l'a fait avant ! - on prendrait un air pincé en
parlant de pulsion sexuelle. Cela en fait certainement partie, mais,
quelque chose de plus : une chose qui oriente l'homme et l'art, notre
moteur : le désir.
Le soir, à la brasserie, une bière, Freud : Malaise dans la civilisation
- un moment de calme - je dirai presque, de sérénité.
Demain j'expliquerai cette série (peut-être)

20120108

Intuition

Peut-être parce que tu me manques plus que d'habitude ou que je termine
aujourd'hui la lecture de 1Q84 de Murakami - est-ce que tu as lu Kafka
sur le rivage ? - je suis intérieurement sûr que tu as bien répondu aux
questions et que tu as réussi tes partiels.
Bravo !

20120106

Prière à Saint-Expedit pour les pauvres carabins

Marchant dans la montagne aujourd'hui j'ai eu des pensées très émues pour toi, t'imaginant dans cette maison des examens qui dans mes souvenirs est un endroit horrible, en train de remplir d'affreux QCM qui détermineront ta vie. Je suis sûr que tu t'en tire très bien, même si tu dois être bien malheureux. J'ai prié pour toi Saint-Expedit, qui est très étrange mais aux pouvoirs très étendus et surtout rapides, afin qu'il intervienne tout exprès auprès d'Esculape pour te recommander - et surtout ta copie - à lui.
Bon courage mon pauvre poulet.

20111224

Noël

Aujourd'hui, Noël, Je n'ai pas envie de famille, de cadeau, de théâtre, de bruit. Je rêve de déserts. La mer hier et le petit poulpe. Le monde, trop beau pour mon interne et intense sentiment de solitude. Un message de toi, pour Noël ? héhé !

20111220

Sinon l'amour courtois

"(...) je me suis aperçu qu'il y avait deux types de sujets amoureux. Il y a celui de la littérature française, de Racine à Proust, qui est, disons, le paranoïaque, le jaloux. Il y en a un autre qui n'existe pas bien dans la littérature française mais qui est admirablement mis en scène par le romantisme allemand (...) celui-là est un type d'amoureux qui n'est pas centré sur la jalousie; la jalousie n'est pas exclue de cet amour passion, mais c'est un sentiment amoureux qui est beaucoup plus effusif, qui vise à un comblement (...) l'une des figures de mon livre concerne précisément l'envie, la tentation, la pulsion que le sujet amoureux a, semble-t-il souvent et c’est attesté par des livres, de créer, de peindre

20111218

Journal d'un jour

Aujourd'hui peu de travail sérieux - mais, action productive, j'ai commencé à recopier les SMS que tu m'as envoyé avant notre deuxième rencontre. N'est-ce pas idiot ? Peut-être, mais tout en me reprochant de ressasser ce qui devrait être mort, et qui ne l'est pas pour moi, j'essaie de me justifier en songeant au peu de densité de ce qui a suivi. Notre histoire ne s'est elle pas jouée là ? "Est-ce que tu m'aimes, T ?" Pas de plus grand frisson dans ma vie - ou bien à égalité avec d'autres moments de toi. J'ai photographié beaucoup de flamboyants aussi. Seul Barthes me comprendrait sans doute, s'il n'était pas mort. Je relis "carnets d'un voyage en Chine." et les entretiens publiés dans le recueil "Le grain de la voix". Ce qu'il est doux, et juste. La nuit dernière j'ai rêvé que tu changeais ta photo de profil FB. Je m'aperçois aujourd'hui que c'est le cas. Pourtant, Freud : "Finalement, l'affirmation d'une force divinatoire du rêve constitue un objet de contestation sur lequel se rejoignent des réserves difficilement surmontables et des assurances obstinément répétées." (Traumdeutung Il s'agit sans doute d'une coïncidence. Tant mieux.J'aime toutes les coïncidences qui te concernent. Je te trouve beau sur cette photo où tu poses avec Aline. Je suppose que c'était pendant vos dernières vacances (les plantes en arrière plan.) Tu as l'air solide et heureux. J'ai tellement envie de te connaître... Un jour peut-être ! Demain plongée, et, je l'espère, de bonnes lectures. J'espère que tu passes ces jours-ci davantage de temps à te reposer qu'à travailler. Si j'avais la possibilité de te dire cela en face, je suis sûr que tu me regarderais comme si j'était crétin. Pourtant j'ai raison !

20111211

Poème du jour

"On ne partage pas ses gouffres avec autrui, seulement ses chaises" René Char, Fenêtres dormantes et Porte sur le toi

20111129

Faire comme ci (morale provisoire)

Pour survivre, maintenant, j'ai besoin d'une fiction, celle de ta
présence et d'une parole venant de toi, me demandant solennellement de
ne plus boire et de te raconter pendant 30 jours mes journées, les
presque dernières de l'année.

Ce soir Don Giovanni, autre tentative de réinstaurer le commandeur, ou
le nom du père dans la vie.

20111128

"Le soleil me parle depuis des années avec des mots humains"

Refusant d'ête frappé par le syndrome des Lettres Portugaises, refusant ne serait-ce que d'ouvrir "un amour sans nom" de la même veine.
Comment te dire, que je tombe en morceaux - où plus justement, que je fonde en une masse indeterminée de désirs et de frustration...

Sans un peu de toi
Je n'ai plus de courage, j'ai peur tout le temps.

je n'ose pas te demander de l'aide.

Je vais essayer d'aller mieux demain.

20111122

Je pense à toi en lisant "La femme piège". Je me demande si ça te
plairait, cette histoire ...

20111112

20111108

Si les morts pouvaient parler

Ce n'est pas juste d'être aussi loin de toi...
Quand je pense que je pourrais travailler dans le Resto U où tu manges
tous les jours !
Ou bien être jardinier dans ta résidence, et couper avec amour chaque
brin d'herbe pour que ta vue depuis ta fenêtre soit harmonieuse !
Mais non, je vis dans un pays idyllique à des milliers de kilomètres de
toi.
Et, impuissant, je ne suis pas un acteur de ta vie...

20111105

"Nerval a eu un rapport à la littérature qui pour nous est étrange et
familier. Troublant mais proche de ce que nous apprennent les plus
grands de nos contemporains (Bataille, Blanchot). Son oeuvre disait que
la seule manière d'être au coeur de la littérature, c'est de se
maintenir indéfiniment à sa limite, et comme au bord extérieur de son
escarpement.
Nerval pour nous ce n'est pas une oeuvre; ce n'est même pas un effort
abandonné pour faire passer dans une oeuvre qui se dérobe une expérience
qui lui serait obscure, étrangère ou rétive. Nerval c'est sous nos yeux,
aujourd'hui, un certain rapport continu et déchiqueté au langage :
d'entrée de jeu, il a été happé en avant de lui-même par l'obligation
vide d'écrire. Obligation qui ne prenait tour à tour la forme de romans,
d'articles, de poèmes, de théâtre que pour être aussitôt ruinée et
recommencée. Les textes de Nerval ne nous ont pas laissés les fragments
d'une oeuvre, mais le constat répété qu'il faut écrire; qu'on ne vit et
qu'on ne meurt que d'écrire.
De là cette possibilité et cette impossibilité jumelle d'écrire et
d'être, de là cette appartenance de l'écriture et de la folie que Nerval
a fait surgir aux limites de la culture occidentale - à cette limite qui
est creux et coeur. Comme une page imprimée, comme la dernière nuit de
Nerval, nos jours maintenants sont noirs et blancs."
Michel Foucault in Arts : lettres, spectacles, musiques, n°980

20110913

aveu

Je suis triste que tu n'aies pas voulu me voir même cinq minutes quand
je suis passé par paris. Et en plus je me reproche d'être triste, et de
n'être pas foutu de t'apporter quoi que ce soit.

20110820

L'enfant de la Haute Mer (Revisité dans le style de Chantal Ackerman)

 
Il aurait voulu s'asseoir de nouveau à une table de la Brasserie du Grand Saint Bernard (ou bien, était-ce le bistrot du Grand Saint-Bernard ? Malgré toute son attention il n'aurai pu en jurer - mais la structure de ce lieu était , si celle-ci n'avait pas été fermée pour rénovation - rénovation qui, pensait-il n'avait pas d'autre but que de rendre à l'endroit son éclat démodé
Ce n'était pas un Adieu - ou bien était-ce un adieu ?