20090803

A - Abécédaire, Alcoolique

 
A, comme abécédaire, plutôt que le B de biographie. C'est pour l'attrait à la fois ludique et encyclopédique.
J'aurais aimé que ce A soit l'initiale d'ami. Hélas, c'est plutôt de cet alcool qui m'empoisonne dont il s'agit. Voir Deleuze et sa théorie du dernier verre. Amis, ou plutôt absence d'ami hors de cet alcool qui fait résonner le silence et disparaître les heures de solitude trop nombreuses. Alcool qui me tue et me rend laid, maintenant. Cette première lettre sera-t-elle l'engrenage qui conduira à la dernière ? ("Et l'alcool qui me saoule, ça m'avance à quoi ?" (Joe Dassin)).
Antithèse (encore un A) de l'Amour, de l'humour, de l'indépendance et de tout le reste, finalement. Alcool et négation, alcool et fascisme (par lui même, comme drogue, comme signe de résistance à l'autre, aussi).
 

20090802

Happy birthday... (Eloge des retrouvailles)

 
Je regarde "Eloge de l'amour" et, près de dix ans après l'avoir vu pour la première fois, certaines phrases, par leur place dans le discours et dans l'image, m'interpellent encore, et me font rêver comme si je n'avais pas cessé de les entendre entre mes deux visions du film.
 
Celle-ci :
 
Femme : "Encore un mot.
 
Connaissez-vous la phrase de Saint-Augustin, "La mesure de l'amour, c'est aimer sans mesure" ?
 
 Homme : Oui"
 
Par exemple...
 
Il faut dire que cette réplique figurait dans la bande annonce du film - comme j'allais beaucoup au cinéma elle revenait souvent.
 
Cher William..., j'espère que tu vas bien, que tu es joyeux et entouré d'amis.
Même loin de toi et sans que tu le saches ce sera la fête près d'Athènes, ce soir,  en ton "honneur secret", d'une certaine façon...

20090705

Minuit est la véritable lumière, l'aube n'est pas claire

On peut rêver longtemps sur ce poème zen, qui nous invite à une autre expérience, une logique différente, qui m'attire d'autant plus que je suis maintenant prés d'Athènes, dans les pas presque d'Aristote.

Je ne comprends rien, toujours (tout le temps est dans l'action).

Ecrire pour faire comprendre le silence. Le silence seul fait trop de bruit : il ne sait pas se taire comme l'écriture.

20090529

Walking In Cape Town (but do I really feel the way I feel ?)


Le fait que mon avion soit annulé donne a ces heures la saveur du temps volé.
Mais à vole a qui puisque je me les donnes à moi meme ?
Je pense à toi, surtout lorsque je ne t'écris pas.
Que ces prochaines annees soient celles du voyage
Car le voyage ressemble a la sensation de ta presence, dans son epaisseur, dans son depaysement,
par ses innombrables surprises

CT, Kimberley Hotel



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20090426

Pixels ("Ce dont on ne peut parler, il faut le taire")

Je dois écrire un roman sur un personnage ni vicieux ni sadique qui imagine la vie de son amoureux à travers les photos de profil facebook. Condamné à rêver le bonheur de loin, sans la moindre possibilité de caresse sur une joue, ni de mot secrètement murmuré à l'oreille.



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20081208

Voyage

Toujours en mouvement
Les nuages de la capitale s'effacent devant le soleil et le bleu de la côte...
Toujours je retrouve les livres laissés aux hasards d'une escale précédente. C'est dans les cartons l'histoire d'une idée, d'un souvenir, d'un phantasme.
Mon âme se recommande aux caves, mon corps au soleil.

20081121

Au Revoir grand Petit Homme

Aujourd'hui j'apprends la mort d'Arnaud Dormeuil.
Le soir, Rachel au théâtre dans Marry Me. Dans la Salle Genvrin et d'autres de Vollard.
Gentil et émouvant hommage. J'étais content d'être là avec eux.

20081118

Dans chaque lieu, un livre

Me voici navigant, sans avoir atteint la moitié encore de l'espace qui peut-être me sépare de toi.
Supports involontaires, les livres. Toujours un livre qui va délivrer une essence, un message.
"Ce livre est votre ami,
Prenez-en bien soin
N'abîmez pas les pages
Ne les cornez pas.
Rendez-le, enfin, à la date fixée."

20081103

20081021

"d'ici est d'où je suis" (H. C. in La ville parjure")

De Ceux qui sont comme moi je ne sais pas dire mes frères » puisquil ny a rien à séduire.

Que dire du « rien à séduire » ?

Ce qui est comme moi ne compte pas, si je peux dire, et alors il ny a pas la dette fondamentale qui est à lorigine de la parole.


Quand toi tu parles et tu dis « solitude ».

Est-ce ce qui me fait parler 

Comment técouter tout en parlant ?

Avec les adolescents, la similitude avec la mort : seul à ladolescence avec ses désirs, seul avec la mort aussi. Alors la même : mort, désir, identique, idiot.

La frustration qui fait la blessure qui fait le sang qui coule et la parole.

 

       

20081019

Rendre hommage

A ces requins gris, marteau,

A la surprise de ces derniers jours

Aux couchers de soleil

 

Je voudrais que mon remplaçant n’arrive pas encore tout de suite…

 

 

20081015

Re - Pentir

Bonsoir Bébé,

 

C’est vrai que ça a duré trois nuits

Et que ça m’a fait un peu de bien

Mais le couperet prévisible de la fin…

 

Que donner, enfin, comment… sinon à toi ?

 

 

Je te demande pardon

 

Je pense à toi

 

 

20081012

Voir ce cul et mourir

Soit, je t'ai été un peu infidèle ce soir.

Il me demande : « 
Pourquoi est-ce que tu ne dis rien...

Il ne sait rien de la malédiction.
Il ne sait pas que chaque mot prononcé, que chaque geste d'amour est ensuite retraduit automatiquement dans la langue du jamais plus.
Qu'il est un souvenir avant d'avoir été un événement par le simple effet de lalangue

Voir ce cul sous d'autres angles

Et cette odeur sur mes doigts aussi merveilleuse que douce

NR : Ce cul est l'expression la moins correcte, la moins bien élevée et la moins vivante. Mais par son inadéquation même elle constitue le meilleur témoignage de ce soir. De cette perfection on ne saura rien dire de plus

20081009

Longtemps, le temps

Qui n'a remarqué cette figure qui saisi la Recherche par sa périphérie, ainsi qu'un monument figé et pourtant circulaire, susceptible de tourner autour du lecteur, comme le « cercle de ses heures » ou comme les tables du restaurant du Grand Hôtel les soirs d'ivresses.
 Un personnage d'une histoire d'enfant à laquelle je pense souvent : un « tueur » de temps » qui achève les heures d'ennui à coups de revolver avant de prendre la fuite, poursuivi par ses propres clients qui regrettent leurs années perdues.
Longtemps que nous nous sommes quittés, plus longtemps encore avant de nous revoir peut-être
Il semble que nous n'ayons plus d'histoire ni aucune possibilité de l'écrire mais je conserve toutefois dans le crâne l'image de toi, de notre unique journée d'amoureux comme une relique vivante et aussi peu sainte que possible, aussi impardonnable que le ruban de Rousseau.

20081002

Dire quelque chose ("fonctionnels uniformes")

 

 

Hier débat sur les élections canadiennes en présence des responsables des grands partis.

De l’animateur des débats :

« Il n’y aura pas de discours d’ouverture, ou de fermeture, les grands partis en ont été avisés hier »

« Vous avez chacun quarante cinq secondes pour répondre à la question du téléspectateur »

« Pour ne pas que le débat se transforme en une attaque de quatre contre un je vais vous poser une question sur un sujet qui engage tout le monde »

Item…

Des participants :

« Vous avez augmenté les taxes ! »

« Nous avons baissé les taxes ! »

« Vous avez refusé la taxe carbone ! »

Item…

N’y a-t-il plus personne pour prendre la Parole ?

 

 

 

"(...)" regard, inconsciemment supplicateur, qui tâchait de la forcer à faire attention à moi, à me connaître !" (Marcel Proust)

Écrire autre chose que Proust, bordel ! 
 

20080930

Shrinking shrimp (haïku irrégulier)

Une nuit en plongée, j'approche ma lampe d'un corail.
Une crevette s'approche, attirée par la lumière, effleure un polype.
Aussitôt elle fond,
se dissout,
n'est plus qu'une tâche rose orangée, disparaît. Si vite.
Au dessus, les rayons de la Lune percent la surface de l'eau.
Quelques paires d'yeux brillent.
Ainsi va la vie sur Terre, si loin des astres solitaires, si proche de l'appétit corrosif du monde.

20080929

"Il n'y a pas de hasards, il n'y a que des rendez-vous" - Paul Eluard

Comme le début de cette phrase me ramène à des temps passés et permet à ma mémoire de se raccrocher au train de ma vie présente.
Toujours la métaphore spatiale
Il me semble encore que pour ne pas désespérer de te revoir jamais et m'affliger de manquer tant de jours qui feront ton histoire il suffit de penser à ta venue d'autrefois comme celle d'une comète, événement décelable et reconnaissable par tous - le météore revenant périodiquement en portant sur lui tous les éléments de sa transformation
"La comète enfin leur échappe, mais elle n'échappe pas à l'archange..." (Chateaubriand, Le Génie du Christianisme)

Et de plus en plus, la métaphore météorologique : nous avons passé tellement d'heures à observer les cyclones, les facteurs innombrables qui dictent leurs déplacements qu'il devient pour nous évident que les baptiser ainsi que des êtres vivants n'a rien d'hérétique, et qu'en les regardant non pas comme des humains peut-être sinon comme des êtres semblables à nous par leur naissance, les péripéties de l'existence et leur mort on éclaire l'interprétation de nos propres actes avec une lumière nouvelle et rassurante.

Alors, de ces aspects de notre rencontre émerge une évidence : le réel ("Le réel c'est quand on se cogne") et il ne faut plus boire pour oublier.

20080716

Retour à la terre

 

 

“J’avais dans la gorge le goût salé des larmes qui ne coulent pas. » George Moréas in Le flic qui n’avait pas lu Proust