20130804

Joies et Peines

Un billet rapide pour célébrer ce mois d'août, celui de tes vingt-et-un ans.

J'espère que tout se passe bien pour toi, voici un petit résumé de mes humeurs de l'été

Mes joies :
La musique (j'ai acheté du beau matériel hi-fi au lieu d'économiser pour mes études...) que j'écoute beaucoup en ce moment.
La montagne, bien sûr, bien que je n'y aille pas très souvent en ce moment.
La lecture de Deleuze et de Lévi-Strauss. Je n'ai pas beaucoup d'amis avec qui discuter ici, mais lire ces deux là, si intelligents et généreux dans leur pensée, me console. Il faudrait que je prenne le temps de te parler plus longuement d'eux. Un jour, peut-être !
Mes après-midi à la salle de sport : un vrai travail qui me fait négliger un peu l'entretien de l'esprit mais qui donne aussi d'intenses satisfactions, différentes en nature mais non moins joyeuses !
Ma solitude libre

Mes peines
Principalement le travail. Non seulement mon ami Quentin n'est pas là cette saison mais je me rends compte que le monde de l'entreprise est par nature créateur de conflits destructeurs, de jeux de pouvoirs humiliants et de méchanceté. Suis-je trop sévère ? Il faut dire qu'avec un responsable pervers narcissique et un directeur gentil mais paternaliste au possible, je ne suis pas très gâte. J'arrive parfois à me faire apprécier, mais certainement pas pour ce que je suis en réalité. Étrange situation aliénante et mortifère. Heureusement provisoire et génératrice de revenus !

Un certain aspect de la solitude, aussi. Je suis sûr de t'avoir déjà cité ce poème d'Aragon :

Je suis ce malheureux comparable aux miroirs
Qui peuvent réfléchir mais ne peuvent pas voir
Comme eux mon oeil est vide et comme eux habité
De l'absence de toi qui fait ma cécité

Et puis l'impression de ne pas être suffisamment productif (en matière de lectures, d'écriture), par manque d'interlocuteurs, certes, mais aussi par manque de coeur à l'ouvrage. 

Heureusement, j'ai un petit travail à faire sur Helène (une petite intervention de quatre minutes...). J'espère que je parviendrai à l'achever et qu'elle sera selectionnée !


Qu'en est-il de toi ? Je ne sais rien de ce que tu fais et devient. Vas-tu encore à l'école ? As-tu un amoureux (à ce propos j'ai vu de belles photos de toi avec un garçon, sur lesquelles tes yeux étaient remplis de joie et pétillants ; sans doute aurais-je pu être jaloux, mais j'ai été surtout content et soulagé de savoir que tu pouvais encore avoir ce regard là !) ? Tu parles bien mal de Paris, que tu désirais tellement ! Difficile de savoir d'aussi loin si ce sont de gentilles moqueries en l'air ou bien l'expression d'une déception sérieuse... Me raconteras-tu tout cela, un jour, quand tu ne seras plus fâché ?

 Que lire et deviner de toi dans ce que tu postes sur Facebook ? Je me demande souvent ce qu'il est advenu de cet ado à la fois grave et joyeux, qui aimait le dessin et voulait trouver la liberté à Londres... Il avait tant d'espoir et de rêves dans les yeux ! Tu m'as dit plusieurs fois qu'il n'existait plus, ce garçon. Mais moi je n'y crois pas. Les personnes que nous avons été ne disparaissent pas : elles sont progressivement recouvertes par "la vie" mais sous l'écorce on trouve toujours le noyau, qui donne forme et solidité à l'ensemble.
Que tu le caches au plus profond de toi, ce n'est pas grave si c'est pour le protéger temporairement du mauvais temps et le faire grandir en plein jour ensuite. Mais, surtout, ne le tue pas !

Je te souhaite encore de belles aventures New-Yorkaises dans les jours qui viennent ! Et une magnifique vingt-deuxième année !

Celebration