20111129

Faire comme ci (morale provisoire)

Pour survivre, maintenant, j'ai besoin d'une fiction, celle de ta
présence et d'une parole venant de toi, me demandant solennellement de
ne plus boire et de te raconter pendant 30 jours mes journées, les
presque dernières de l'année.

Ce soir Don Giovanni, autre tentative de réinstaurer le commandeur, ou
le nom du père dans la vie.

20111128

"Le soleil me parle depuis des années avec des mots humains"

Refusant d'ête frappé par le syndrome des Lettres Portugaises, refusant ne serait-ce que d'ouvrir "un amour sans nom" de la même veine.
Comment te dire, que je tombe en morceaux - où plus justement, que je fonde en une masse indeterminée de désirs et de frustration...

Sans un peu de toi
Je n'ai plus de courage, j'ai peur tout le temps.

je n'ose pas te demander de l'aide.

Je vais essayer d'aller mieux demain.

20111122

Je pense à toi en lisant "La femme piège". Je me demande si ça te
plairait, cette histoire ...

20111112

20111108

Si les morts pouvaient parler

Ce n'est pas juste d'être aussi loin de toi...
Quand je pense que je pourrais travailler dans le Resto U où tu manges
tous les jours !
Ou bien être jardinier dans ta résidence, et couper avec amour chaque
brin d'herbe pour que ta vue depuis ta fenêtre soit harmonieuse !
Mais non, je vis dans un pays idyllique à des milliers de kilomètres de
toi.
Et, impuissant, je ne suis pas un acteur de ta vie...

20111105

"Nerval a eu un rapport à la littérature qui pour nous est étrange et
familier. Troublant mais proche de ce que nous apprennent les plus
grands de nos contemporains (Bataille, Blanchot). Son oeuvre disait que
la seule manière d'être au coeur de la littérature, c'est de se
maintenir indéfiniment à sa limite, et comme au bord extérieur de son
escarpement.
Nerval pour nous ce n'est pas une oeuvre; ce n'est même pas un effort
abandonné pour faire passer dans une oeuvre qui se dérobe une expérience
qui lui serait obscure, étrangère ou rétive. Nerval c'est sous nos yeux,
aujourd'hui, un certain rapport continu et déchiqueté au langage :
d'entrée de jeu, il a été happé en avant de lui-même par l'obligation
vide d'écrire. Obligation qui ne prenait tour à tour la forme de romans,
d'articles, de poèmes, de théâtre que pour être aussitôt ruinée et
recommencée. Les textes de Nerval ne nous ont pas laissés les fragments
d'une oeuvre, mais le constat répété qu'il faut écrire; qu'on ne vit et
qu'on ne meurt que d'écrire.
De là cette possibilité et cette impossibilité jumelle d'écrire et
d'être, de là cette appartenance de l'écriture et de la folie que Nerval
a fait surgir aux limites de la culture occidentale - à cette limite qui
est creux et coeur. Comme une page imprimée, comme la dernière nuit de
Nerval, nos jours maintenants sont noirs et blancs."
Michel Foucault in Arts : lettres, spectacles, musiques, n°980