Est-ce que je te cache des choses, sinon la répetition des jours, que tu peux aisément deviner ? Je me reproche de ne pas penser correctement à ti, en ne te parlant ni des choses belles, ni des caractères si laids que je rencontre parfois. C’est que je doute encore de ma capacité à te les décrire. Ma mère m’a fait parvenir la correspondance de Proust, qui ne doit pas venir souvent visiter ces contrées. Ses phrases, la différence entre son style d’adolescent et l’assurance, la lassitude portée par la maîtrise de l’âge adulte me font replonger dans des délices. Brièvement toutefois, avant que je ne retombe dans cette angoisse qui me torture ici.
Je ne suis pas complètement bien, mais je vois cela comme une posture désagréable qui conduira à la dissolution de quelques contradictions ; car là où je ne recule pas, je progresse. J’espère avoir le temps de te décrire tout cela dans les prochains jours.
Je t’embrasse
