20080129

Correspondance

Est-ce que je te cache des choses, sinon la répetition des jours, que tu peux aisément deviner ? Je me reproche de ne pas penser correctement à ti, en ne te parlant ni des choses belles, ni des caractères si laids que je rencontre parfois. C’est que je doute encore de ma capacité à te les décrire. Ma mère m’a fait parvenir la correspondance de Proust, qui ne doit pas venir souvent visiter ces contrées. Ses phrases, la différence entre son style d’adolescent et l’assurance, la lassitude portée par la maîtrise de l’âge adulte me font replonger dans des délices. Brièvement toutefois, avant que je ne retombe dans cette angoisse qui me torture ici.

Je ne suis pas complètement bien, mais je vois cela comme une posture désagréable qui conduira à la dissolution de quelques contradictions ; car là où je ne recule pas, je progresse. J’espère avoir le temps de te décrire tout cela dans les prochains jours.

 

Je t’embrasse

 

20080118

Journal I

J'ai mangé avec des gens qui ont a la maison un lapin qui aime les bananas. Leur fils de dix ans pleurait, parce qu'il était triste de partir. J'ai regardé l'avion atterrir, un bœing  737-800, qui a fait une verticale piste à 1000 pieds , puis une vent arrière main droite avant de se poser. Quand je suis en bout de piste j'ai toujours l'impression que l'avion va se poser sur ma tête. Tout cela n'a pas beaucoup d'intérêt, n'est-ce pas, mais c'est l'enregistrement d'un fait de l'univers, comme un peu de poussière retombant sur Mars après la tempête. Comme le printemps ne peut s'actualiser que sous la forme du printemps, la solitude que comme folie.

Et mes amis birmans me regardent avec douceur, sans aucun agacement devant ma lenteur à les rejoindre.

 

 

20080114

Le temps d'une présence

“Tant que je présume que le temps va à sens unique, je ne puis jamais saisir le sens de l’inachevé » (Dogen)

 

 

TRANSIT

 

 

Ce soir deux garçons qui conduisent un bateau vers Saint Martin. Ils s’arrêtent ici, pour la nuit, sur une passerelle vers l’autre monde

20080113

Peut-être un journal

 

 

Peut-être un journal serait-il plus intéressant,

Pour toi

Et non le récit du vide des jours à l’intérieur, de ce qui n’est pas encore la joie, ni le satori – encore moins

Toujours porté par ton absence

Et huit souvenirs de toi,  

Comme les huit faces d’un cube

Qui est le jouet de qui ?

 

 

20080108

"Ce que la nuit tissera décidera l'avenir" (Gilgamesh à Enkidou)

Tout en moi et de moi n'est plus qu'imbecillité (« des caraïbes aux Philippines.... ») 
Mais « And dead once dead ther's no more dying then » (Shakespeare)

Juste, devant le large ciel,
Devant les souvenirs...
A l'heure où probablement tu te lèves...

Je t'aime