20031130

On voudrait à toutes forces sortir de l'escroquerie, faire d'un muret en ruine le croisement de l'Histoire et de la sienne, donner enfin au corps l'échine de souvenirs qui conviendrait à un langage gros de sa vie. Petite icône extraite du Jardin des Plantes. "Parvenir peu à peu à écrire difficilement", voilà ce qui ne serait peut-être pas la direction à suivre, s'il était envisageable qu'on fît autrement. Certes, me voici cerné par l'aphasie que je mets moi-même en scène, discours qui se mord la queue de n'avoir aucun lecteur, encore, pour susciter l'envie. Tricheur d'un nouveau genre.
"Ailleurs, bien loin d'ici, trop tard,jamais peut-être !"
Encore le temps de (venir) voir ailleurs ?
I V R E S S E
Toute femme incapable du déchirement de Kundry ne peut me toucher.
le point sur Syberberg demain (un jour, déjà, mon prince est venu).

20031129

Comment dire autre chose que "je me suis un peu trop avancé", et dévoiler dès l'abord mon essentielle procrastination, incessant reflux d'idées sur la parole du lendemain ? Ayant à peine achevé la lecture du texte de Blanchot, trop occupé à rêver à partir de là pour qu'il me soit possible encore d'en parler - si bavard, si peu dissert... Toutes mes excuses pour ce premier décalage, laissant pour un d'un autre jour l'ici sur lequel je trébuche. Au moins pourra-t-on trouver à la racine les quelques directions qu'on garde en vue.
Vue une partie des Ailes du désir, à terminer d'urgence.
Commencé Le sous-sol de Dostoïevski ("Oh ! Si je n'avais été qu'un paresseux! comme je me serais respecté!", début du chapitre VI).

20031128

Visite à Beaubourg à l'occasion du nouvel accrochage. Et soirée de Perspective cinéma, intitulée "French Touch", plusieurs courts-métrages visitant l'urbanisme, les médias, l'espace intime. Topoï du cinéma court, trois voix modestes, trois petits chats qui tentent par grand vent de s'accrocher aux branches avec de jeunes griffes encore délicates. Quelques remarques demain sur La parole vaine, postface de Maurice Blanchot au Bavard de Louis-René des Forêts. On en profitera pour préciser la géographie et les intentions du site, quitte à revenir sur les choses vues aujourd'hui.

20031127

Pourquoi écrire quelque chose tous les jours, même si l'on a rien à dire ? D'une part, on n'a pas souvent quelque chose à dire, et la vie, sans les débordements injustifiés de la parole, serait bien silencieuse. D'autre part il est question ici d'"exercice", et cette notion suppose une part importante de répétition, d'artifice et d'erreur, éléments propices à l'émergence d'un... à l'apparition de... enfin, on ne sait pas très bien. Tout cela n'est qu'un pari sur l'avenir.
Commencé Le ruban au cou d'Olympia de Leiris.
Note aux éventuels commentateurs : je ne dévoilerai à personne de ma connaissance - sauf exception justifiée - l'adresse de cette page, qui ne sera accessible qu'au hasard. Inconnus les uns aux autres, une adresse e-mail, celle d'un site web laissées ici constitueraient des invites intéressantes, un croisement de voix.

20031126

Deux événements aujourd'hui, articulés tous deux, différemment, à l'acte de parole. Création de ce weblog, dont le nom aurait dû être "Epreuve de la parole" - mais ce terme, pas assez humble sans doute, n'aurait pas exprimé le caractère essentiellement jouissif du surgissement de la parole, quelle qu'en soit la matière, et s'est mué en exercice. Aujourd'hui encore, j'ai accédé au grade de sixième kyu en aikido (école de Kobayashi Hirokazu sensei). Tremblement dans l'univers de ma voix. Sur le site web lié à ce weblog chaque élément sera susceptible d'évoluer, ou de disparaître. Seule la voix de ce log laissera une trace indélébile. Règle fondatrice. Les autres modalités seront définies les jours prochains.