20081121

Au Revoir grand Petit Homme

Aujourd'hui j'apprends la mort d'Arnaud Dormeuil.
Le soir, Rachel au théâtre dans Marry Me. Dans la Salle Genvrin et d'autres de Vollard.
Gentil et émouvant hommage. J'étais content d'être là avec eux.

20081118

Dans chaque lieu, un livre

Me voici navigant, sans avoir atteint la moitié encore de l'espace qui peut-être me sépare de toi.
Supports involontaires, les livres. Toujours un livre qui va délivrer une essence, un message.
"Ce livre est votre ami,
Prenez-en bien soin
N'abîmez pas les pages
Ne les cornez pas.
Rendez-le, enfin, à la date fixée."

20081103

20081021

"d'ici est d'où je suis" (H. C. in La ville parjure")

De Ceux qui sont comme moi je ne sais pas dire mes frères » puisquil ny a rien à séduire.

Que dire du « rien à séduire » ?

Ce qui est comme moi ne compte pas, si je peux dire, et alors il ny a pas la dette fondamentale qui est à lorigine de la parole.


Quand toi tu parles et tu dis « solitude ».

Est-ce ce qui me fait parler 

Comment técouter tout en parlant ?

Avec les adolescents, la similitude avec la mort : seul à ladolescence avec ses désirs, seul avec la mort aussi. Alors la même : mort, désir, identique, idiot.

La frustration qui fait la blessure qui fait le sang qui coule et la parole.

 

       

20081019

Rendre hommage

A ces requins gris, marteau,

A la surprise de ces derniers jours

Aux couchers de soleil

 

Je voudrais que mon remplaçant n’arrive pas encore tout de suite…

 

 

20081015

Re - Pentir

Bonsoir Bébé,

 

C’est vrai que ça a duré trois nuits

Et que ça m’a fait un peu de bien

Mais le couperet prévisible de la fin…

 

Que donner, enfin, comment… sinon à toi ?

 

 

Je te demande pardon

 

Je pense à toi

 

 

20081012

Voir ce cul et mourir

Soit, je t'ai été un peu infidèle ce soir.

Il me demande : « 
Pourquoi est-ce que tu ne dis rien...

Il ne sait rien de la malédiction.
Il ne sait pas que chaque mot prononcé, que chaque geste d'amour est ensuite retraduit automatiquement dans la langue du jamais plus.
Qu'il est un souvenir avant d'avoir été un événement par le simple effet de lalangue

Voir ce cul sous d'autres angles

Et cette odeur sur mes doigts aussi merveilleuse que douce

NR : Ce cul est l'expression la moins correcte, la moins bien élevée et la moins vivante. Mais par son inadéquation même elle constitue le meilleur témoignage de ce soir. De cette perfection on ne saura rien dire de plus

20081009

Longtemps, le temps

Qui n'a remarqué cette figure qui saisi la Recherche par sa périphérie, ainsi qu'un monument figé et pourtant circulaire, susceptible de tourner autour du lecteur, comme le « cercle de ses heures » ou comme les tables du restaurant du Grand Hôtel les soirs d'ivresses.
 Un personnage d'une histoire d'enfant à laquelle je pense souvent : un « tueur » de temps » qui achève les heures d'ennui à coups de revolver avant de prendre la fuite, poursuivi par ses propres clients qui regrettent leurs années perdues.
Longtemps que nous nous sommes quittés, plus longtemps encore avant de nous revoir peut-être
Il semble que nous n'ayons plus d'histoire ni aucune possibilité de l'écrire mais je conserve toutefois dans le crâne l'image de toi, de notre unique journée d'amoureux comme une relique vivante et aussi peu sainte que possible, aussi impardonnable que le ruban de Rousseau.

20081002

Dire quelque chose ("fonctionnels uniformes")

 

 

Hier débat sur les élections canadiennes en présence des responsables des grands partis.

De l’animateur des débats :

« Il n’y aura pas de discours d’ouverture, ou de fermeture, les grands partis en ont été avisés hier »

« Vous avez chacun quarante cinq secondes pour répondre à la question du téléspectateur »

« Pour ne pas que le débat se transforme en une attaque de quatre contre un je vais vous poser une question sur un sujet qui engage tout le monde »

Item…

Des participants :

« Vous avez augmenté les taxes ! »

« Nous avons baissé les taxes ! »

« Vous avez refusé la taxe carbone ! »

Item…

N’y a-t-il plus personne pour prendre la Parole ?

 

 

 

"(...)" regard, inconsciemment supplicateur, qui tâchait de la forcer à faire attention à moi, à me connaître !" (Marcel Proust)

Écrire autre chose que Proust, bordel ! 
 

20080930

Shrinking shrimp (haïku irrégulier)

Une nuit en plongée, j'approche ma lampe d'un corail.
Une crevette s'approche, attirée par la lumière, effleure un polype.
Aussitôt elle fond,
se dissout,
n'est plus qu'une tâche rose orangée, disparaît. Si vite.
Au dessus, les rayons de la Lune percent la surface de l'eau.
Quelques paires d'yeux brillent.
Ainsi va la vie sur Terre, si loin des astres solitaires, si proche de l'appétit corrosif du monde.

20080929

"Il n'y a pas de hasards, il n'y a que des rendez-vous" - Paul Eluard

Comme le début de cette phrase me ramène à des temps passés et permet à ma mémoire de se raccrocher au train de ma vie présente.
Toujours la métaphore spatiale
Il me semble encore que pour ne pas désespérer de te revoir jamais et m'affliger de manquer tant de jours qui feront ton histoire il suffit de penser à ta venue d'autrefois comme celle d'une comète, événement décelable et reconnaissable par tous - le météore revenant périodiquement en portant sur lui tous les éléments de sa transformation
"La comète enfin leur échappe, mais elle n'échappe pas à l'archange..." (Chateaubriand, Le Génie du Christianisme)

Et de plus en plus, la métaphore météorologique : nous avons passé tellement d'heures à observer les cyclones, les facteurs innombrables qui dictent leurs déplacements qu'il devient pour nous évident que les baptiser ainsi que des êtres vivants n'a rien d'hérétique, et qu'en les regardant non pas comme des humains peut-être sinon comme des êtres semblables à nous par leur naissance, les péripéties de l'existence et leur mort on éclaire l'interprétation de nos propres actes avec une lumière nouvelle et rassurante.

Alors, de ces aspects de notre rencontre émerge une évidence : le réel ("Le réel c'est quand on se cogne") et il ne faut plus boire pour oublier.

20080716

Retour à la terre

 

 

“J’avais dans la gorge le goût salé des larmes qui ne coulent pas. » George Moréas in Le flic qui n’avait pas lu Proust

20080229

Uncanny

I don't know why I feel so bad these days. Life appears as an unheimlich dream. Often these days I'm thinking about my own death, not that I would commit suicide, but on the contrary, as BB quoted by Quignard said about death as the final point of everything, the ultimate balance, "que philosopher, c'est apprendre à Mourir".
Where are you Montaigne ?

 
 

20080227

If you're going to San Fransisco

Le bruit de ventilation de l'avion, pour le voyageur forcé, en fuite, et qui couvre même le rugissement des moteurs, est le son le plus reposant; le plus rassurant qui soit. Souvent, la nuit, je m'endors en prétendant que mon climatiseur m'emporte dans son ronronnement, au dessus de, loin de...
L'interzone, encore, mais cette fois à jeun, la drogue c'est l'ennui, dans son horreur et son côté incompréhensible. Comment peut-on s'ennuyer ? Et rêver de fuir un endroit où l'on a voulu se rendre?
C'est que j'ai rêvé de ce lieu comme le plateau de tournage de La nuit Américaine, sans la certitude du metteur en scène
L'interzone : comme ce livre, et ce film me plaisent, comme j'imagine le son de cette Clark-Nova.
Un monde de sons, étranger à celui du silence dans lequel je ne me suis pas encore réfugié.
 L'écriture est inefficace, comme toujours, dès qu'il s'agit de dire des choses banales.
"Parler avec les mots des autres...",

 

20080226

Godard, Julien, les enfants (re-tour à la terre)

« Nous sommes des gens parfois gais, quand on est triste il fait mauvais, ce sont les choses du temps qui ont fait nos tempérements... »

"Nous sommes des oiseaux géants, nous ne voyageons pas souvent"

Il y a des paroles immortelles...

20080225

Miettes...(Madeleine en)

 

 

souvent, dans ce bout du monde, comme une spore s’entrouvre en atteignant un endroit  dans lequel la survie est de nouveau possible, où les conditions sont meilleures, une ligne, une image ou bien un son, auxquels tu t’étais attaché  et qui portent un fragment toi, libèrent soudain comme la réalité de ta présence passée. Thème littéraire si riche, joie si intense de te retrouver par surprise au milieu d’un autre univers. Par exemple : Joe Dassin (oui, encore), Le festin nu de Cronemberg, un fragment de Quignard, qui t’avaient, ou que tu avais désigné. Peut-être, ce phénomène se reproduit-il pour toi. Pourvu seulement qu’il ne précipite aucune ombre dans tes yeux. (« ma fille, ma fille je tremble »)

 

 

20080221

Humour en larmes

 

Cette existence est une guerre, pourquoi, quelles raisons ?

Une force à chercher, un humour à trouver dans cette satire.

Si je n’écris pas assez, c’est que je cherche encore le langage, et que je rassemble ici quelques trésors qui sans cesse me retournent ton regard

 

columbus-isle.blogspot.com